Les secrets d’écrivain de Joël Dicker

C’est son roman La vérité sur l’affaire Harry Québert qui l’a fait connaître en 2012. Depuis, l’écrivain suisse Joël Dicker a enchaîné les succès en librairie. Il se confie sur sa façon d’écrire :

Comment est né votre quatrième roman La Disparition de Stephanie Mailer ?
C’est un processus que je ne peux pas expliquer. C’est à force de jouer avec des idées et de me poser des questions que cette histoire est née.
Je commence sans aucun plan et une liste restreinte de personnages. Je n’aime pas l’idée de rédiger des notes avec la couleur des yeux, des cheveux, le poids ou l’origine sociale des héros, car je souhaite laisser au lecteur la liberté de se les réapproprier, de les façonner au fil de son imagination.

Vous allez totalement à l’encontre de ces romanciers nordiques ou anglo-saxons qui font des schémas et des fiches très précises sur les lieux, les personnages, le déroulé de l’histoire, et ce avant de se lancer dans l’écriture…
C’est vrai. Certains mettent un an et demi à faire un plan, et une fois que tout est verrouillé, ils y vont… Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. Il faut simplement se connaître pour réaliser comment on fonctionne et ensuite faire confiance à ce fonctionnement. Toute la difficulté est là. Moi, je mets un an et demi à comprendre ce que je suis en train de faire. J’écris sans note, sans plan, sans fiche parce que j’ai l’impression que cela me bride et je veux pouvoir tout changer jusqu’à la dernière minute. Du coup, le personnage doit exister en moi de façon forte et claire pour avoir sa place dans l’histoire. Si ce n’est pas le cas, il gicle très vite. Peu à peu, je vais me rendre compte de quoi parle le livre et je vais lui donner une direction. C’est comme une boule de neige qui grossit au fur et à mesure qu’elle avance en ramassant des petits bouts de bois et des cailloux qui sont sur son trajet.

Pourquoi écrivez-vous ?
Parce que cela m’est indispensable. Parce que cela enrichit ma vie et me procure des sensations tellement fortes qu’il m’est impossible d’arrêter.
Pendant deux ans et demi, je me suis levé tous les jours à quatre heures du matin en bondissant hors de mon lit parce que j’avais le sentiment du lecteur qui se dit, alors que va-t-il se passer aujourd’hui? Cette curiosité est plus forte que la fatigue ou quoi que ce soit d’autre. Retrouver mes personnages, mon livre et savoir qui a tué cette pauvre fille et massacré tous ces gens me ravit. Et cette joie de les retrouver quotidiennement est toujours à la hauteur de la tristesse de les perdre quand le livre s’achève. C’est un petit deuil, car j’ai passé plus de temps, dans cette petite ville des Hamptons, avec mes personnages qu’avec n’importe qui d’autre, n’importe où ailleurs dans le monde.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien avec Joël Dicker dans le magazine Aimer Lire de la librairie Payot

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