A quoi sert vraiment une préface ?

Demander à un autre écrivain d’écrire une introduction à son dernier roman se fait toujours. Mais le but du préfacier n’est pas toujours le même.

1 : Exprimer son admiration

Aujourd’hui, même si l’heure de gloire de la préface est passée – c’était au XIXe siècle et jusqu’à la moitié du XXe, certains en écrivent toujours beaucoup, et avec plaisir. Dernier exemple marquant en date : l’écrivain anglais Nick Hornby. En 1968, celui-ci avait écrit une préface pour le roman Le dernier stade de la soif, de Frederick Exley. Récemment, Monsieur Toussaint Louverture, un petit éditeur français qui publie le livre pour la première fois dans l’Hexagone, lui a demandé s’il pouvait reprendre le texte dans la version française. Le romancier a accepté sans hésiter, et l’a même réactualisée et enrichie, le tout contre une indemnité modique !

2 : Donner un coup de pouce à un ami ou une cause

Gisèle Halimi dans un bande dessinée abordant la question de l’avortement, Anna Gavalda pour plusieurs ouvrages, dont un où l’on parle orthographe : pour certains écrivains célèbres, une préface est l’occasion de défendre des thèmes qui leur sont chers.

D’autres, plus prosaïquement, cherchent à faire profiter les amis de leur notoriété. Certains rédigent leur texte avec sérieux et même plus : Victor Hugo, comme le rappelle L’Express, avait par exemple écrit 500 pages d’introduction à la traduction des œuvres de Shakespeare réalisée par son fils ! A l’inverse, ils existent quelques auteurs qui se montrent peu prolixes pour leurs amis, à l’image d’Emmanuel Todd : une toute petite « paginette » de préface pour le livre d’Arnaud Montebourg, Votez pour la démondialisation !

3 : Parler… de soi

A quoi sert de préfacer un livre si l’on ne peut pas… parler de soi ? Consciemment ou pas, certains écrivains tressent apparemment plus de lauriers à eux-mêmes qu’à l’ouvrage et à l’auteur dont ils sont censés parler. Si cela est fait avec esprit, comme Michel Houellebecq pour Tomi Ungerer, cela peut encore passer. Mais quand l’exercice vire carrément au nombrilisme, on se demande si cela vaut vraiment la peine.

4 : Se faire un peu d’argent

Il n’y a pas de petit profit : pour certains écrivains, leur signature est une marchandise qui se monnaye. Les montants sont rarement dévoilés, mais certaines rétributions peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros.

(d’après L’Express)

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7 Replies to “A quoi sert vraiment une préface ?”

  1. Voilà de nombreuses raisons d’écrire une préface. Je me demande pourtant si le lecteur prend systématiquement le temps de s’y pencher…

  2. Une bonne préface doit compléter la quatrième de couverture. La touche personnelle et l’appréciation du préfacier sur le livre que l’on tient en mains, doit être le facteur déclenchant de l’achat.
    N’y voyez pas là qu’un simple geste commercial… le lecteur appréciera.

  3. Annick Demouzon dit :

    Personnellement ,je lis toujours les préfaces, mais les trop longues préfaces se révèlent souvent dissuasives pour une majorité de lecteurs et on peut les comprendre.
    Abdelkader Djemaï, qui était au jury, s’est proposé pour rédiger la préface de mon recueil “A l’ombre des grands bois”, éd. le Rocher (Prix Prométhée de la nouvelle 2011) et cette préface courte est un petit bijou. Abdelkader y transmet très bien l’essence de mon livre,ce qui fait sa caractéristique, bien mieux que je ne saurais le faire moi-même. En la découvrant, j’ai eu le sentiment d’être comprise en tant qu’auteur. Et, qui plus est, cette préface donne terriblement envie au lecteur potentiel de découvrir mon livre!

  4. Noisette dit :

    Bonjour

    qui poudrait m’aider à écrire la préface de mon livre svp sur le pranormal

    cordialement

    Odile

  5. rodriguez dit :

    Bonjour Odile j’écrit également un livre (mon premier) sur le paranormal, pour ma part je peut te donner un conseille écrit ce qui te viens à l’ esprit et laisse quelqu’ un d’autre le lire et le critiquer.

  6. Afaq dit :

    je m’intéressais particulièrement à un auteur particulier qui préfacie, pratiquement tout livre susceptible de se vendre.
    Au début, je croyais que ce faisait gratuitement…Certains de ces auteurs-vautours qui préfacient toutes nouvelles publications, flairent les bonnes affaires (ou de la chair morte).
    Questions
    pourquoi et par qui se préfacier son livre?
    Comment entrer en contact avec?
    C’est quoi le prix à payer?

  7. ld dit :

    Est-ce qu’Envie d’écrire peut me donner un conseil professionnel?
    Mettons que j’ai traduit un livre scientifique, qui fait référence dans son milieu, j’ai les droits et j’auto-édite, comment pourrai-je trouver un préfacier dans le domaine scientifique (biologie, ou biologie spécialisée dans un secteur), à qui m’adresser? Je dois démarcher les universités? Je ne sais pas comment on fait ce genre de demande en général.

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