Une auteure se sépare de son éditeur pour cause de sexisme

Polly Courtney quitte son éditeur, HarperCollins. Elle l’accuse d’avoir affublé ses romans de couvertures « condescendantes ». Ego mal placé ou sexisme aggravé ?

Elle avait déjà quitté son précédent emploi pour cette raison, et là voilà qui récidive aujourd’hui. Polly Courtney, une écrivaine britannique, ex-cadre dans une grande banque du royaume, vient de claquer la porte de son éditeur, HarperCollins, pour sexisme. La jeune femme, qui a décidé d’autoéditer ses prochains ouvrages, reproche à la maison d’édition les couvertures choisies pour ses trois romans, en particulier celle du dernier, Un monde d’hommes (mais on a besoin d’une femme pour le diriger). Celle-ci montre les jambes dénudées d’une jeune femme.

« Je trouve cette couverture condescendante et doucereuse, comme les deux précédentes, mes textes ont été enfermés dans des cases qui ne leur correspondent pas, s’est emporté Polly Courtney. Bien sûr, je n’écris pas de la grande littérature, mais je n’admets pas que l’on considère mes livres comme de la chick-lit (ndlr : des romans féminins). » La jeune femme reproche aussi à HarperCollins son choix de publier ses manuscrits dans la collection Avon, réservée aux romans à l’eau de rose.

Trois ans de « frustration »

Alors, vexée Polly Courtney ? Elle s’en défend. « Je n’ai rien contre la chick-lit, assure-t-elle. Mais je ne pense pas que mon roman appartienne à ce genre de littérature. La chick-lit implique une jeune femme, qui à la recherche de l’homme de sa vie. Mes livres, eux, s’intéressent aux problèmes sociaux. Par exemple, Un monde d’hommes raconte la difficulté pour une femme de travailler dans un univers exclusivement masculin (ndlr : Alexa Harris, l’héroïne, est rédactrice en chef d’un magazine pour hommes). Il traite aussi de l’impact des médias sur la société, et pose la question du féminisme d’aujourd’hui. »

Révélant la « frustration » qu’elle a éprouvé pendant les trois années de sa collaboration avec HarperCollins, l’auteure a également confié son agacement envers le monde de l’édition en général. Selon elle, il est coupable de ne pas assez prêter attention aux auteurs et aux lecteurs. « Ces derniers n’ont pas envie qu’on leur disent quoi lire, ou que ce qu’ils préfèrent, ce sont les histoires d’amour », affirme Polly Courtney… avant, elle-même, de livrer son opinion sur les goûts des lecteurs : « Je crois sincèrement qu’ils sont en demande de livres plus profonds, où il y a plus de matière. »

« Les lecteurs vont se l’arracher »

Face aux critiques de l’écrivaine, la seule réponse d’HarperCollins est venu sous la forme d’un communiqué de presse, où l’éditeur a exploité toute sa maîtrise de la langue de bois : « Nous somme tous derrière Polly pour soutenir la sortie de son dernier livre. Notre expérience nous fait dire qu’il possède une apparence et un toucher remarquables. Nous sommes certains que Polly sera ravie de voir à quel point les lecteurs vont se l’arracher. »

(d’après The Daily Mail)

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