Un échec cuisant pour le portail des libraires indépendants

Après un lancement repoussé de 6 six mois et des ventes dérisoires, 1001libraires.com, le portail des librairies indépendantes ferme après seulement un an d’activité. 

Mis en place en avril 2011, le portail 1001libraires.com avait pour but d’aider les librairies indépendantes à vendre leurs livres sur internet. Mais, à peine un an après son lancement, le portail, qui accumule les dettes, est forcé de cesser son activité.

Des difficultés et des dettes qui s’accumulent

Le portail a connu bien des déboires et ce, avant même son lancement. En effet le projet, sans cesse reporté, a finalement vu le jour le 4 avril 2011 avec 6 mois de retard sur les prévisions. Une perte considérable dans le budget. Les difficultés s’accumulent, le portail ne rencontre pas le succès espéré et ne réalise, à ses débuts, qu’une dizaine de ventes par jour. Les ventes ne décollent pas et stagnent à une cinquantaine de livres vendus quotidiennement. Les 2,5 millions d’euros investis dans le projet en 2011, dont 500 000 par le CNL (Centre National du Livre) et 700 000 par les librairies adhérentes, sont vite consommés. Les revenus sont trop faibles par rapport aux dépenses et la dette s’élevait, début 2012 à 250 000 euros. Le portail, ainsi endetté, n’est pas à même de répondre aux demandes des librairies indépendantes souhaitant rejoindre le projet. Alors que l’objectif était d’accueillir 500 nouvelles librairies d’ici à 2014, le portail ne compte toujours que les 300 libraires qui ont participé au lancement.

Vers une solution à l’amiable ?

Devant de telles difficultés, le portail a arrêté en début d’année la vente de livres papier pour se concentrer sur les eBooks. Et conscients de cette impasse, Le CNL et l’Adelc (l’Association pour le développement de la librairie de création) ont décidé d’arrêter de financer le projet. L’actuel président de 1001libraires.com, Matthieu de Montchalin, mise sur une solution à l’amiable plutôt qu’un dépôt de bilan. Encore faut-il que ce scénario soit validé par les librairies actionnaires. Matthieu de Montchalin, également président du Syndicat de la Librairie Française (SLF), dit vouloir « remettre les compteurs à zéro et solder le passé [ pour ] repartir sur un nouveau projet ». La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, annonce son soutien aux librairies indépendantes et à la plateforme. Elle veut « réunir rapidement les différents acteurs de la filière pour soutenir les libraires et relancer la réflexion sur un portail numérique commun librairies/maisons d’édition« .

Un positionnement mal pensé

L’augmentation de la TVA (qui date pourtant seulement d’avril…) et la concurrence de géants de vente en ligne seraient, selon elle, à l’origine de l’échec de cette plateforme numérique. Mais est-ce qu’il ne serait pas plutôt dû au positionnement même du site ? En effet, sa différenciation concurrentielle reposait essentiellement sur la possibilité d’acheter en ligne un ouvrage à retirer en librairie. Mais les lecteurs qui achètent leurs livres sur internet le font surtout parce qu’ils ne veulent pas se déplacer. Miser sur ce mode de consommation, c’est aussi partir du principe que tout le monde habite dans une grande ville à deux pas d’une librairie. Il semble donc qu’une auto-critique de la part des dirigeants de 1001libraires.com soit nécessaire  pour analyser les raisons de cet échec cuisant.

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.