Un « bon livre » est-il un livre adapté au cinéma ?

Les adaptations cinématographiques ont un effet multiplicateur indéniable sur les ventes de livre. Désormais les éditeurs partent à la chasse aux producteurs.

Il est de plus en plus rare d’aller voir un film au cinéma qui ne soit pas une adaptation d’un livre. Les romans jeunesse ont d’abord envahi les grands écrans. Maintenant, c’est au tour d’Intouchables, La Délicatesse, Cosmopolis, Sur la route, De rouille et d’os … Si les producteurs s’intéressent tant à ces adaptations, c’est qu’elles représentent l’assurance de succès. Plus les livres ont été vendus, plus le film fera d’entrées, comme l’a démontré le succès des Aventures de Tintin qui a fait 5, 3 millions d’entrées en France et le Millénium de David Fincher qui a conquis plus d’un million de spectateurs.

Des recettes multipliées

Mais les adaptations sont aussi très avantageuses pour les éditeurs, c’est le cas de l’histoire d’Intouchables dont le livre Le second souffle s’était vendu à 10 000 exemplaires lors de sa publication en 2001. Cinq mois après la sortie du film en novembre 2011, le livre s’était déjà vendu à plus de 220 000 exemplaires. Un graphique, publié par le quotidien Les Echos (voir ci-dessous), montre que les livres, réédités à l’occasion de la sortie du film, voient leurs ventes se multiplier. Ainsi, le nombre de livres vendus suite à la sortie de La Délicatesse, adapté au cinéma avec Audrey Tautou et François Damiens, a été multiplié par près de 30%. Aujourd’hui, les éditeurs s’organisent donc pour séduire les producteurs. Environ 250 films sont produits chaque année en France et une cinquantaine seraient des adaptations, selon la SCELF (Société civile des éditeurs de langue française), qui centralise les droits audiovisuels des éditeurs français. C’est pourquoi les éditeurs font tout pour promouvoir le livre au moment de la sortie du film : reprise de l’affiche sur la couverture, promotion auprès des librairies… Les éditeurs misent en effet plus sur les recettes des livres vendus après la sortie du film que sur les gains que rapportent les droits audiovisuels. Ces derniers s’élèvent en général à 20 millions d’euros par an. Tandis que le chiffre d’affaires annuel du secteur de l’édition est de 2,8 milliards d’euros.

Séduire les producteurs

Désormais, pour séduire les producteurs, les éditeurs ne se contentent plus d’attendre que les producteurs s’intéressent aux oeuvres, ils prennent les devants. Les grandes maisons d’édition tel que Le Seuil, Gallimard, Flammarion possèdent des cellules dédiées ou tout au moins des spécialistes de l’audiovisuel. Patricia Roussel, responsable des cessions de droits chez Calmann Lévy explique que « Depuis cinq ou six ans, nous éditons un catalogue à destination des producteurs, en sélectionnant les titres qui nous paraissent adaptés pour le cinéma ». Des rencontres du type « speed dating » entre éditeurs et producteurs sont même organisées par la SCELF tous les ans depuis 2009.

Source:
Les Echos.fr

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