Trop de livres piratés ? Une écrivaine à succès arrête sa carrière

Lucia Etxebarria, auteure espagnole à succès, entend ainsi protester contre le téléchargement illégal de ses livres, qui lui ferait perdre trop de revenus.

C’est une décision radicale, qui ne lui vaut pas que des amis d’ailleurs. Furieuse de constater qu’il y a plus de copies illégales de ses livres que de copies vendues, Lucia Etxebarria, une écrivaine très populaire en Espagne, a annoncé sur sa page Facebook mettre fin à sa carrière et chercher un autre emploi.

Dans son message, la romancière s’insurge contre l’inaction des pouvoirs politiques espagnols qui, selon elle, ne feraient rien pour endiguer le phénomène. « Nous nous situons derrière la Chine et la Russie en nombre total de téléchargements illégaux mais, rapporté au nombre d’habitants, nous les battons largement », a-t-elle lancé. Avant de poursuivre : « Des gens gagnent des millions avec ce business, en montant des sociétés écran dans les paradis fiscaux, et nos dirigeants, eux, ont trop peur de légiférer. »

Ses livres uniquement publiables en français et en allemand ?

Le gouvernement sortant, dirigé par le socialiste Jose Luis Rodriguez Zapatero, a en effet enterré un projet de loi visant à pénaliser le piratage. Mais Lucia Extebarria ne fait pas plus confiance au nouveau Premier ministre, le conservateur Mariano Rajoy. D’où sa décision brutale. Et une autre, originale, qu’elle envisage : ne plus autoriser la sortie de ses livres qu’en français et en allemand, deux pays où, dit-elle, « la législation protège mieux les droits des auteurs ».

Du côté des lecteurs, les réactions sont parfois très violentes. On reproche notamment à l’écrivaine le prix très élevé de ses livres – plus de 20 euros pour le dernier, sorti au mois d’octobre. On se demande aussi comment une femme qui a gagné certains prix littéraires parmi les plus prestigieux et les plus richement dotés en Espagne – dont le prix Planeta, d’un montant de 600 000 euros, et le prix Primavera, 200 000 euros – n’a pu mettre de l’argent de côté…

(d’après The Guardian)

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