Un bien précieux

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Quatre poteaux de bois tordus, plantés dans la terre rouge, une dentelle de palmes bruissant en bordure de toit. Ici, point de tableau noir. Ni pupitre, ni plumier, mais une jeune femme au visage cuivré au milieu des élèves, sous l’abri, assis dans la poussière. De ce moutonnement de couleurs, un doigt s’élève: « Je sais! »
– Dis nous Ornicar, ce que tu penses être le bien le plus précieux sur terre.
Le petit garçon a écouté les autres, avant de parler. « L’argent » a répondu Victoria. « La vache » a suggéré Valère-Richy, ce qui a fait pouffer la classe. « Le millet » a susurré timidement Milton, la main plaquée sur sa bouche. « L’eau! » a jailli de celle de Philipine.
La maîtresse lui a demandé de développer sa réponse et chacun a trouvé qu’elle avançait de bons arguments.  » Sans celle-ci, expliqua-t-elle, le millet ne pousserait pas, l’herbe non plus. Les vaches n’auraient rien à manger. Et sans les vaches on n’aurait pas d’argent. » La maîtresse a demandé s’il n’y avait donc rien de plus précieux que l’eau.
Ornicar s’est levé pour répondre:
– Je pense que la chose la plus précieuse, c’est d’avoir un papa et une maman.
Dans un silence soudain, tous les orphelins de ce faubourg de Kingstone ont secoué la tête dans un mouvement d’approbation. Quelques yeux se sont embués.
Un peu embarassée, la maîtresse cherchait une contenance face à la détresse:
– Tu as raison, Ornicar, dit-elle, mais un papa et une maman ne sont pas vraiment des biens. Cependant, je comprends ce que tu veux dire. Et vous, les enfants? Quelle est cette chose la plus précieuse qui se cache dans la réponse d’Ornicar?
Tous les élèves levèrent immédiatement le doigt, et, dans une unanimité confondante assurèrent:
– L’amour!

Christian Jean Dubois

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