Luccichio

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Vittorio Arcangelo, connu dans le milieu sous le nom de Luccichio – celui qui scintille -, n’avait jamais autant regretté qu’aujourd’hui son goût pour les vêtements tape-à-l’œil et aux couleurs vives.
Lui qui, d’habitude, prenait tous les soins pour flâner nonchalamment et se faire remarquer dans les coins chics et branchés de la ville, le voici qui souhaitait maintenant rentrer sous terre, être totalement invisible.
Il aurait sans hésitation troqué sa vie à paillettes contre celle d’un caméléon !
Mais voilà, c’était loin d’être le cas ! Il n’avait pas eu le choix : c’était fuir ou mourir.
De plus, ce n’est pas sa garde-robe qui lui aurait donné le change, si je puis dire.
Il était donc là, à courir dans les rues, sans plus trop bien savoir d’où il venait et où il allait.
Avec de superbes mocassins vernis rouge vif, un costume croisé deux boutons en tweed safran, une casquette gavroche en cuir du plus bel effet, sans oublier son imposante gourmette au poignet gauche et ses bagues finement travaillées.
Il avait juste, il en était certain, quelques malheureuses dizaines de secondes d’avance sur les deux hommes de main du Géorgien.
Et ces deux-là, il valait mieux ne pas leur donner la possibilité « d’entamer la conversation »… Luccichio était donc occupé à raser les murs à toute vitesse tout en essayant de trouver l’idée géniale qui lui permettrait de mettre de la distance entre les deux gorilles et lui.
Pas facile, vous savez, de presser le pas sans trop se faire remarquer, d’avoir les yeux partout pour repérer la trajectoire la plus sûre et, simultanément, de sortir du chapeau le plan fumeux qui vous fera sauver votre peau !
« Tout ce qui brille n’est pas or » ! Ah, si seulement il avait médité plus tôt ce très juste proverbe, il ne se serait pas retrouvé dans de si beaux draps en ce moment !
C’est que Luccichio, fidèle à sa réputation, attirait le regard. Il était toujours très bien entouré et il adorait cela.
Pas plus tard qu’hier soir, il avait irrésistiblement attiré à lui un très joli papillon… Il se détendait et s’amusait sur la piste de dance du « Starlight », l’incontournable boite du moment, quand se rapprocha celle qui allait lui faire déployer tout son pouvoir de séduction.
En fin de soirée, après une fameuse série de danses qui avaient fait s’exprimer leurs corps mais les avaient aussi rapprochés, après quelques délicieux cocktails – Tony, le barman, était décidément un as du shaker – Nina, c’était son petit nom, laissait amoureusement reposer sa tête sur l’épaule de Luccichio.
Ils étaient là, assis sur une confortable banquette, un peu à l’écart du bruit. Luccichio, fier de lui, arborait un léger sourire et savourait le moment.
Mais ce qu’il ignorait encore à cet instant, c’est que Nina était la petite amie du Géorgien. Même que celui-ci disait qu’elle était sa fiancée.
S’il l’avait su, c’est sur que Luccichio n’aurait jamais joué une seule seconde avec le feu. Régnant sur tout l’est et le sud de la ville, le Géorgien était froid, sans scrupule et aimait tailler de larges sourires avec son énorme couteau à tous ceux qui se mettaient en travers de son chemin…
Quelqu’un qui savait qui était Nina avait du la voir dans les bras de Luccichio et s’empresser d’aller informer le Géorgien.
Cela avait provoqué l’irruption de deux de ses sbires dans la chambre d’hôtel où Luccichio avait emmené sa conquête. S’apprêtant pour le petit déjeuner, il terminait d’ajuster sa casquette lorsque la porte avait cédé à la pression de leurs solides épaules et il n’avait eu que le temps de s’enfermer dans la salle de bains pour filer par la fenêtre en attrapant l’échelle de secours, heureusement toute proche.
Hâter le pas, ne pas se retourner, enchainer quelques changements de direction assez improbables, traverser un magasin et sortir par une autre issue, il mettait tout de son côté pour semer ses poursuivants.
Mais à ce moment, qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour avoir rencontré une autre fille que Nina, n’importe qui, mais pas elle…

Emmanuel Pêtre 

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2 thoughts on “Luccichio

  1. Raffiot Yannick

    Plonger des le début dans l’action on courre avec le héros on rase les murs et on espère que vittorio va sauvé sa peau et connaître la suite de son aventure mais mais…le récit est haletant rythmer rebondissant le suspense vous tient, il ne manque plus que quelques notes de jazz, l’odeur du tabac dans un vieux zing enfumer et une pépé qui vous trahis et puis tombe amoureuse et on ne sais pas pourquoi?
    Va-t-il changer de pays, de vie, d’identité, de…. Visage, comment va-t-il s’en sortir?
    Yannick

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