Les petites rides d’une princesse

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C’était un samedi en juin, il y a cinquante ans. Violette et Pierre s’étaient dits oui pour partager toute leur
vie, jurés qu’ils seraient présents l’un pour l’autre à chaque instant.
Toute la vie, cinquante ans, un demi-siècle, deux fois vingt-cinq ans, cinquante printemps, cinquante
vacances d’été, cinquante fêtes de Noël les unissaient.
Ce matin, assise devant le miroir Violette ne voyait plus cette jeune fille d’antan mais une femme différente
animée par les souvenirs, les bonheurs mais aussi les épreuves et pour témoin quelques rides frontales.
Violette n’avait pas pris une ridule dans sa façon de penser, dans ses envies et son appétit de vivre. Le
corps ne suit pas toujours l’esprit pensa-t-elle.
Et Pierre ? Elle voulait encore tant vivre d’aventures avec lui. Elle n’avait pas tout découvert de cet homme
extraordinaire, de son mari.
Violette finit de se maquiller et ajusta sa jolie robe rose thé en mousseline. Elle rejoignit Pierre dans leur
voiture toujours impeccablement propre.
Leurs enfants avaient voulu fêter cet évènement. Le couple se dirigea donc vers la salle des fêtes du petit
village breton. L’émotion était palpable pendant le trajet. Impeccable dans son costume noir, Pierre était
d’une élégance rare. Pas besoin de paroles entre eux, l’osmose était totale .Sur le parking, la famille les
attendait comme l’arrivée des jeunes mariés qui fait frissonner les invités.
Violette n’avait jamais regardé dans le rétroviseur de la vie. Et aujourd’hui elle s’y plongeait sans retenues.
Tous les souvenirs réapparaissaient en vrac : les naissances des enfants, les voyages, les drames …
-« Violette ? Tout va bien ? » questionna Pierre.
Interrompue dans sa rétrospection, elle était attendue pour renouveler l’échange des consentements. Les
deux septuagénaires jouèrent le jeu de répondre aux traditionnels questions posées pour valider un
mariage.
Les années étaient passées si vite. Au cours de cette journée, Violette avait pris conscience du temps qui
passe inexorablement. Elle avait même eu peur du chiffre cinquante.
Elle avait l’impression de se réveiller telle la princesse endormie que son prince charmant vient réveiller
au bout de cinquante ans. Il reste encore tellement de moments à partager.
Violette et Pierre attendent encore beaucoup l’un de l’autre. En fait
la vie continue et carpe diem est
bien leur philosophie de vie.
Quant à leur famille ils étaient contents de décerner le trophée de la longévité de leur couple : un trophée
en or pour des noces d’amour.
Suzie Watt

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