« Juste une fois… »

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C’était un lundi matin et les élèves maussades reprenaient le chemin des écoliers. Chacun, repensait à son samedi chez les cousins, à son dimanche chez les grands-parents et le bon gâteau de grand-mère qui fait oublier que le lendemain, c’est le retour aux problèmes de mathématique et aux dictées.
Quand soudain, il y eut la rumeur complètement folle qu’une maison en un week-end était au milieu de la cour d’école ! On s’empressait. Quelle histoire ! Était-ce bien possible ?
Maman me fit hâter le pas, d’habitude, c’était toujours des « houspillements » parce que je trainais et qu’on allait être en retard à l’école. Elle disait toujours « on » comme si, elle aussi, devait faire classe avec Mademoiselle Martin. Nous avons remonté la rue en un instant. Et nous voilà devant mon école : elle est complètement ouverte.
Et en plein milieu de cette maison, il y a un arbre qui la traverse. Un arbre majestueux.
Il y a plein de lumière, beaucoup de monde, des personnes que nous ne connaissons pas, les maîtres d’écoles sont là : je reconnais Mademoiselle Martin qui semble concentré, moi je l’aime bien ma maîtresse.
Je tourne la tête et je reconnais mon meilleur ami Axel, il est avec son papa, quand il me voit il crie « On dirait une fête ! »
Mais il y a aussi des officiels : Monsieur le maire qui est accompagné de deux de ses adjoints. Mais que se passe-t-il donc ?
Les parents sont appelés par les maîtres et Monsieur le maire. Nous les enfants, devons rester dans la cour de récréation, interdiction de rentrer dans la maison.
Elle a une drôle d’allure, elle est toute en bois, deux grandes fenêtres pas droites et il n’y a pas de porte. On dirait un visage étonné « elle fait un clin d’œil ! » dit une petite fille.
Par une des fenêtres, on voit un tableau noir sur lequel est écrit quelque chose à la craie.
Moi je décide de rentrer et comme les adultes ne font pas attention à nous, nous rentrons tous. Les bancs sont faits des branches les plus basses. On s’assied, on décide de grimper.
Sur le tableau noir est simplement écrit « Juste une fois… »
« Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire » me glisse Axel.
Je suis tout aussi étonné que lui. Tout à coup, il y eut un énorme coup de vent. Il y eût une pluie de feuilles à terre, sur le sol et dans la cour.
Je ramassais une feuille, puis deux, puis trois, et je vis quelque chose d’incroyable.
Les feuilles racontaient mon histoire. Enfin, tous mes dessins depuis la maternelle, tous ces dessins que maman n’avait pu garder.
J’allais en parler à mes camarades d’école, quand j’entendis une exclamation dehors.
Je sortis précipitamment pour les montrer à maman et je la vis avec des feuillets dans les mains et très émue. Elle lisait des lettres que papa avait écrites et qu’il ne lui avait jamais donné…Les cheveux au vent, des feuillets pleins les bras et ce regard plus doux encore qu’à l’accoutumée. Ce jour-là, il n’y eut pas classe, car les grandes personnes devaient trouver une solution pour cette maison et cet arbre…
Nous sommes rentrés et c’est comme si le printemps entrait de nouveau dans notre maison…Je m’en souviens comme si c’était hier…
Si je suis revenu aujourd’hui, c’est parce que ça fait pile vingt ans que cette maison est apparue et a disparue dans la même nuit.
Maman est partie depuis longtemps, mais elle m’a fait promettre de retourner près de la maison et de déposer ses lettres.
Je remonte le petit chemin menant à l’ancienne école.Est-ce que la magie sera de nouveau là ?
Peu importe que l’on me croit, peu importe que l’on me juge fou ! « Juste une fois ! »
J’arrive au bout du chemin, je tourne sur ma droite, la barrière est toujours debout, elle me semblait immense dans mes souvenirs.Je ne veux pas savoir tout de suite. Je ferme les yeux.
(Je sers la pile de feuillets contre moi et caresse les pages comme un talisman)
Je vais ouvrir les yeux, est-ce que la maison est là ?
Un, je retiens mon souffle,
Deux, je vais ouvrir les yeux,
Trois, j’ouvre les yeux.
« Oh ! »

NAE

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9 thoughts on “« Juste une fois… »

    • Naé

      Le texte ayant été écrit uniquement pour ce concours, je n’ai pas pensé à une suite.
      Chacun pourra imaginer la propre suite de cette histoire. Le pourquoi de cette maison, la signification de cet arbre.
      C’est aussi ce qu’il y a de beau avec l’imagination.
      Quoiqu’il en soit : merci de ce message.

      Reply
  1. MIKAEL

    C’est très émouvant et en même temps très intrigant car on laisse plein de questions à son imagination mais la plus grande question que je me pose c’est de savoir ce que l’auteur, elle, a imaginé 😉
    Très agréable à lire.

    Reply
    • NAé

      Merci pour ce message qui tombe pile le jour de mon anniversaire!
      Cela me touche d’autant plus!
      Pour répondre à la question que se posent certains lecteurs de ce texte, j’ai décidé d’écrire une nouvelle qui va s’articuler autour du dit texte et qui sera plus étoffé (4000 caractères, j’ai dû faire des coupes franches…)
      Donc oui : « Juste une fois… » aura un avant et un après.
      Merci à tous ceux qui me suivent et qui croient en moi.
      Spécialement Kayzer, M et R.
      Merci à tous.
      Naé

      Reply
    • Naé

      Merci pour ce commentaire. J’ai bien aimé ta citation de Paul Claudel que je me permets de reprendre ici :  » L’écriture a ceci de mystérieux qu’elle parle. »
      Tout est dit.
      Naé

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  2. Maison d'édition

    Un texte bien écrit , avec une belle imagination.
    Bravo.
    Excellente idée de donner plus de matière.

    Ayant lu l’intégralité des textes. Si nous devions faire une sélection vous seriez dans le Trio de tête que nous choisissons.
    Belle plume.
    Félicitations.

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  3. Naé

    Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont likés. À chacun, chacune d’entre vous : je dis un grand merci du fond du cœur.
    Maintenant : je souhaite remercier tout particulièrement une personne qui a toujours crû en moi (j’écris depuis l’âge de 14 ans), cette personne, disais-je, m’a encouragé à présenter mes écrits, m’a toujours dit que j’avais ce talent d’écriture (moi qui n’osait à peine y croire).
    Je voudrais aujourd’hui que tu saches Pascale combien je te suis reconnaissante de ce soutien indéfectible. Une nouvelle fois et pour toujours je te remercie Pascale DGA.
    Merci.
    Et que ce texte continue de vivre ainsi que tous les autres qui sont déjà là, dans ce prochain recueil.
    Merci à toi.

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