Coupez votre souffle !

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Mesdames et messieurs,
vous la connaissez sûrement cette histoire ! Celle de la maison au milieu d’une école. Quelle vue sur le savoir ! Open space et open bar: c’était un soir de fête pour l’éducation nationale.
Car si l’école apprend en principe à vivre, ce soir là, notre ami allait faire un carton. Très emballé à l’idée d’enseigner, il s’installait sur un coup de tête au milieu d’une cour de récréation.
Et en pleine nuit, il décidait d’y construire sa maison, sans pirouettes et sans cacahuètes.
Sorti de nulle part, il ne venait pas d’ailleurs mais de n’importe où. Ce n’est pas du tout la même chose, mais c’est important ?
Pour faire sa décoration, des bougies, un briquet, de vieux plaids, et deux pancartes. Devant la porte, son message de bienvenue était clair. Ce sont des mots sans couleurs qui le réchauffaient. Ces mots disaient « j’ai faim », et « Aidez-moi ».
Comme d’habitude, il commençait son discours avec quelques anecdotes, il parlait seul puis il riait. A l’abri, de tout et de tous, il pleurait.
Ce n’est pas qu’il se juge, mais il n’arrive pas à oublier qu’il a faim et froid. Parfois, c’est blessant. Vous comprenez ?
C’est donc chez lui, un vingt cinq décembre, qu’il avait décidé de nous dire au revoir.
Je vous rassure, la cérémonie s’était bien passée. Solennellement, le vent s’était avancé lentement vers lui. Il suivait le rythme. D’un souffle sec et lourd, il traversait les murs de sa maison. Et comme par magie, il refroidissait le corps et réchauffait le coeur de l’ami. C’est ce que l’on appelle « la cérémonie de l’échange des souffles ». Très connue.
« – Toc toc toc ! – Qui est là ? – C’est le vent ? – Le vent qui fait quoi ? – Le vent qui colle son souffle contre le tien pour te le voler. » Notre ami souriait, et hoplà, il s’offrait au vent. C’est sensuel, n’est ce pas ?
Car une fois son souffle coupé, l’ami s’est éteint, comme une bougie, sans cri, sans abri, et sans douleurs.
Et si, un jour, vous êtes dans une école, que vous fermez les yeux, vous aurez peut être la chance de ressentir le souffle du vent qui nous retransmet tous les jours, en haute définition, le discours d’adieu de notre ami. Oui, c’est du streaming.
Allez, fermez les yeux, la leçon va commencer.
Aujourd’hui, notre ami nous apprend la dignité humaine.
Joyeux noël 2014 !

Anissa

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