Une sotte pour toujours

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Supporter l’autre, on en parle beaucoup dans cette période de crise d’acceptation : Voltaire et son traité?
C’est le début de l’année, elle commence avec un drame, celui de l’incompréhension de tout ce qui nous est étranger, et même si je préfère penser qu’il est celui de la sottise, n’est-ce pas la même chose?
Arrêter de fumer est plus simple à gérer, j’en ai fait l’expérience. Donc, puisque c’est déjà fait, je dois me résoudre à trouver autre chose en ce début d’année : une mission impossible comme l’acceptation de la sottise des choses et des êtres. Pour cela j’ai beaucoup à apprendre. La vie est un long chemin, j’espère que le mien n’est pas encore fini. Accepter, pardonner, apprendre à confronter, apprendre à se confronter, cela est difficile, irascible à souhait, hors de toute logique, mais de qu’elle logique? Je m’entends dire souvent : «C’est logique bon Dieu!» et j’oppose bien sûr ma logique que je pense certaine à l’illogisme de l’autre. Que Dieu veuille bien me supporter. Confrontation des hommes, confrontation de choses qui dérangent et qui me dérangent, que j’aimerai changer.
Je ne suis qu’une femme au milieu des hommes avec leurs différences, avec mes différences. Comment résoudre ce conflit, le mien pour commencer? L’ouvrage est immense, par où dois-je commencer quand commence l’année? Je ne sais rien changer des idées qui m’agacent comme des comportements, non plus ouvrir des yeux ou tendre des oreilles à tout pris. Contre la nature de tout homme et contre la mienne propre qu’il y a t’il à faire? D’ailleurs, accepterais-je qu’on me dise mon fait comme l’attitude que je dois adopter en quelconque circonstance? Je désire l’acceptation mais elle est pour moi-même, pour l’autre c’est plus compliqué. Bien-sûr, me dirais-vous, l’école de la vie n’est pas la même pour tous, la famille d’abord, l’apprentissage ensuite. Tout de même je voudrais que chacun aille à mon école. Bien je ne suis pas sur le bon chemin et pas prêt encore de résoudre mon désaccord, genre «pathologique». Je montre une voie qui n’est pas toujours celle que l’on attends de moi. Enfin, parfois je peux manquer d’écoute et d’attention. Parfois je peux user aussi d’une certaine force, croyant que l’amour que je pense naturel et que je veux universel peut tout faire excuser. Là commence une force à opposer aux autres, qui s’oppose elle-même à une acceptation.
Du temps de Jésus, les Juifs du Temple avaient des traditions qui lui appartenaient en tant que Juif lui-même. Devait-il les porter sur la place publique? L’argent était un moteur important et même vital dans la vie de ce Temple où semblait s’opposer le pouvoir de Dieu et celui de César. Lequel devait gagner? L’un et l’autre ensemble pouvaient-ils avancer, l’un pouvait-il servir l’autre? Jésus s’y est opposé, avec violence même. Avait-il raison? Avait-il le droit de changer un commerce que soutenaient les croyants de l’époque?
Doit-on tout accepter, surtout ce qui ne vient pas de nous, de notre entendement : la bêtise, la cruauté qui dérive tout droit d’elle, tout ce qui nous dérange, tout ce qui nous oppose, doit-on s’y confronter? Ouvrir mes yeux avant de vouloir ouvrir ceux de l’autre, sans doute est-ce le début de la première chose à faire pour l’année à venir. Cela occupera sans doute trop de temps sans laisser de place à tout autre chose. Dois-je passer les 330 jours qui suivent à combattre ce que je ne peux changer, c’est-à-dire moi-même, une sotte pour beaucoup.
Brigitte Crespo

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