Ma non résolution.

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Cette année là sera différente des années précédentes, par ma simple et banale décision de ne pas faire de résolutions. Elle ne sera pas donc portée par le vent de l’espoir. Elle sera inéluctablement absorbée par le mal qui me ronge depuis bien longtemps. Engloutie par l’obscurité apparente de mon esprit avant même de défiler ses jours. Une résolution naît normalement de l’espérance, et s’en nourrit. En faisant le choix volontaire de porter l’habit du renoncement, je renonce donc à l’espérance, préférant l’attente, le doute, les deux pieds en équilibre fragile sur la corde bien instable de mon existence. Ce sacrifice est né de ma situation personnelle : prisonnière de choix faits à une époque où j’étais bien naïve et peu encline à exprimer mes ressentis et opinions, j’en paie aujourd’hui le prix et ne peux me défaire de ces décisions sans que les éclats projetés ne fassent trop de dégâts. Tout un entourage familial serait trop bouleversé par une initiative qui n’est pas encore entrée dans leur mœurs, mes enfants seraient menés tambour battant dans le chemin sinueux et incertain du divorce, un compagnon qui se mettrait à bondir aux abois et prêt à tout pour laver son honneur et obtenir férocement la garde de nos bambins; je n’ai pas les épaules assez larges pour supporter toutes ces flots d’émotions d’une main de fer sans y laisser ma force, mon énergie. Je suis faible. Plus que je ne l’ai jamais été jusqu’à présent. Je suis trop empathique pour solliciter mes amis dont certains sont dans une situation difficile, en proie aux doutes quant à l’avenir qui s’offre à eux, aux séparations conjugales difficiles, au chômage, à la précarité. La culpabilité m’envahis lorsque j’imagine mes deux petits loups dans la tourmente suite à une seule décision prise unilatéralement de ma part. La ténacité et l’abnégation me manquent quand je pense aux conversations houleuses qui m’attendent avec bien des membres de ma famille, dont la culture et la religion qui les a bercé porte un regard acéré et foncièrement négatif sur la séparation conjugale. Je préfère ainsi occulter la vérité qui s’offre à moi lorsque je minimise les dégâts sur mon psyché qu’amènent certains propos violents, niant, écrasant et dissolvant ma propre personne lors des fréquents accès de colère de l’homme qui partage encore ma vie. Tout ces points d’interrogations, ce manque de souffle et de force vive de ma part dictent ce relâchement. Je renonce pour cette année. N’attend rien. Observe le temps défiler, une main sur l’épaule de chacun de mes enfants, mon coeur vide de tout sentiment amoureux pour leur père, et le regard rivé sur le sablier du temps, en espérant seulement qu’elle ne ralentis pas.

Tata.

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