J’suis d’ceux qui abandonnent.

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Le temps passe lentement, bien trop lentement à mon goût. Les minutes, les jours, les semaines s’écoulent et je suis toujours là, incapable de faire quoi que ce soit. J’ai l’impression que le monde bouge trop vite, que tout est flou, que je vis au ralenti. Je suis spectateur de ma vie, sans pouvoir bouger, respirer, ou même parler. Mon corps tremble violemment, ma respiration est sifflante, mon regard est vide, mon visage est pâle, mon corps est maigre. Je péris de l’intérieur autant que de l’extérieur. Mes bras sont souillés, déchiquetés par cette douleur, cette haine que j’essaye d’enfouir au plus profond de moi sans succès. Je ne suis plus assez fort pour la cacher, pour l’empêcher de bondir hors de ma poitrine. Je me surprends à mordre mon bras que j’ai cette envie brunante d’hurler ce qui me passe par la tête. Je devrais me laisser aller, laisser ses larmes emplies de désespoir perler sur mes joues, me vider de cette déception, de cette agonie qui me brûle. Mon cœur se serre, se tourne, se retourne en moi, il me pique, j’ai cette impression que quelqu’un l’arrache de ma poitrine, qu’on le coupe en deux, qu’on le déchiquette. C’est une douleur mentale comme physique à la fois. Pourtant, je ne peux pas me vider de cette tristesse, je ne peux pas dire ce qu’il c’est passé, ça deviendrait bien trop réel, inévitable, et c’est inconcevable, simplement. Ça me tuerait sur le coup, rien que de l’entendre à vive voix. Je ne sens plus mes jambes, je commence à lâcher, comme si l’élastique qu’on tenait chacun de notre côté c’était échappé de tes mains et me revenais en pleine figure. C’est violent, douloureux, ça laisse une grosse cicatrice, une marque rouge qui te brûlera éternellement. J’aimerais que tu vives en moi, rien qu’une journée. Tu comprendrais enfin à quel point tu es gravée, tapis sous ma peau, insinuée dans mon ADN, présent dans mon cœur, malgré tout ce dégoût, toute cette rancœur. Tu ne peux pas, j’oubliais presque. Tu es lâche, une pauvre lâche qui n’a pas eu le courage d’affronter ses erreurs, d’en subir les conséquences. C’est injuste. Je les vis à ta place, c’est dégueulasse! Je t’en veux tellement que ça me consume de l’intérieur. Ça me consume presque autant que l’amour que mon cœur te portait. Tu m’as rendue faible, indécis, perdu. Je ne sais plus apprécier un moment sans penser au malheur qui pèse lourd sur mon cœur, je me refuse d’aimer quelqu’un de peur qu’il me mente, qu’il me salisse encore une fois, je ne me laisse pas aimer de peur de finir encore plus seul que je ne le suis déjà. Tu as fais de ma vie un enfer, en une simple phrase. Tu as fais de mon cœur tendre un cœur de pierre, de mon âme rêveuse une âme détruite, de mon corps en bonne santé un corps souillé, d’un regard pétillant un regard vide, amer. Tu m’as changé, comme si j’avais été un pantin et que tu tirais les ficelles. Tu m’as permis de goûter à l’euphorie pour me laisser tomber dans l’agonie, dans le supplice de la mort. Tu m’as offert ce sentiment d’être aimé, protégé, pour ensuite me laisser endurer la douleur. La vraie douleur, celle qui te transperce le cœur et qui te brouille l’esprit. Tu m’as offert au supplice humain, au point ou la mort reste la seule option pour stopper cette situation devenue insupportable. Je suis vidée de toute les forces que j’avais, je me suis tellement battu, que je ne trouve même plus de raison de le faire. Je n’ai plus besoin de continuer, rien ne me retiens, personne ne me retiens, je n’ai qu’une envie, c’est de lâcher prise, tout ça ne sert à rien, vivre ne me sert plus à rien. Alors je lâche l’élastique à mon tour puis, il s’enfonce dans la brume de ce sombre gouffre ou tu t’es toi-même jetée. Et en un battement de cil, je saute, mains tendues de chaque côté de mon corps, sans hésitation. Je m’écrase au sol, sans regrets, serein. Ce supplice est terminé, tout est terminé.

Chloé

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