Simplifier l’accès au livre numérique

On le sait, le livre numérique est l’objet de toutes les attentions à l’heure actuelle. La question du prix est (presque) réglée. Maintenant, il s’agit d’améliorer son accessibilité.

Un véritable casse-tête. Ceux qui ont déjà tenté l’expérience le savent, l’achat de contenu pour un livre numérique peut se révéler compliqué. Le plus gros problème ? L’accès et la consultation des ouvrages mis en vente par les différents acteurs du marché.

Comme l’explique par exemple Charles Kermarec, libraire et directeur de la maison d’édition Dialogues, le consommateur doit en effet faire un choix : acheter ses e-books sur une seule plateforme – au risque de se priver d’un certain nombre de titres qui n’y sont pas accessibles ; ou utiliser toutes les plateformes concurrentes… et assumer « les difficultés associées à la gestion de plusieurs bibliothèques virtuelles incompatibles ».

« Améliorer les mécanismes existants »

Pour résoudre ce problème, Charles Kermarec propose deux solutions. L’une, qu’il sait « illusoire à moyen terme », serait d’abandonner les DRM, ou digital rights management. Ces dispositifs techniques – appelés « gestion des droits numériques » en français, visent à restreindre la lecture d’un support à une zone géographique, au matériel agréé par le fabricant, etc. « Le verrouillage des livres vendus par les DRM Adobe rend quasiment impossible au néophyte la lecture de livres électroniques », accuse ainsi le libraire. Supprimer les DRM, ce serait donc « libérer tout un écosystème de revendeurs et de fournisseurs de bibliothèques virtuelles et faciliter grandement la lecture de livres électroniques ».

En attendant que l’impossible devienne réalité, il propose une solution plus réaliste : « améliorer les mécanismes existants ». « Puisque les éditeurs veulent garder le contrôle sur les fichiers qu’ils permettent de télécharger, il faut que chaque livre vendu avec DRM soit aussi accessible en streaming, explique Charles Kermarec. Les clients pourraient ainsi lire sans aucun problème leurs livres sur tout appareil connecté à Internet. » Il faudrait aussi, ajoute-t-il, continuer à proposer le téléchargement de fichiers. Histoire de ne pas laisser de côté les consommateurs qui possèdent une tablette non connectée à Internet.

Développer le concept de bibliothèque virtuelle

Le libraire-éditeur envisage aussi un autre axe de travail, pour les libraires cette fois. Les libraires, rappelle-t-il ainsi, n’ont pas accès au texte des livres et ne peuvent donc pas agir sur les formats et leurs verrouillages. En revanche, souligne Charles Kermarec, ils peuvent travailler au développement, pour le lecteur, d’une bibliothèque virtuelle unique propre à chaque lecteur. Celle-ci pourrait regrouper tous ses achats de livres numériques, quel que soit le vendeur et/ou le fournisseur. « L’offre commercialisable par les libraires deviendrait ainsi compétitive », conclut Charles Kermarec.

(d’après Charles Kermarec et ActuaLitté)

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