Rencontre avec Gilles Cohen-Solal

Editeur aux éditions Héloïse d’Ormesson (Eho) Gilles Cohen-Solal explique comment sa « maison » choisit les auteurs. Il détaille les composantes du prix du livre et parle du milieu de l’édition, qu’il faut selon lui réformer. Découvrez les 3 vidéos de son interview…

Comment Eho choisit ses auteurs ?

http://www.dailymotion.com/video/xcpieh

Combien coûte un livre ?

http://www.dailymotion.com/video/xcpi2f

Il faut réformer l’économie de l’édition !

http://www.dailymotion.com/video/xcpwix

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13 thoughts on “Rencontre avec Gilles Cohen-Solal

  1. baboue666

    ah ben je comprends mieux le pourquoi du comment des annonces sur facebook, babelio et autre. un réseau social c’est plus facile à mettre en place que proposer son écrit à une maison à compte d’éditeur. les critiques sur le web viennent de « vrais » lecteurs qui ont apprécié l’oeuvre (comme moi pour « clara des tempètes » de daniel pagès.)

    ce monsieur est très clair sur son travail. merci pour cette interview.

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  2. Anita Baños Dudouit

    Merci à Gilles Cohen Sohal pour ces mises au point et son discours sans langue de bois. Je comprends mieux pourquoi, mon manuscrit a été refusé sans commentaire. Merci Nelly de nous permettre d’en apprendre plus sur le fonctionnement ,jusqu’à présent, si fermé des maisons d’édition. Bon, cela n’arrange pas le moral de ceux qui essaient de percer. La plupart de ceux-là, se laisse tenter par le chant des sirènes du compte d’auteur qui rapporte surtout aux prestataires qui eux, à mon avis, ne doivent pas perdre d’argent lorsque l’on regarde de près leur contrat. L’accès au rêve a un coût !

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  3. Frédérique MARTIN

    Voilà qui a le mérite d’être clair.
    Cette réalité économique est peu connue du grand public qui confond l’écrivain avec les quelques best sellers dont il a entendu parler. A noter que l’avaloir dont parle Gilles Cohen-Solal n’est pas pratiqué dans toutes les maisons. Certaines, et pas des moins prestigieuses, peuvent ne verser aucun avaloir à leur auteur. Là encore, comme dans tous les modèles à tendance pyramidales, plus on est connu, plus on a de marge de négociation. Pour les autres…
    De même, les pourcentages commencent plus bas dans le secteur jeunesse (6% sur le HT du livre, peut-être moins dans certains cas). Ils évoluent par tranche de vente et le prix public est moins élevé. Quand je dis au collégiens ou aux lycéens, sur mon roman jeunesse « Zéro le monde » je touche environ 50 cts par exemplaire vendu, et que j’ajoute, il m’a fallu plus d’un an pour l’écrire, ils me regardent comme si j’étais dingue.

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  4. Sylvia Da Luz

    Merci beaucoup pour cet éclairage !
    Décidément, on ne sait plus quoi penser… Cet éditeur a le mérite d’être franc, quitte à montrer ses côtés les plus « humains » (avec ce que ça comporte de bien ou de mal). Par contre, si son discours reflète la réalité des maisons d’édition, je trouve la situation inquiétante. Ca m’évoque le petit jeune qui cherche un premier travail et à qui on rétorque « qu’il faut de l’expérience ». Oui, mais il faut bien démarrer?? Le vrai problème c’est qu’il n’y a pas de demande et que l’édition ressemble au reste de la société qui a du mal à accueillir les nouveaux arrivants et à renvoyer l’ascendeur. Je ne suis pas une experte littéraire, bien évidemment et je veux bien croire, comme le dit M. Cohen Solal ,que 99.9 % des manuscrits ne soient pas des futurs best seller, mais ayant parcouru beaucoup de blog de jeunes auteurs non publiés, je trouve que certains ont beaucoup de talent et qu’il exagère en disant qu’ils sont tous nuls. Le problème est surtout qu’ils exigent effectivement une prise de risque financière et que du coup c’est un engrenage. Seulement, ce désengagement des maisons d’éditions vis à vis des jeunes auteurs fait qu’il y a beaucoup de livres qui sortent en autoédition, ce que je trouve regrettable pour l’image du livre, et pour l’image de l’édition de façon générale comme garant d’une qualité professionnelle. Je suis sûrement une utopiste, mais si les éditeurs s’engageaient au moins à faire un retour sur les manuscrits, ils permettraient aux postulants de mieux se repérer par rapport à leur talent. Parfois, ils ne demandent que ça (Non?). La critique est dure à encaisser, mais ça évite de se perdre dans un miroir aux alouettes. Les maisons d’édition ont perdu de leur fonction pédagogique et comme les autres domaines de la société, nous avons de moins en moins d’opportunités pour mettre le pied à l’étrier. Si un manuscrit doit arriver abouti, sans fautes, prêt à être vendu, ça veut dire que l’éditeur n’est plus le chercheur d’or d’autrefois, celui qui savait reconnaître un talent caché et le dégrossir ?

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  5. Catherine HOLLOCOU

    Cet entretien est intéressant à plusieurs points de vue car Gilles COHEN-SOLAL nous éclaire sur le fonctionnement économique de l’édition et il reconnait que les habitudes doivent changer et s’adapter au monde d’aujourd’hui. Par contre, il y a un point qui n’est pas abordé ; c’est celui de la formation des écrivains qui est, en France, inexistante. Je vous conseille de lire l’article de Pierre ASSOULINE dans son blog « La république des Livres » : http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/10/02/ou-lon-forme-des-ecrivains.
    Je sais que les ateliers d’écriture sont plutôt mal vus dans notre pays. Là il ne s’agit pas d’apprendre à écrire car c’est le but de l’éducation nationale mais de savoir gérer ses capacités à créer et surtout la production d’un manuscrit qui soit potentiellement lisible lorsqu’il arrive chez un éditeur, savoir aussi pour les gens qui écrivent si leur production doit devenir commerciale ou non. Cela est possible en créant des écoles ou des centres de formation ce qui faciliterait le travail des éditeurs. J’attends vos réactions…

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  6. Daniel Pagés

    Pas nouveau, mais pour une fois, c’est clairement exprimé : un bon manuscrit est un manuscrit qui ne fera pas perdre de l’argent à un éditeur. Un très bon, celui qui fera rentrer des sous parce que la notoriété de l’auteur incitera les curieux à acheter le bouquin. Les critères de qualité d’un livre ne sont pas littéraires, ils sont commerciaux, sinon l’éditeur disparait.
    C’est terrible, à la fois pour les éditeurs et pour les auteurs. Impossible pour un nouvel auteur d’espérer vivre de sa plume. Il va se retrouver, au mieux, face à une maison d’édition qui tirera 300 exemplaires de son magnifique roman et les vendra en deux ans en bricolant, par manque d’appétit des libraires pour les nouveautés, trop occupés qu’ils sont à placer les « offices » des grands groupes sous le nez du public.
    Personnellement, j’ai choisi l’auto-édition. Mon roman (qu’Elisabeth et d’autres ont apprécié, merci !), j’aurais aimé que tous les libraires puissent le présenter sur leur table… Il sera seulement dans quelques librairies qui l’auront choisi, et que j’aurai choisies.
    Il sort de plus en plus de livres de cette manière. Et les auteurs éditeurs indépendants s’organisent petit à petit. Économie de niche, me direz-vous… Aux USA 55% des livres sortent désormais hors de l’édition traditionnelle… Tant pis pour les éditeurs !

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  7. Nelly Post author

    @ daniel
    merci beaucoup pour votre témoignage !
    je suis en train préparer un article sur l’auto-édition et j’espère que les témoignages seront nombreux.

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  8. Céline

    Catherine Holloucou a dit :  » la formation des écrivains qui est, en France, inexistante »

    Non la France n’a pas imaginé qu’écrivain méritait formation, puisqu’il ne s’agirait pas d’un travail mais d’un talent inné… qui malgré tout demande beaucoup de temps et de travail !!!
    Fleurissent beaucoup d’ateliers d’écritures qui sont souvent des façons de se psychanalyser : rien à voir avec un apprentissage de « trucs et astuces » pour maîtriser la production d’un texte narratif de qualité, comme les écoles américaines le proposent.
    Il y a les études de lettres qui donnent une base dans la maîtrise de la langue. C’est un début ou pas…
    Il y a aussi pour s’entraîner la possibilité de répondre aux concours de nouvelles, Nelly en propose très régulièrement et cela fait beaucoup de boulot ! Là les organisateurs des concours vont hurler….
    Il y a aussi pour ceux qui se sentent la capacité de se plier à des cadres précis, les envois aux rares magazines français qui publient des nouvelles. Là le couperet est sévère, non négociable et les thèmes sont imposés (polar, romanesque, SF), mais chaque texte acheté est garantie de publication à des milliers d’exemplaires et à l’international !
    Bien sûr la encore la France n’est pas leader en matière de publication de nouvelles dans les pages de ses magazines comme l’Angleterre ou certains pays d’Amérique Latine puisque le genre est considéré comme … mineur ! le besoin frénétique d’accélération du temps moderne apportera peut-être un nouvelle éclairage sur les textes courts, bien écrits mais vite lus…

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  9. carlin denise

    ok!!! les manuscrits écrits et envoyés par la poste sont nuls!! ok, c’est bien de l’entendre! c’est bien de le dire, mais ce qui est vrai aussi c’est qu’il ne sont pas aussi mauvais que certains livres édités à cause de leur nom de famille bien connu!! j’ai pu lire des horreurs, mais édités par des maisons bien en place!! merci pour votre franchise

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