Réussir ses recherches historiques avant d’écrire

Vous vous lancez dans l’écriture d’un récit historique ? Avant de jeter les premiers mots, mieux vaut faire quelques recherches. Voici 5 astuces pour vous aider.

Tenté par l’écriture d’un roman historique ? Le genre est en vogue mais, plus qu’un autre, il demande un vrai travail de recherches préliminaires. Sinon, gare à aux inexactitudes, voire aux anachronismes… Pour vous aider à écrire un récit authentique, suivez nos quelques conseils.

Utilisez des sources primaires

Par opposition aux sources secondaires, comme un livre d’histoire, les sources primaires sont directement issues de la période historique qui vous intéresse. Il peut s’agir de journaux de l’époque ou d’un documentaire audiovisuel utilisant des images d’archives. Utiliser des sources primaires vous permettra de mieux capter l’atmosphère de l’époque.

Egarez-vous

Les recherches ne sont jamais simples. Alors si vous essayez de les limiter ou d’éviter les chemins tortueux, vous manquerez sans doute les éléments les plus croustillants qui donneront du relief à votre récit. Imaginez plutôt que votre recherche est comme un arbre gigantesque dont vous allez explorer chaque branche et chaque racine.

Plongez-vous dans l’époque

Il est nécessaire que vous utilisiez dans votre récit les mots et la syntaxe de l’époque à laquelle il fait référence. Cela sera plus facile si vous vous inspirez des sources primaires.

Lisez plus qu’une seule biographie

Si l’un de vos personnages est un personnage historique réel, ne lisez pas qu’une seule de ses biographies. Car les biographes ne sont pas toujours objectifs…

N’oubliez pas les détails

La plupart de ce que vous lirez au cours de vos recherches n’apparaîtra pas directement dans votre récit. Mais n’hésitez pas à utiliser des détails qui vous ont marqué. Ils rendront votre récit plus authentique.

(Crédit photo : © Bobin Baptiste – Fotolia.com)

Partagez cet article

2 thoughts on “Réussir ses recherches historiques avant d’écrire

  1. Adeodat

    Merci pour ces conseils. Autant j’ai pu trouver des conseils qui m’aident beaucoup sur votre site, autant ceux-là me semblent un peu légers. J’ai donc quelques questions à vous poser :
    – De votre point de vue, l’auteur est-il tenu à un respect des éléments historiques ou du moins à un effort dans ce sens ? Bien entendu, je ne veux pas dire que tout est possible et qu’on peut se goinfrer d’anachronismes et d’erreurs grossières sous pretexte de droit à l’ignorance et à la médiocrité. Je suis très méfiant quant aux revendications des « droits à ». Mais tout de même, s’il s’agit d’une liberté volontaire, en tout connaissance de cause et dans un but précis par rapport à l’oeuvre, au style, au sujet, etc… pensez-vous qu’on puisse trahir l’histoire ? Et dans quelle mesure ?
    – Quand au lexique et à la syntaxe ? Si j’écris un roman dont l’intrigue se déroule au XIXe siècle, j’éviterai d’utiliser le mot « Ziva », je vous ai bien compris ? Est-ce que ce conseil vaut autant pour la narration que pour les dialogue ? Si j’écris sur le XIIe siècle, quel français utiliserai-je ? Celui du XIX comme c’est souvent le cas, pour « faire classique » ? Et si j’écris sur la Rome antique ? J’éviterai tout ce qui n’est pas latin ? Et si l’on suit cette logique, dois-je écrire en japonais un roman dont l’intrigue se situe au Japon ? Est-ce le travail du traducteur et seulement le sien de composer un nouveau texte en français moderne (la langue de nos lecteurs) à partir de notre original ? Ou peut-on quand-même considérer que dans la grande tradition du récit oral ou écrit, de l’art de raconter, il est tolérable d’adapter son conte à ses lecteurs et de s’adresser à eux dans une langue qui, bien que pouvant être légèrement inhabituelle et exigeante par rapport à leur langue quotidienne, reste tout à fait compréhensible et propre à les toucher ?
    – Bien qu’ayant un a priori négatif sur toutes les métaphores impliquant des arbres, des oiseaux, des petits lapins, ou des éléments naturels en général, j’ai bien compris je crois ce que vous avez voulu dire par votre invitation à s’égarer. Mais là encore, j’ai une question : la pointe de la feuille, la fleur ou le bout de la racine sont autant de fins de l’arbre. L’arbre est limité, et si j’ambitionne modestement d’étudier un petit arbre, je ne pense pas me perdre longtemps. Mais une période de l’histoire, pouvant couvrir le monde entier, et par définition reliée à la période qui la précéde et à celle qui la suit (le cas échéant), n’est-elle pas un champ de recherche qu’il convient de délimiter afin de ne pas « trop » se perdre et de pouvoir retourner à son art d’écrire avant de plonger dans la folie totale ? Bien sûr, je crois à cette « serendipity » de l’écriture. Mais je cherche à améliorer ma méthode de travail pour gagner en efficacité et en pertinence.
    J’en profite pour vous féliciter pour ce site passionant et stimulant.

    Reply
  2. Nelly Post author

    @adeodat
    cet article a pour objectif de donner quelques idées aux personnes qui décident de débuter l’écriture d’un roman historique et ne savent pas par quel bout prendre leur récit.
    pour répondre à vos questions :
    je pense bien évidemment qu’un auteur doit respecter les faits historiques les plus marquants et les plus connus. Il est important de s’attacher à une certaine vraisemblance surtout si vous faites intervenir dans votre récit des personnages qui ont réellement exister. Mais le plus souvent un peu de bon sens suffit. Ainsi votre personnage de la rome antique ne se déplacera pas en vespa…
    à propos du langage que ce même personnage emploiera : vous pouvez effectivement essayer le latin mais malheureusement votre récit risque de ne pas beaucoup être lu par vos contemporains. Quand je parle de bon sens, c’est de cela qu’il s’agit : en tant qu’auteur, votre ambition est avant tout que votre récit soit lu par vos contemporains. C’est à eux que vous vous adressez, pas à vos personnages historiques.
    Et détrompez-vous un petit arbre n’est jamais limité dans la mesure où il est vivant et donc changeant d’une minute à l’autre. Quant à un fait historique majeur, il peut être résumé en une phrase seulement. Bien sûr je vous taquine sur ce sujet mais ce que je veux dire c’est que l’histoire a beau être ce qu’elle est avec ou sans grand H, c’est vous l’auteur et votre récit n’appartient qu’à vous.
    La question que vous devez vous poser est donc la suivante : quel est le véritable sujet de mon récit ?
    si c’est : « l’Histoire » alors écrivez plutôt une thèse sur le sujet 😉

    à mon avis : pour écrire un récit historique : le mieux est de faire des recherches sur la période qui vous intéresse puis de fermer vos livres et vos carnets de notes pour laisser reposer votre esprit. Ensuite quand vous vous mettez à écrire, ne vous replongez pas dans le résultat de vos recherches : vous pourrez toujours corriger une erreur de date ou une incohérence lors de la relecture finale.

    n’oubliez pas qu’un récit est surtout porté par des personnages, leur histoire et leurs émotions, pas par des faits historiques avérés.

    et pour finir je vous livre une de mes citations favorites de paul claudel : « Les grands écrivains n’ont jamais été faits pour subir la loi des grammairiens, mais pour imposer la leur et non pas seulement leur volonté, mais leur caprice. »

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.