Quels rapports entre violence et livres adulescents ?

livre et violence

Hunger Games, La Révolte

Les médias accusent régulièrement les films de promouvoir la violence chez les jeunes. Les livres adulescents sont-ils également responsables de certains comportements criminels ? Cette question fut au coeur de la première convention sur la littérature « young adult », qui s’est tenue à  Londres.
  

Certains pensent que la fiction adulescente promeut la violence chez les jeunes, au même titre que les films et les jeux vidéos. La série The Hunger Games a ainsi été accusée de banaliser la brutalité dans l’esprit des adolescents. Cette accusation ne s’est pas arrangée lorsqu’Elliot Rodger, fils de l’un des réalisateurs, a tué 6 personnes lors d’une fusillade en Californie. Les appels à la censure sur la littérature adulescente, également appelée young adult, se sont multipliés suite à cette affaire.

Le travail des auteurs
« En protégeant les jeunes de la noirceur de certains actes, nous accentuons la dangerosité de leur rencontre avec le monde réel. Ils doivent voir le reflet de la société dans les livres. Cela implique de faire face à ses mauvais comme ses bons côtés », explique Helen Thompson, présidente du Comité National de la littérature jeunesse. « Les auteurs doivent être responsables lorsqu’ils décrivent la violence. Il faut arrêter de mettre en scène des personnages très en forme après avoir reçus de multiples blessures. Les conséquences doivent êtres claires et réalistes, même dans une oeuvre de fantasy. Si les écrivains ne réussissent pas à être objectifs lorsqu’ils évoquent des actes fictifs, ils mentent aux lecteurs », estime Gibbons, auteur du livre pour adulescent Hate. Ce roman a également fait les gros titres en raison de son sujet : il raconte le meurtre de Sophie Lancaster, étudiante poignardée à cause de son style vestimentaire (gothique), et offre un portrait saisissant de la haine chez les jeunes.

La fiction peut-elle lutter contre la violence ?
« L’art peut refléter la société, et parfois l’influencer. Mais l’on ne peut prédire ces débordements. Aucun livre ne peut guérir les maux de notre quotidien, comme la pauvreté et le manque d’amour », considère Anthony McGowan, auteur de The Knife that Killed Me. Ce récit est centré sur un meurtre à l’arme blanche perpétré dans une école. « Lire augmente l’empathie. Les romans nous font vivre dans l’esprit d’un autre. Mais les jeunes impliqués dans la violence et les crimes ne sont pas de grands lecteurs, en général », ajoute McGowan. La fiction peut ouvrir les yeux des jeunes. Un livre violent doit les conduire à poser des questions sur le monde, et à s’interroger sur leurs propres choix. C’est une occasion de dialoguer et d’évoquer de dangereux stéréotypes. « Mettre sur le tapis des discussions sur le crime est une bonne chose. En revanche, il ne s’agit pas de rendre la violence glamour », estime Mark Prince, ancien boxeur ayant perdu son fils poignardé.
(Source : The Guardian ; Crédit photo : The Hunger Games)

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