Quelles règles pour écrire une parodie ?

Qu’est-ce qu’une parodie littéraire ? La cour d’appel de Paris en a une définition très précise. Des conseils utiles pour qui voudrait un jour en écrire une.

Gordon Zola pourra donc continuer à malmener Tintin. L’auteur de la série « Saint Tin et son ami Lou », qui faisait l’objet d’une procédure judiciaire intentée par Fanny Rodwell, veuve d’Hergé, et Moulinsart, société belge propriétaire des droits d’exploitation de l’œuvre du dessinateur, a finalement remporté son combat.

Une référence à l’œuvre originale …

La cour d’appel de Paris a en effet estimé que les ouvrages, publiés par le Léopard masqué (maison d’édition créée par la société Arconsil), « ne constituaient pas une contrefaçon du droit d’auteur », mais respectaient « l’exception de parodie », inscrite à l’article L.122-5 du Code de la propriété intellectuelle. Elle a donc condamné les ayants-droit d’Hergé à payer la somme de 10 000 € de dommages et intérêts à Arconsil. Ils devront aussi s’acquitter de l’ensemble des frais d’avocats (12 000 €).

En substance, le magistrat a reconnu que Gordon Zola faisait référence à l’œuvre originale dans les titres (« Le crabe pince fort » pour « Le crabe aux pinces d’or », « L’oreille qui sait » pour « L’oreille cassée », « L’affaire tourne au sale » pour « L’affaire Tournesol »…), les noms et traits de caractère des personnages, les couvertures de livres, etc.

… Mais une distance suffisante

Mais il a surtout retenu que « la forme romanesque » des ouvrages diffère du genre utilisé par Hergé – la bande dessinée. Il a aussi relevé que « les intrigues originales » qu’ils décrivent, savent, tout en se nourrissant de l’œuvre d’Hergé, « s’en distancier suffisamment pour éviter tout risque de confusion ».

De plus, ajoute la cour d’appel, « le propos parodique est d’emblée perçu à la lecture du titre et à la vue des couvertures, tous deux renseignant immédiatement sur la volonté des auteurs de travestir et détourner les images avec le dessein de faire rire ».

Elle note également que « ce dessein parodique se révèle par le recours à de nombreux calembours, l’exagération des traits de caractère et un style écrit qui privilégie les bons mots ».

(d’après Livres Hebdo)

Lire aussi la chronique juridique d’Emmanuel Pierrat, avocat au bureau de Paris : Peut-on parodier les œuvres littéraires ?

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