Quelle structure pour mon récit ?

Laure Pécher est agent littéraire, éditrice et animatrice d’ateliers d’écriture sur le roman. Découvrez un reportage vidéo sur l’atelier d’écriture de Laure Pécher sur :sa page chroniqueur.

Tous les mois, retrouvez sur enviedecrire.com la chronique de Laure Pécher. Elle aide les apprentis écrivains à repérer les pièges habituels des débutants et à écrire un roman à la structure solide.

Comment vais-je structurer mon récit ? Et à quel moment dois-je décider de la structure ? Ces deux questions se posent à l’auteur dès le début de son projet d’écriture. Etre capable d’y apporter très vite une réponse ne veut pas dire que l’auteur connaisse déjà tous les arcanes de l’histoire qu’il va raconter. Et formulées ainsi, ces questions sont-elles vraiment pertinentes ? Ne laissent-elles pas entendre qu’il existerait un certain nombre de modèles de base, sortes de patrons sur lesquels viendraient se greffer les récits ?

Quels sont les pièges à éviter ?

En demandant à un auteur pourquoi il a choisi telle structure plutôt que telle autre, on peut très vite apprécier la légitimité de son choix. Certains ne se sont pas posés la question. « La structure s’est imposée », disent-ils. D’autres répondent qu’ils ne voulaient pas de structure « classique ». Quand on leur demande ce qu’est une structure classique, ils répondent : « une structure chronologique ou linéaire ». « Donc vous avez déstructuré votre récit. Mais pourquoi ? » « Pour ne pas tomber dans le déjà vu. » Et voilà l’erreur grossière. L’auteur n’a pas choisi sa structure pour les besoins du récit mais par défaut ou pour paraître. Or celui qui veut paraître ne saurait reprocher au lecteur de ne pas aimer l’apparat.

La structure a-t-elle un sens ?

 

La structure d’un récit, si elle se choisit, est porteuse de sens. Ce n’est pas un vernis. Ce n’est pas une colonne de marbre ajoutée sur un édifice pour faire beau. C’est un squelette qui doit se faire oublier. Il demeure invisible. Mais il a du sens. Ou plutôt il accompagne le sens du récit. La structure peut être simple ou complexe, linéaire ou déstructurée. Dans tous les cas, elle est légitimée par le récit lui-même et non par des intentions d’auteur.

EXERCICE PRATIQUE

Choisissez un roman que vous avez particulièrement aimé et découpez-le en séquences narratives homogènes (chapitres ou ensemble de pages). Analysez ce qui constitue la cohérence de chaque séquence et la façon dont les séquences s’enchaînent.

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4 thoughts on “Quelle structure pour mon récit ?

  1. ManonLou

    Article intéressant qui me fait penser à ce que Milan Kundera a écrit sur Le livre du rire et de l’oubli : « Tout ce livre est un roman en forme de variations. Les différentes parties se suivent comme les différentes étapes d’un voyage qui conduit à l’intérieur d’un thème, à l’intérieur d’une pensée, à l’intérieur d’une seule et unique situation dont la compréhension se perd pour moi dans l’immensité ».

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  2. Pingback: VIDEO : Structurer son roman

  3. Emmanuel

    Bonjour,

    J’ai depuis longtemps une structure narrative.
    Je l’ai travaillée, puis retravaillée encore et encore, jusqu’à la recomposer complètement.
    Aujourd’hui je n’ose plus continuer car à chaque nouvelle idée qui me plait, je veux à tout prix l’intégrer à mon univers, ce qui a souvent pour conséquence, la recomposition de mon intrigue.
    Dès lors je n’arrive pas à m’engager dans l’écriture du récit car d’un, j’ai peur qu’une nouvelle idée vienne tout remettre à plat par mon envi de l’intégrer, et de deux je ne suis pas sûr que ma structure soit bonne, les enchaînements sont-ils logiques? Je le crois et pourtant je n’y arrive pas…

    Que puis-je faire contre ça ? Ou plutôt comment puis-je travailler avec cela ?

    Bien à vous !

    Emmanuel

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  4. Annette Lellouche

    Je ne sais pas ce qu’est une structure. J’ai fréquenté un atelier d’écriture qui nous parlait de plan, de situation. Je n’y ai rien compris. Je fonctionne à l’instinct. Lorsque je commence un roman, je ne sais pas ce que je vais raconter, ni où je vais arriver. Je me laisse porter, parfois me surprenant moi-même. Ce qui fait que mes histoires vont de rebondissement en rebondissement, de surprise en surprise. Il m’arrive parfois de replacer certains chapitres avant après pour la compréhension mais ça ne me déplait pas.
    J’ai essayé d’écrire pour la jeunesse, en m’appliquant justement sur un plan, mais j’ai vite laissé l’imagination faire son boulot. Et ma foi, ça a plutôt bien marché.

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