Quelle retraite pour les écrivains ?

Un député argentin a proposé de verser une pension mensuelle de 635 € aux écrivains du pays. Une idée inspirée de la France. Et soumise à quelques conditions.

La France et l’Espagne ne seront peut-être bientôt plus les seules à s’inquiéter pour la retraite de leurs auteurs. En Argentine, Carlos Heller, député socialiste, a déposé mardi une proposition de loi visant à verser une pension mensuelle de 635 € aux écrivains. Une somme bien supérieure au minimum vieillesse, qui est de 203 € depuis le 1er mars dernier.

Le prestige ne remplit pas le réfrigérateur…

« Les auteurs contribuent à la culture de la société, avance le parlementaire. Ils lui apportent une richesse qui est difficilement quantifiable. » « L’Argentine se considère comme la capitale littéraire de l’Amérique du Sud, l’Etat accorde lui-même beaucoup de prestige aux intellectuels, mais on ne vit pas de gloire, approuve Mario Goloboff, écrivain et professeur d’université. Trop d’écrivains argentins ont consacré leur vie à la littérature, pour, au final, vieillir dans la pauvreté. Ils méritent cette pension ! »

D’autres, eux, n’y voient qu’une mesure populiste de plus, alors que Cristina Kirchner, soutenue par le Parti socialiste argentin, est en course pour un second mandat de présidente de l’Argentine lors des élections d’octobre.

Une mesure déjà en place à Buenos Aires

Si cette mesure devait voir le jour, son versement serait toutefois soumis à quelques conditions : les auteurs doivent avoir publié cinq livres – l’autoédition n’est pas prise en compte – ou avoir travaillé pendant 20 ans dans le domaine de la « création littéraire ».

Une telle aide, en tout cas, n’est pas nouvelle, même en Argentine. Depuis 2006, l’état de Buenos Aires a déjà mis en place un système similaire. « Il n’y a eu que 100 demandes, dont 72 seulement ont été acceptées, explique Victor Redondo, membre de la société des auteurs argentins. Cela devrait calmer les inquiétudes de ceux qui ont peur d’une généralisation de cette mesure au niveau national. »

En France, adressez-vous à l’Agessa

En France, le système de retraite des auteurs est géré par l’Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs (Agessa). À condition que l’auteur ait été affilié, en versant personnellement et volontairement le pourcentage de 6,65% de ses droits d’auteur à l’AGESSA au titre de l’assurance vieillesse, il pourra demander à bénéficier de sa pension de retraite (source : www.lemotif.fr).

Pour en savoir plus : consultez le site de l’Agessa, www.agessa.org, rubrique « espace auteurs / prévoir sa retraite ».

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2 thoughts on “Quelle retraite pour les écrivains ?

  1. Frédérique MARTIN

    Le système Français dépend des ventes de l’auteur, puisqu’il doit -chaque année – atteindre un minimum de droit d’auteur (7974 € en 2010) pour prétendre à l’affiliation. Quand on connait les pourcentages pratiqués et les tirages moyens des livres en France, on sait tout de suite qu’une majorité écrasante d’entre eux sera bien loin d’atteindre 635 € de retraite. Quel qu’ait été l’engagement et la qualité de l’oeuvre. D’autre part, écrire et publier un livre par an, n’est pas donné à tout le monde, et n’est pas forcément souhaitable pour des raisons qu’on devine fort bien.

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  2. Eve de Laudec

    on m’a dit dernièrement qu’écrire n’était pas un travail, et que la retraite n’est due qu’aux travailleurs…alors,continuons à nous reposer, auteurs….

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