Quelle place pour le numérique dans le groupe Albin Michel ?

Dans un entretien pour le magazine français Livres Hebdo, le Président du groupe Albin Michel, Francis Esménard donne sa vision du développement du livre numérique et parle de l’évolution du  rapport avec les auteurs. Voici un extrait de cet entretien :

(…) Vous contribuez au changement. Albin Michel est un des tout premiers éditeurs à s’être lancé dans le numérique…
Oui, c’est un sujet qui passionne, et j’ai un fils informaticien, très à la pointe des nouvelles technologies. Il m’y a sensibilisé. Mais le numérique ne remplacera pas le papier, les deux vont cohabiter. Dans notre groupe, il représente déjà environ 3% des ventes. C’est ce que nous avons prévu et ce qui nous convient, d’autant que cela ne se fait pas au détriment du papier.

Albin Michel, que vous voulez très attentif aux auteurs, connaît-il ces tensions que soulève le numérique autour des contrats ?
A partir du moment où la profession ouvre des négociations sur le sujet avec une quinzaine d’organisations syndicales ou associatives, il n’est pas étonnant que les esprits s’enflamment. Nous n’avons aucun problème véritable dans nos relations avec nos auteurs, même si parfois les discussions sont vives. Elles restent cependant toujours amicales. Les auteurs nous sont fidèles. La répartition des droits évolue. Sur les ventes à l’étranger, pour les auteurs à succès, ce n’est plus le partage à 50/50 traditionnel. Ainsi, le service des droits avec cinq personnes, les salons à l’étranger, les voyages, est tout juste à l’équilibre. C’est un service que nous rendons aux auteurs, ce n’est plus un centre de profits.

Quel est le taux minimal que la maison verse sur les droits numériques ?
Nous commençons entre 15 et 17,5%, avec des paliers en fonction des ventes, comme dans le papier. L’auteur touche plus que l’éditeur sur le numérique ! L’objectif est de maintenir la même structure des marges entre le numérique et le papier, car il va bien falloir que le numérique prenne sa part de frais généraux, lesquels ne changeront pas (33% du CA). Nous lirons toujours les 5 000 manuscrits que nous recevons chaque année, le travail éditorial restera identique, la promotion demeurera au même niveau, le commercial, la comptabilité… C’est un fantasme de croire que toute cette organisation ne coûterait plus rien en version numérique.

Retrouvez la totalité de cette interview réalisée par Christine Ferrand et Hervé Hugueny dans le magazine français Livres Hebdo n°938, 25/01/13

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