Que peut apporter un (bon) atelier d’écriture ?

Marianne Jaeglé est écrivain et animatrice d’ateliers d’écriture aux ateliers Elisabeth Bing. Pour aider les apprentis écrivains à dépasser leurs inhibitions, Marianne Jaeglé a écrit le livre : Ecrire, de la page blanche à la publication. Découvrez un reportage vidéo sur Marianne Jaeglé sur : sa page chroniqueur.
Retrouvez sur enviedecrire.com les chroniques de Marianne Jaeglé. Elle accompagne les apprentis écrivains tout au long des étapes incontournables, mais souvent difficiles de l’écriture.

Une « exception française » dont nous n’avons pas à nous vanter

Si dans les pays anglo-saxons, l’écriture créative est depuis longtemps reconnue au point d’être enseignée à l’université, en France, l’idée selon laquelle l’apprentissage de l’écriture est impossible persiste. C’est contre cette vision erronée que les ateliers s’inscrivent, partant du principe qu’un certain apprentissage technique est indispensable, et qu’un bon atelier peut faire gagner du temps à un écrivain débutant.

S’offrir la capacité de progresser

Avant tout, un atelier apporte  ce dont rêve toute personne qui écrit : des lecteurs, avec ce que cela implique de confrontation avec le réel. En effet, donner son texte à lire ou à entendre, c’est à la fois vivre l’exaltante expérience d’exister en tant qu’auteur, puisqu’on est lu, mais aussi prendre un risque. Celui de se rendre compte que l’effet obtenu n’est pas celui qu’on escomptait.  Une fois ce risque assumé, celui qui écrit en atelier s’offre une chance incomparable : celle d’avoir des retours sur  le texte qui a été produit. Des retours faits par des gens qui, comme lui, aiment écrire. Des retours bienveillants et utiles, ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’on donne ses textes à lire à des amis.

Ainsi , c’est à une pratique qui sorte de la solitude qu’on adhère en écrivant en atelier, puisqu’il s’agit de partager le texte tout juste écrit, de rencontrer d’autres gens qui écrivent ou veulent le faire.

Mais le meilleur est sans conteste qu’on s’offre la capacité de progresser, grâce aux suggestions de retravail, aux conseils qui permettent d’améliorer le texte produit, d’accentuer ses forces et d’atténuer ses faiblesses.

Tous ceux qui ont fait cette expérience sont unanimes à reconnaître qu’un atelier est aussi le lieu d’une confrontation positive avec l’écriture des autres, l’occasion de découvrir leur richesse mais la sienne propre.

Enfin et surtout, l’atelier est une contrainte, qui comme beaucoup de contraintes, se révèle souvent très féconde : c’est un rendez-vous régulier qui oblige à écrire, quand, livré à soi-même, on a souvent tendance à reporter l’écriture à plus tard.  L’atelier donne une habitude de travail qui rend capable de s’atteler à des projets longs

Un atelier, oui mais un bon !

Quelques précisions s’imposent toutefois. Un atelier ne doit pas être un groupe thérapeutique ; l’animateur doit veiller à ce que le débat porte exclusivement sur des questions littéraires. Il n’est pas non plus une école destinée à promouvoir une façon d’écrire plutôt qu’une autre. Il doit permettre à chacun de trouver en toute liberté sa propre voix et aussi son propre chemin en écriture.

C’est ce que suggère l’écrivain Elisabeth Georges, dans son livre Mes secrets d’écrivain : « Si vous voulez adhérer à un groupe, choisissez-le bien avant de vous engager. S’il est dirigé par quelqu’un qui mène une croisade personnelle, fuyez. Si le groupe n’est pas déterminé à trouver des solutions, s’il se contente de dire « je n’aime pas telle ou telle chose (votre personnage, votre intrigue, votre scène ou n’importe quoi) » sans proposer de solutions, de moyen de la rechercher ou au moins de l’approcher, ne perdez pas de temps. Si vous ne vous sentez pas à l’aise dans la dynamique de groupe, écoutez votre sixième sens, et ne restez pas là. »

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Retrouvez : Marianne Jaeglé sur son blog

Découvrez le livre sur l’écriture de Marianne Jaeglé en cliquant sur l’image :


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3 thoughts on “Que peut apporter un (bon) atelier d’écriture ?

  1. Zimmermann Jean-François, auteur

    Je suis un écrivain débutant qui vient d’être publié. Ce nouvel état ne m’empêche nullement de toujours fréquenter un atelier d’écriture – en section roman – qui continue de m’apporter un (des) éclairage indispensable lors de la rédaction d’un nouvel ouvrage. Outre les techniques d’écriture – il me semble qu’un auteur est toujours en apprentissage – la confrontation avec les autres participants, qui eux-mêmes sont en cours d’écriture d’un récit, est riche d’enseignements.
    Je présume que la qualité du groupe et de l’animateur (trice) est prépondérante, mais j’ai eu la chance d’avoir fait la bonne rencontre.
    Je me permets de recommander cet atelier :
    http://www.aganippe.be
    JF Zimmermann

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  2. JCP

    Je viens en effet de fréquenter un atelier aux relents de psychothérapie – ceci tout à fait contre la volonté de l’auteur qui l’animait…
    Dans ces conditions, la littérature ne peut que passer au second plan, malgré le talent de l’animateur.

    Cordialement, Jean-Claude

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