Quand Gallimard devient le nom d’une rue, la colère gronde

Aujourd’hui, une partie de la rue Sébastien-Bottin, à Paris, est rebaptisée Gaston-Gallimard. Les opposants sont mobilisés. Un combat très symbolique.

Ils ne veulent pas qu’on oublie Sébastien Bottin. Et pour éviter que le statisticien, créateur de l’annuaire du commerce et de l’industrie (XIXe siècle), ne soit rayé des mémoires, ils ont décidé de lui rendre un dernier hommage aujourd’hui.

Toutes les contributions sont les bienvenues

« Ils », ce sont les membres d’un collectif, « L’Appel du 15 juin ». Des acteurs de l’univers numérique (Publie.net, Studio Walrus, Numeriklivres ou encore ActuaLitté), qui protestent contre la décision de la Ville de Paris de débaptiser, ce soir, une partie de la rue Sébastien-Bottin (VIIe arrondissement de Paris) au profit de Gaston Gallimard. La Mairie souhaite ainsi célébrer, à sa manière, le centenaire de la maison d’édition, installée rue Sébastien-Bottin.

Toute la journée, le collectif invite donc chacun à « apporter sa contribution à l’événement, en publiant sur son blog un article sur Sébastien, une photo, une vidéo ». Les hommages seront relayés sur le site Internet « Sébastien Bottin, homme d’annuaire », où seront également diffusés « des extraits d’auteurs dont les œuvres ne sont toujours pas disponibles en version numérique ». Un fil d’actualité sur le sujet a aussi été créé sur Twitter (mot-clef : #ruebottin).

Dénoncer « la politique actuelle concernant le livre numérique »

Si le collectif reconnaît le caractère « purement symbolique » de cette mobilisation, il tient néanmoins à dénoncer, par cette protestation, « toute une politique actuelle concernant le livre numérique. Et ce, alors qu’Antoine Gallimard, président du Syndicat national de l’édition (NDLR : et président des éditions Gallimard), est justement le représentant des éditeurs (si ce n’est d’une partie) dans notre pays. »

En cause notamment, le prix « largement trop cher » du livre numérique, dont Gallimard, premier éditeur français, serait l’un des premiers fautifs selon le collectif. « L’édition est en pleine mutation numérique, pendant ce temps-là une poignée de puissants éditeurs font l’autruche, bloquent de manière ridicule les prix des livres numériques dans la fourchette la plus haute (autour de 20 euros), et poussent au piratage, reproche-t-il. Voire renommée la rue Sébastien-Bottin au profit d’une maison qui incarne une vision archaïque de l’édition est un symbole dont il faut s’emparer. »

Le soutien de Mick Jagger

Les membres du collectif veulent aussi profiter de l’occasion pour revenir sur d’autres enjeux : les droits perçus par les auteurs, le manque de titres disponibles en version numérique, ou bien encore « l’aberration » que constitue, à leurs yeux, la loi concernant le prix unique du livre numérique.

Le tout avec un appui de choix. Mick Jagger, chanteur des Rolling Stones résiderait en effet rue Sébastien-Bottin et serait « désagréablement surpris de ce changement d’adresse inopportun ».

(d’après ActuaLitté)

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One thought on “Quand Gallimard devient le nom d’une rue, la colère gronde

  1. El Fredo

    Alors ça c’est du combat ! Quelle fougue dans cette rébellion ! Quel panache !
    Bon, trêve d’ironie.
    C’est un peu lassant ces associations de contre-toutistes… Franchement, Gallimard, c’est une belle maison d’édition. Que monsieur Gallimard ait un bout de rue à son nom c’est un bel hommage.
    Le prix du livre encourage le piratage ? Tout est toujours bon pour justifier une mauvaise action « droit, liberté » les dealers pensent aussi avoir le « droit » de glander dans les halls.
    Non franchement, je ne comprends pas. et que Mick Jagger, qui visiblement a bien vieillit, se rassure, son immeuble ne bougera pas, seul le nom de la rue est susceptible de le faire. Pas très rock’n roll tout ça…

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