Pourquoi votre manuscrit n’a pas été retenu
Vous avez envoyé votre manuscrit dans toutes les maisons d’édition. Mais rien n’y fait, il vous est sans cesse retourné. Si aucun éditeur n’accepte votre roman, c’est peut-être pour l’une de ces 10 raisons :
1. Il ne se passe rien dans votre histoire
Cela peut paraître évident, mais il faut que quelque chose arrive, que l’histoire tourne autour d’un évènement ou de plusieurs. Bien sûr il ne faut pas surcharger en rebondissements. Votre livre ne doit pas se transformer en thriller si tel n’était pas votre intention. N’ajoutez donc pas de crash d’avions ou de kidnapping d’enfants si cela n’est pas nécessaire. Un personnage qui cherche à prendre sa retraite dans un endroit isolé afin de s’éloigner de tout, c’est une action, un évènement autour duquel l’histoire peut avancer.
2. L’action se déroule trop tard
Vous avez peut-être amorcé l’intrigue trop tard et il faudra des centaines de pages avant que l’action débute réellement. Si vous ne voulez pas que votre lecteur se demande quand va enfin commencer l’histoire, ne faites pas trop durer la phase de présentation. En tant qu’écrivain vous avez peut être l’impression que ces centaines de pages avant d’aboutir à l’intrigue sont indispensables. Il faudra pourtant vous forcer à ne garder que le nécessaire.
3. Vous vous répétez trop
Ne noyez pas votre lecteur sous un flot de répétitions pour une seule action. Evitez de le prévenir de ce qui va arriver et ne le lui rappelez pas quand c’est arrivé. Si possible, n’expliquez jamais car cela n’apportera que de la lourdeur. Si votre travail est correctement fait, le lecteur comprendra de lui-même, grâce aux dialogues et aux actions des personnages, ce qui se passe. Vous trouverez quelques conseils dans un autre article pour mettre les pensées de votre personnage au service de l’histoire.
4. Il y a trop d’interruptions
Les flashbacks, c’est parfois utiles. Mais trop de retours en arrière et vous risquez de perdre votre lecteur. Si vous avez plus de deux ou trois flashbacks dans votre roman, demandez-vous si vous racontez la bonne histoire. Si ce que vous voulez dire se trouve vraiment dans ces flashbacks, peut-être que c’est cette histoire que vous devriez écrire. Si ce n’est pas le cas, dans la mesure du possible, éviter les retours en arrière.
5. Vos personnages sont plats
Nous ne sommes pas tous des justiciers masqués, des sauveurs de la planète, ou encore des danseurs étoile renommés. Mais personne n’est banal. Chaque personnage de roman possède quelque chose qui le rend spécial, et c’est à vous de le trouver, de creuser pour le faire ressortir. Une petite manie, une habitude, quelque chose qui le rend unique, pas bizarre ou surnaturel, juste quelque chose qui le distingue des autres personnages de la fiction.
6. Il y a trop de points de vue
On peut avoir une multitude de personnages. Mais une multitude de points de vue, c’est plus compliqué. Le lecteur doit pouvoir être en empathie avec le personnage, sentir ce qu’il sent, voir ce qu’il voit, ressentir ses peurs, ses joies.
7. Votre histoire ne se passe nulle part
Le lieu n’est pas aussi important que les personnages et l’intrigue, mais il ne faut pas le négliger. Pour rendre votre action plus convaincante n’hésitez pas à l’agrémenter de détails comme le temps qu’il fait, les odeurs, les sons. Ne vous sentez pas obligés de décrire tous les lieux avec minutie mais parfois, quelques éléments en disent tout autant qu’un dialogue ou une action. Apprenez à ancrez vos personnages de roman dans un « ici et maintenant ».
8. Il y a trop de dialogues
Les dialogues sont des actions et font avancer l’histoire. L’écriture du dialogue correspond rarement à une vraie conversation. Quand on se parle, on s’interrompt, on hésite, on bafouille. Les dialogues de votre roman ne doivent pas regorger des ces particularité orales.
9. Trop d’adjectifs
Georges Simenon raconte qu’il a coupé dans ses oeuvres « les adjectifs, les adverbes, tous les mots qui ne sont là pour créer de l’effet ». Utilisés à mauvais escient, ils affaiblissent les verbes et les noms. Si ce n’est pas clair pour vous, une accumulation d’adjectifs n’aidera pas. Ainsi, si vous avez bien écrit, les adjectifs seront amenés à disparaitre. Si c’est suffisamment clair, le lecteur comprendra sans ces précisions.
10. Les actions sont trop longues
Si cela vous prend plusieurs pages pour déplacer un personnage d’une pièce à une autre, le lecteur risque de perdre patience. Demandez-vous si ces longues descriptions apportent des éléments indispensables à votre récit, sinon, passez à une autre scène.
( D’après Joseph Hansen, The Writer 11/09 Photo : © contrastwerkstatt – Fotolia.com)
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[...] Et pour corriger votre manuscrit, consultez les raisons pour lesquelles il n’a pas été retenu. [...]
Moui,
Faut-il rappeler que des romans sont basés entièrement sur la technique des flash-backs ? de même ce qu’on appelle le romans « chorale » sont relativement fréquents. Quant à ceux où il ne se passe « rien », ils sont légions…
Alors peut-être sont-ce des handicaps pour des auteurs débutants et maitrisant mal ces techniques, mais de là à en faire une explication générale sur « pourquoi tel manuscrit est refusé », je trouve ça un peu simpliste. Et surtout cela n’aura qu’une seule conséquence, standardiser la production littéraire et l’appauvrir dans sa forme et dans son fond…
Toutes les raisons que vous invoquez laissent croire que les manuscrits sont lus par les éditeurs. Or, lisez n’importe quel bouquin sur le sujet, ou bien mettez des pages à l’envers dans votre manuscrit, et vous apprendrez que les éditeurs ne lisent que très peu des manuscrits qu’ils reçoivent. Ils les éliminent, pour la plupart, sur d’autres raisons que celles que vous dites. Cela se joue dans deux ou trois coups d’oeil jetés à la va-vite sur votre oeuvre. Première page, 15 clichés, plus loin, un paragraphe de trois pages, hop, à dégager. Si en plus il est clair que vous ne parlez que de vous (autobiographie, genre littéraire le plus commun et le plus honni), et si par dessus le marché vous n’êtes même pas l’enfant caché ou naturel d’un président de la République, quelle outrecuidance que la vôtre de déranger ces malheureux éditeurs !
C’est vrai que si l’on évoquait le genre littéraire, on peut parler de roman même pour un manuscrit, je retire ma remarque :-)
@Marco
Oui oui on peut toujours redéfinir ce qu’il y a dans le dictionnaire…
Quelqu’un disait je cois, « L’esprit vivifie, la lettre tue »…
Je suis, comme Valérie Huet, pour appeler « Manuscrit » tout texte non encore publié… et « Roman » ce qui l’a été, car il existe quand même un monde entre un texte édité et un texte qui ne l’a pas été.
Bon, et ce maillot dédicacé ? ;-))
@ Florian
Merci pour votre témoignage intéressant !
@ Marco
Je crois malheureusement que ta volonté d’avoir le dernier mot te joue des tours ;-)
En effet, le terme roman ne signifie pas que le texte a été accepté par un éditeur. Il définit uniquement le genre littéraire du texte. Ainsi, d’après le Robert, un roman est « une oeuvre d’imagination en prose, assez longue, qui présente et fait vivre dans un milieu des personnages donnés comme réels, faire connaître leur psychologie, leur destin, leurs aventures. » On ne trouve donc pas là quelconque mention d’une publication.
Et tu peux toujours essayer de faire une allusion footbalistique pour t’en sortir ;-)
Si votre manuscrit n’a pas été retenu, c’est tout simple: les éditeurs français reçoivent 70 000 manuscrits par an. Il y en a sans doute beaucoup de mauvais, mais aussi 2 ou 3 % au moins de très bons ou d’excellents, j’en suis sûr.. Le problème, c’est que les éditeurs ne sont pas vraiment intéressés à publier des livres (c’est leur mission et leur vocation, d’accord, mais…), ils sont, au quotidien et à l’interne, intéressés à vendre des livres. Leurs marges sont faibles, leur situation souvent limite dépôt de bilan, donc ils choisissent (en plus de leurs auteurs maisons et des achats en traduction de titres qui ont bien marché dans d’autres pays et dont ils espèrent qu’ils vont « tirer » le niveau général de leurs ventes vers le haut), quelques titres et auteurs dont ils croient qu’ils vont « marcher ». Ils y réussissent parfois, ils se plantent aussi. En clair, les éditeurs ne peuvent prendre que très peu de risques.
J’ai fait récemment une interview de Mark Coker, fondateur et CEO de la plateforme d’autopublication Smaswhords, qui résume cette situation et met en perspective les enjeux qu’affrontent les éditeurs traditionnels avec l’émergence de l’édition numérique: http://www.florianrochat.com/blog.htm Coker, évidemment, prêche pour sa paroisse, mais il avance tout de même des chiffres qui donnent à réfléchir. Et des arguments intéressants pour les auteurs dont les manuscrits sont refusés….
« L’esprit vivifie, la lettre tue »!
Non Nelly, c’est juste un détail, mais tu sais que j’aime avoir raison ;-)) :
On reprend donc.
Voici le texte:
« Vous avez envoyé votre manuscrit dans toutes les maisons d’édition. Mais rien n’y fait, il vous est sans cesse retourné. Si aucun éditeur n’accepte votre roman, c’est peut-être pour l’une de ces 10 raisons : »
Il serait correct de parler de « manuscrit » et non de « roman », puisqu’on parle d’un texte qui n’a été accepté par aucun éditeur.
Bon WE!
Bonjour,
Je ne suis pas sûr qu’il faille retenir de cet article, qui s’efforce d’aider, une imprécision entre manuscrit et tapuscrit, en le fait qu’un manuscrit n’est pas forcément celui d’un roman…
Il est des journalistes comme des auteurs de manuscrit, tapuscrit, roman et autres genres littéraires… il y a des bons et des moins bons.
Pour moi, modeste éditeur, je ne m’attarde pas sur cette forme mais souscris en grande partie aux raisons de rejet de mana-tapuscrit (puisque ce sont de toute façon les mains qui tapent)
@ Marco
Oulala la mauvaise foi : dans le chapô on parle de manuscrit ET de roman ;-)
Valérie a raison, il aurait été plus précis de parler de « manuscrit au lieu de « roman » dans le texte en gras. Mais bon, ça fait bien longtemps que les « journalistes » ne s’embarrassent plus avec ce genre de détails… :-))
@Valérie
Je pense que tout est dans le chapô du texte : on y parle de roman présenté sous la forme d’un manuscrit (ou plutôt tapuscrit devrait-on dire ;-). Il ne s’agit en rien d’une confusion.
Bonjour,
Ça serait bien si les journalistes d’enviedécrire.com cessaient de confondre manuscrit et roman. Cela ferait avancer la littérature.
Valérie Huet