Pour Ingrid Astier, écrire est une profession de foi

Ecrire, un loisir, un passe-temps, une passion ? Ingrid Astier se dit « vraiment très malheureuse » de cette fausse image de l’écrivain si souvent véhiculée. Pour elle, écrire est un métier très exigeant et sans limites, quasiment une profession de foi. Elle raconte sa journée de travail et donne quelques conseils aux écrivains en devenir.

http://www.dailymotion.com/video/xrz978

 

Cette vidéo a été réalisée dans le cadre du salon du livre de Paris 2012. La table-ronde, organisée par la SGDL sur le thème : « Droits d’auteur et lieux communs, autoportraits de l’auteur au travail », a réuni le 18 mars des auteurs ayant collaboré au recueil publié par la SGDL « Autoportraits de l’auteur au travail » : Ingrid Astier, Sabine Bourgey, Stéphanie Hochet, Dominique Le Brun. Introduction par Sandra Travers de Fautrier. Modération Catherine Pont-Humbert.


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15 thoughts on “Pour Ingrid Astier, écrire est une profession de foi

  1. Marco

    Moi je pense qu’aller à un dîner ou n’importe où d’autre, ça nourrit l’écriture en donnant des idées, en dopant l’inspiration… l’auteur qui reste enfermé chez lui à lire d’autres romans et à écrire, ne sera inspiré que par ce qu’il lit et non par ce qu’il vit, ce qui donne au final les clones que nous connaissons tous…

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  2. candide

    Il n’y a pas de recette miracle qui conviendrait à tous les écrivains en apprentissage. Le titre le souligne bien :  » pour ingrid Astier « … Chacun aura sa propre méthode pour mieux maitriser son écriture.

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  3. Enviedecrire

    @ Marco
    Comme dit Candide, c’est à chacun de trouver sa propre méthode. Ingrid Astier fait seulement part de son expérience qui peut en inspirer plus d’un.

    Nelly

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  4. Ingrid Astier

    @ Marco
    Je préfère affiner ma pensée pour qu’elle ne soit pas trahie : bien loin de moi l’idée de donner des leçons d’écriture, je n’ai fait que partager une expérience personnelle, sans l’ériger en dogme. Il faudrait préciser chaque point de vue pour ne pas le simplifier. L’écriture se nourrit tout autant de lectures que de rencontres. Je passe autant, voire plus de temps sur le terrain, à faire des repérages et m’immerger dans chaque milieu rencontré dans le roman, qu’à écrire.
    Dès lors, l’écriture est loin d’être un système clos. Au contraire, elle m’ouvre à l’altérité et aux différentes façons de penser, pour réduire la distance avec mes personnages et me glisser dans leurs propres réflexes. Un dîner me divertira de l’obsession nécessaire à un roman, voilà tout. Une soirée avec les personnes qui inspirent mes personnages enrichira mon imaginaire. C’est dans la phase d’écriture pure qu’il faut un long face-à-face avec l’écran…

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  5. omicron

    Excellente analyse qui pointe toute la part du travail « laborieux » nécessaire pour trouver le bon mot, la bonne phrase, et, pour un romancier, les éléments techniques d’un décor et de la psychologie des personnages.
    « Un dîner, c’est quatre jours de travail perdu »….
    Eh bien, je viens de perdre deux minutes à me demander si je voulais écrire
    « Un dîner, c’est quatre jours de travail perdus » ou bien
    « Un dîner, c’est quatre jours de travail perdu », ce qui ne veut pas dire la même chose.
    Il faut être malade et aimer l’écriture.
    Oui, c’est un métier.

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  6. Drouin

    Dans cette vidéo, j’aime la ferveur d’Ingrid Astier, sa passion (elle arpente le versant souffrant du mot) dans laquelle on sent que, cet asservissement à l’écriture, à la nécessité de l’écriture, elle en jouit ! Et c’est évidemment la condition sine qua non pour être écrivain : chérir ces chaînes-là !
    Sa rigueur s’apparente assez au naturalisme de Zola. Que la diversité des méthodes amène à celle des résultats (les livres), rien là que de bonne logique ! Pour ma part, je fais confiance au temps, aux aléas qui me font témoin du faussement anodin (externe ou interne) capable de résonner en écriture, de s’y déployer et d’y donner tout son jus.

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  7. Lilith

    Je suis entièrement d’accord avec Marco, vivre c’est stimuler l’inspiration, l’imagination, la création… Et rester enfermé chez soi à lire engendre des clones… Très bonne réflexion. Je pense que l’ecriture commence par une ouverture d’esprit.

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  8. Alain Lasverne

    Oui à la nécessité de la lecture et du travail. Mais l’écrivain qui fait une journée de dix-huit heures, je n’y crois pas. Pour ma part, après au maximum cinq heures d’écriture, je suis sec. Et je passe bien souvent des journées où j’écris une heure ou deux. Parfois, je ne fais rien que reécouter des messages que je m’enregistre comportant des idées, que je rumine. Il faut laisser, de toute façon, du temps à l’esprit pour se remettre à neuf. A moins qu’on soit dans une frénésie qui dure quelques jours, semaines. Je n’y crois pas. L’écriture implique la réécriture, le temps posé sur la page qui donne un autre regard.

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  9. Michel Lovaty

    Je ne suis pas d’accord avec Ingrid. L’écriture doit rester spontanée et non
    devenir une « usine à gaz ». Je suis moi-même écrivain(11 ouvrages publiés que
    j’illustre) et quand je n’ai pas envie d’écrire…je fais autre chose !
    L’écriture,même si on en fait son métier,se doit de rester « intuitive »,d’être avant
    tout une passion. Je me sens incapable de me lever le matin en me disant :
    « je dois écrire ». C’est moi qui décide et moi seul.

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  10. CAROLINE

    Je ne crois pas que Mme Astier passe une journée de 17h à écrire, elle le dit très bien dans a vidéo, qui a du perdre quelques explications au montage, puis dans son commentaire :

    Sa journée est « découpée » en activités différenciées qui vont toutes lui permettre de nourrir son écriture réelle qui ne sera qu’une part de cette journée.
    Lecture, visites sur les lieux qu’elle va utiliser, recherches, rencontres de personnes qui vont nourrir ses personnages et enfin, écriture qui, oui, sera douloureuse ou du moins, laborieuse.

    Merci en tout cas pour ce témoignage.

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