Olivier Cohen, un éditeur branché littérature US

Olivier Cohen a lancé sa maison d’édition en 1991. Depuis, les racines de L’Olivier ont bien poussé. Surtout en matière de littérature américaine contemporaine.

Aller à la pêche peut parfois rapporter gros, surtout quand on est éditeur. C’est ce que pourrait vous raconter Olivier Cohen, fondateur des éditions de l’Olivier (c’était en 1991). Alors qu’il se trouvait aux Etats-Unis avec l’écrivain Raymond Carver, celui-ci l’emmena pêcher le saumon au large de Seattle (Nord-Ouest des Etats-Unis) en compagnie d’un autre auteur, Richard Ford.

Pas pêcheur pour deux sous, il s’est trouvé dans une situation inconfortable, à devoir lutter contre un poisson de 40 livres qui mordait au bout de sa ligne. Sauvé de la noyade par Richard Ford, il finit par réussir à remonter sa prise, tout seul. Une anecdote devenue légendaire là-bas : « Cet épisode a beaucoup fait pour ma reconnaissance aux Etats-Unis, assure Olivier Cohen. Dans le petit monde new-yorkais, j’étais le Frenchie qui avait sorti ce monstre avec Carver et Ford… »

Tractations de plus en plus rudes avec les agents littéraires américains

Déjà éditeur de Carver, et de Bukowski (lorsqu’il était aux éditions du Sagittaire), l’homme va alors se constituer un des plus beaux catalogues de littérature américaine contemporaine : tour à tour, Cormac McCarthy, Jay McInerney, James Salter et Jonathan Franzen vont notamment le rejoindre.

Un succès dont il se félicite, bien évidemment, même si les tractations sont de plus en plus rudes avec les agents littéraires américains. « Vu de France, ce sont des rapaces qui prélèvent 10 ou 15 % des droits de leurs auteurs. Ce n’est pas toujours faux », confirme Olivier Cohen. Le plus dur pour lui ? « Gardez les auteurs », car les avances peuvent parfois atteindre la somme colossale de 100 000 euros. « Uniquement pour de très gros best-sellers », complète l’éditeur, qui raconte avoir parfois besoin de passer par des enchères (la « best offer ») ou la préemption pour emporter la décision.

Venu à l’édition « par hasard »

Heureusement, souligne Olivier Cohen, certains agents restent « sensibles aux stratégies éditoriales »… non sans avoir essayé de tirer sur la corde. Il en va ainsi de McInerney, dont les éditions de L’Olivier ont publié le premier roman en France. « Il est devenu une star du jour au lendemain, explique l’éditeur. A un moment, son agent a demandé que la répartition des droits de ses livres de poche passe de 50/50 à 90/10. Je lui ai fait valoir qu’ils allaient couler ma maison… Ils sont revenus à des taux plus raisonnables. »

Aujourd’hui à la tête d’une « PME qui compte neuf personnes et publie 35 livres par an », Olivier Cohen se dit heureux dans son métier, auquel il dit être venu « par hasard ». Celui qui ne se verrait pour rien au monde à la tête d’une grosse maison d’édition (même s’il a récemment passé dix-huit mois à la direction éditoriale du Seuil…), possède d’ailleurs une vision un peu particulière de son activité : « C’est un métier étrange, conclut-il, qui consiste à dire non toute l’année et, une fois de temps en temps, oui. »

(d’après l’Express)

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