Max Obione : Une nouvelle aventure en écriture !

Image 9Comment se remettre à écrire après avoir publié un livre ? Lentement, parfois difficilement. Dans sa chronique, l’écrivain Max Obione, évoque cette aventure…

D’abord faire mon deuil, le deuil de mon dernier livre, avant d’entamer le suivant. C’est ainsi ! Incapable de mitonner plusieurs fictions en même temps. Puisque mon dernier livre appartient désormais au public, laissons-le accomplir son œuvre d’oubli, m’éloignant progressivement de son univers romanesque.

Une certaine fraîcheur

Scarelife est sorti en mars 2010 pour le salon du livre de Paris. Vivre durant deux ans, le temps de son écriture, la tête envahie de personnages comme un tueur très ambigu et autres fortes figures qui gravitent dans l’histoire, m’a laissé pantois durant quelques mois, après avoir apposé le point final. Il faut un bon laps de temps avant de reprendre mes esprits. C’est à cette condition qu’il m’est possible de retrouver une certaine disponibilité, pour ne pas dire une certaine fraîcheur d’imagination. Depuis mars dernier, le « bruit et la fureur » de mon roman diminuent d’intensité malgré les interviews, les critiques, les signatures, les festivals et les mises en avant diverses. La dernière étant sa sélection, avec 5 autres ouvrages, pour un prix littéraire décerné par des fans de romans policiers ou noirs : le Trophée du meilleur polar francophone de L’association 813, les amis des littératures policières.

Cette envie qui me démange

Aujourd’hui, voici le temps de songer à un nouveau projet, de reprendre le collier, de lancer sur le clavier quelques phrases, de se coltiner une nouvelle intrigue, de créer de nouveaux personnages évoluant dans un environnement inconnu, en un mot : tenter une nouvelle aventure en écriture. C’est ce côté démiurge de la création, ce pouvoir de vie ou de mort sur les personnages qui viennent de nulle part, pouvoir inouï qui est passionnant dans la création littéraire de fiction. Acte complètement gratuit au demeurant car personne n’attend de moi un nouvel opus (la notoriété est fille inaccessible sinon volage), de surcroît rien ne me motive véritablement hormis cette envie indicible d’écrire, cette fameuse envie… ce plaisir solitaire espéré. C’est le moment gris, couleur latente, de la création, celle du doute et de l’incertitude du point de savoir si j’ai encore le souffle pour cette course de fond que constitue l’écriture d’un roman.

Bonne nouvelle

Pour être franc, j’ai commis entre temps quelques nouvelles qui m’accaparent quelques heures, en trois fois, dans un sprint intense. Pour répondre à des commandes ou, parfois, pour participer pour du beurre à des concours de nouvelles. Je n’envoie pas celles-ci mais je tiens à respecter, et le thème et le délai imparti par les organisateurs. C’est le moyen que j’ai trouvé pour vaincre ma procrastination naturelle. Ecrire des nouvelles est toujours un plaisir renouvelé ; ce sont des textes dans lesquels j’expérimente, je lime la phrase pour en voir l’os, je brosse un tableau en trois touches, avec lesquels je varie les approches romanesques.

Je rassemblerai mes nouvelles inédites, ou publiées de-ci delà, dans un nouveau recueil, dont la sortie est programmée en 2011, à l’image de mon premier recueil Balistique du désir, préfacé par Marc Villard, sorti en 2007. Il est fort dommage que ce genre littéraire n’entraîne pas davantage d’engouement auprès du grand public à l’instar des anglo-saxons pour qui la nouvelle est un art majeur. On pourra y revenir, le cas échéant.

Des briques romanesques

En ce moment, j’arpente donc quelques pistes que j’alimente de mes lectures diverses (j’en profite, car je ne lis plus rien en phase d’écriture. Pourquoi ? Le trac sans doute, tout bêtement, l’aquoibonisme face à des ouvrages souvent remarquables…). Je charge mon imaginaire du spectacle de l’actualité qui m’imbibe comme une éponge. Tel un sourcier mental prolongé de sa baguette de coudrier, je cherche une nouvelle histoire encore tapie dans un coin de mon cerveau et que mes rêves ou mes cauchemars tricotent secrètement. Par ailleurs, j’engrange quelques titres qui puissent m’inoculer l’histoire à raconter. Car c’est bien de cela dont il s’agit, raconter des histoires. Et je roule dans ma bouche comme un bonbon acidulé ce qui pourrait être la première phrase, celle après laquelle on peut espérer dérouler 250 pages.

L’étincelle ?

Quant au genre, je ne suis pas tout à fait décidé. J’hésite encore entre un polar qui évoquerait en arrière plan la souffrance sociale des « sans voix », ou un polar jeunesse dont l’enquête se situerait dans les années cinquante (avant l’arrivée de la télévision) me permettant de recycler quelques souvenirs d’enfance.

Un romancier restitue. Ce pouvoir médiumique est son utilité sociale apte à décrypter (malgré lui parfois) le monde qui l’entoure à l’aide de la fiction romanesque. Ceci étant posé, un roman n’est pas un tract. Je revendique la littérature comme un divertissement intelligent, affectionnant celui d’un mauvais genre comme le polar.

« Bon, vous êtes gentils ! Je commence à poncifier, il est bien temps d’aller boire un coup à la santé des lecteurs ! »

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Chaque mois, retrouvez sur enviedecrire.com, une chronique de Max Obione qui nous parle de sa passion de l’écriture.

Si vous avez manqué le reportage vidéo présentant Max Obione : découvrez-le vite ici !

Retrouvez Max Obione sur son blog : ça déblogue un max

Pour découvrir Scarelife, le dernier roman noir de Max Obione, rendez-vous sur : le site Internet des éditions Krakoen.

Découvrez aussi Balistique du désir, le recueil de nouvelles de Max Obione.

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