Qui a le droit d’écrire ?

Martin Winckler (ce nom est un pseudonyme) est « médecin, écrivain et père de famille et il aimerait bien enseigner la médecine à des étudiants de bonne volonté » (c’est lui qui le dit). Son dernier roman Le choeur des femmes a été édité en 2009 chez POL. Ceux qui connaissent Martin Winckler savent déjà qu’il n’a pas la langue dans sa poche. Les autres le découvriront à travers cette chronique :

Longtemps, je me suis demandé si j’avais le « droit » de penser que j’étais écrivain.

« L’écrivain », pensais-je comme beaucoup de monde, « est un être à part. Le statut d’écrivain, on ne le décroche pas comme ça. Faut le mériter. On ne se décrète pas écrivain. Il faut au moins que ça soit décidé par une commission spéciale de l’Académie, ou quelque chose. Il faut que ça soit notoire et écrit dans les journaux. Il faut qu’un type comme Bernard Pivot (autrefois) ou François Busnel (en ce moment) le dise à la télévision en vous lançant un regard énamouré (si vous êtes, mettons, Juliette – pardon, Justine – Lévy) ou déférent (si vous êtes, au hasard, Philippe – pardon, Patrick – Poivre d’Arvor) – « Quand on lit votre livre on sait qu’on a affaire à un écrivain »… Bref, il faut que quelqu’un vous ait estampillé, et que ça ne soit ni votre mère, ni votre moitié, ni votre « gang » de copains/copines. Faut que ce soit O-FFI-CIEL. »

Je ne dirais pas que, quand je pensais ça, j’étais « stupide » (ça voudrait dire que celles ou ceux qui le pensent le sont et que moi, je ne le suis plus) mais je dirai, sans hésiter, qu’on m’avait bourré le mou. A l’école, dans les journaux, à la radio, à la télé. Implicitement, on m’avait fait croire à quelque chose qui n’existe pas : le statut sacré de l’écrivain.

Il n’y a pas de statut sacré de l’écrivain, pas plus que pour les musiciens ou les acteurs ou les peintres. Il y a des personnes qui ont un goût ou des aptitudes pour une expression artistique et qui en font, ou non, un métier. Un de mes meilleurs amis est un pianiste extraordinaire. Mais il joue pratiquement toujours seul (ou avec des amis très proches) et ne donne jamais de concert. Mais il peut passer des heures à travailler une pièce de Schumann ou de Bach. Est-ce qu’il est « moins » musicien qu’un pianiste-concertiste professionnel ? A-t-il « moins le droit » de jouer du piano ? Non. Ce n’est, simplement, pas son métier. Jouer lui donne du plaisir (et en donne à ceux qui l’écoutent, croyez-moi), c’est la seule chose qui importe. Un autre de mes amis est médecin ET auteur-compositeur-interprète. Il joue et enregistre avec d’autres musiciens (qui ont un autre métier, car ça ne nourrit pas…). Et ils ont auto-produit leur premier disque. Vaut-il moins que le disque d’un chanteur publié par une grande maison ? A mes oreilles, non. Ce qu’il fait est beaucoup mieux que tout plein de chansons sans texte ni mélodie qu’on nous balance sur les ondes. Je suis bien content qu’il ne se demande pas s’il « a le droit » de composer et jouer.

Pour l’écriture, c’est encore plus vrai. Il y a plus de gens qui savent lire et écrire que de personnes qui savent lire la musique et en jouer.

Mais il en va de l’écriture comme de la musique : on ne publie pas comme ça, les éditeurs français ont beau être légion, ils reçoivent plus de manuscrits qu’ils ne peuvent en publier (et, si je peux me permettre cette opinion, la plupart en publie beaucoup trop…), ce qui rend la lisibilité de beaucoup de textes problématique. De plus, contrairement aux pays anglo-saxons, on publie peu de textes courts (nouvelles, poésie) en France, ce qui veut dire que ces formes qui, en Amérique ou en Angleterre, sont souvent des bancs d’essai pour nombre d’écrivains, n’existent pas ici.

Depuis quelques années, la possibilité de mettre des textes en ligne, sur un blog ou un site, a changé la donne. Un nombre très important de personnes écrivent et donnent à lire ce qu’elles écrivent.

Mais il faut avoir entendu ou lu ce que beaucoup (trop) de critiques et d’écrivains estampillés disent de l’écriture en ligne et des blogs. Le mépris et la méfiance à leur égard sont malheureusement très répandus en France, beaucoup plus qu’ailleurs. Toujours à cause de l’image sacrée de l’écrivain.

Est-ce que l’écriture en ligne a « moins de valeur » que l’écriture publiée ? Je n’en sais rien et à vrai dire ça ne me soucie pas. Je pense que c’est une question vaine. Et que cette question est significative d’une posture de classe.

Qui aurait donc le droit de dire « ça c’est bon, ça c’est mauvais » ? Sur quels critères ?

J’ai beau être un écrivain publié et lu (il y a des écrivains publiés qui ne le sont pas, et je mesure ma chance), je ne me sens pas de qualité particulière pour dire ce qui est bon ou ne l’est pas. Je peux dire « J’aime ou je n’aime pas, pour telle ou telle raison », mais c’est tout. C’est d’ailleurs ce que je fais pour parler des écrivains que je lis et que je n’aime pas.  Je dis « Je n’aime pas et ça me tombe des mains », « ça m’a ennuyé », ou « c’est pas le genre de littérature qui me transporte ». C’est subjectif, et ça ne concerne que moi. Car si des lecteurs ont aimé ce livre-là (ou aiment cet auteur-là), qui suis-je pour dire qu’ils ont tort ?

Je déteste entendre dire que Maurice Leblanc, qui était l’un des romanciers-feuilletonnistes les plus lus de son époque, « n’écrivait pas bien ». Quand je le lisais, à l’adolescence, j’étais transporté par les aventures d’Arsène Lupin, qui me tenaient éveillé jusqu’au milieu de la nuit. Personne n’a le droit de dire qu’il n’écrivait pas bien, puisque, nom de dieu, il me faisait lire !!!! (Vous entendez l’ogre Winckler rugir, là, j’espère ?)

Etre critique littéraire est un exercice difficile. A mon humble avis, les critiques devraient avoir pour mission de faire lire des textes en expliquant pourquoi (du point de vue du/de la critique) ces textes sont riches et gratifiants à la lecture et peuvent faire le bonheur des personnes qui se risqueront à les lire. Ils ne devraient pas se contenter (comme je l’ai vu faire par plusieurs critiques parlant du Ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis) de résumer le début d’un roman puis de parler des « qualités d’écriture » de l’auteur pour qu’on ne s’aperçoive pas qu’ils ne l’ont pas lu en entier.

Ils ne devraient surtout pas « sacrer » un écrivain avant même que son dernier livre soit disponible comme le digne héritier de Flaubert, Proust ou Marguerite Duras, comme s’il s’agissait de désigner les membres de dynasties ou de lignées aristocratiques. Ils devraient, en bons professionnels, faire leur boulot, c’est à dire donner envie de lire des livres (et donner les clés pour les apprécier) plutôt qu’encenser des auteurs. L’écrivain sacralisé, « autorisé » (aux deux sens du terme) est un pur produit de la pensée la plus bourgeoise.

C’est cette sacralisation, entretenue par une partie de la critique (mais aussi par bon nombre d’enseignants, de journalistes et d’intellectuels auto-proclamés, hélas !) qui entretiennent chez le plus grand nombre l’idée qu’un écrivain est un être rare.

Or, non seulement c’est faux, mais c’est aussi profondément méprisant pour ceux qui écrivent et ne publient pas ou qui publient mais restent dans l’ombre, et qui, tout publiés qu’ils soient, ont un autre métier (ce qui est le cas de l’immense majorité) et ne se sentent pas « sacrés » du tout.

Personnellement, je n’ai pas envie d’être qualifié de sacré. Ca pourrit les relations humaines.

Tout ça pour dire (maintenant que j’ai vidé mon sac) que tout le monde a le droit d’écrire. Certains ont la chance de – ou l’entregent nécessaire pour – être publiés. Est-ce que ça les rend plus « écrivains » que les autres ? Non. Ca les rend seulement plus visibles.

N’oubliez jamais, vous qui lisez ceci, que tous les éditeurs publient des livres pour gagner de l’argent (et c’est bien naturel : comment pourraient-ils publier d’autres livres, sinon ?) et que leurs critères ne sont pas toujours la « qualité littéraire », bien subjective, des textes qu’on leur propose. En matière d’édition, beaucoup d’éditeurs préfèreront toujours le « coup » juteux (comme, je dis ça au hasard, les amours pseudo-autobiographiques d’un président et d’une princesse) au roman disséquant la société au scalpel.

L’écriture est un mouvement ET un travail ET un jeu ET un plaisir ET un casse-tête pour ceux/celles qui s’y adonnent profondément, qu’ils le fassent toute la semaine ou seulement le dimanche. J’ai écrit La maladie de Sachs par épisodes, un chapitre à la fois, quand je n’avais pas de travail urgent (traduction ou article) à remettre, et ça m’a pris cinq ans. A l’époque, je doutais d’être un écrivain. Je me trompais. J’étais déjà un écrivain. Non parce que les muses de l’Olympe s’étaient penchées sur mon berceau, mais parce qu’écrire (ce bouquin ou mon journal ou des chroniques pour Télécâble Hebdo) était ma musique et le clavier, mon instrument. J’écoutais du jazz au casque, et j’avais le sentiment que le phrasé irrégulier de mon clavier faisait écho à celui de Bill Evans ou d’Oscar Peterson. J’ai eu la chance de pouvoir passer pro, puis de faire un livre/disque qui a très très bien marché. Et puis celle de toujours avoir eu des engagements pour donner mes concerts-livres suivants. Ca ne me rend pas un « meilleur écrivain » pour autant. Et puis « meilleur écrivain que qui, d’abord ? »

Retrouvez le blog pour écrivants de Martin Winckler : Chevaliers des touches

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16 thoughts on “Qui a le droit d’écrire ?

  1. tochet

    Bonjour. J’ai écris enfant, dès mes débuts en écriture. Ça ne s’appelait pas écrivain, même pas poète. C’était la nécessité fondamentale. Et j’ai de moins en moins écrit. De 20 à 30 ans, j’ai beaucoup lu et me sentais écrasée par ce que je lisais de Balzac à Cossery, Tchekhov… Que faire après cela? J’avais un ton complètement différent. C’est à 30 ans que j’ai accepté ce ton et l’ai finalement appelé un style.
    Mais, je disais pourtant une chose amusante, peut-être, c’est que j’avais l’ÂME d’un écrivain. Maintenant, j’écris.
    Merci pour votre article.
    Michelle Tochet

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  2. Gilles

    De l’élan dans cet article, du coeur. Le dernier paragraphe m’a fait quelque chose en plus. Il est si facile de se perdre en écriture dans tout ce qui l’enrobe… Ne devrait-on d’ailleurs pas dire plutôt qui la dérobe ? Le titre de cet article ramasse tout cela. Merci à Martin Winckler.

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  3. Lina Carmen

    Merci à Martin Winckler ! C’est très juste toutes les idées qu’il expose et très encourageant pour les « écrivains » comme moi qui publient sur Internent. Alors, finalement, je suis peut-être un écrivain…

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  4. Gisèle MEUNIER

    Merci à Martin Winckler pour cette prise de position très très juste. Il exprime très exactement ce que je pense, ce que je sais, et ce que je ressens en tant qu’AUTEUR, qui galère à chaque envoi d’un nouveau manuscrit. Heureusement les lecteurs sont les meilleurs juges, et sont là pour reconnaître les qualités d’une écrivaine, mal connue.

    Gisèle Meunier

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  5. Émile

    Voilà, un bel article bien construit, avec de la viande autour de l’os. Cependant, ce qui m’inquiète le plus en vous lisant c’est l’éthique (ou la vision) que vous adoptez.

    Le relativisme de vos propos me décourage grandement.

    La validation des écrivains est nécessaire autant pour le lecteur que pour l’écrivain. Étant moi même un jeune étudiant en lettres, je suis fasciné de voir le talent des auteurs classiques et le génie qui se cachait derrière eux. Comme on ne dispose pas de l’argument temporel et du recul que nous offre le temps pour juger des oeuvres contemporaine, on ne peut que tenter selon notre connaissance de la littérature et selon certains critères de valider ou d’invalider les oeuvres produites. Ce système est là pour donner la mesure de ce que nous croyons que l’histoire devrait retenir et qui nous correspond en tant qu’époque.

    Je crois autant au génie qu’à la stupidité, autant à l’art qu’à la fumisterie. Tout cela existe et je ne veux pas que ce soit la quantité de lecteur (surtout pas d’acheteur) qui distingue l’un de l’autre. D’ailleurs, on ne se gêne pas pour dire qu’un joueur de foot a mal jouer ou non, c’est la même chose pour un écrivain. Lui aussi peut mal jouer.

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  6. Martin Winckler

    Relativisme. Bien sûr que c’est relatif. Je vis à Montréal. Les « critères de qualité » de l’écriture ne sont pas les mêmes ici qu’en France. Je lis des écrivains qui seraient (et ont été) refusés par des éditeurs français parce que leur prose « ne correspondait pas à la sensibilité française ». Ca veut dire quoi ? Rien du tout. C’est purement subjectif. La « validation » dont vous parlez est un mythe. Il y a des éditeurs qui prennent des risques avec des textes, d’autres pas. Est-ce que ça valide le texte d’être choisi par un éditeur ? JE NE CROIS PAS. C’est cela que je dis. Sinon, un certain nombre de tête d’affiches publiées et qui écrivent de la merde sont des écrivains de valeur et alors, si vous croyez ça, autant laisser tomber l’écriture. Oui, nous avons besoin d’être « validés » en étant publiés, mais est-ce que ça fait de nous des écrivains plus que le fait d’écrire sur un blog personnel ? Non. Ce qui fait que nous sommes écrivains, c’est que nous passons du temps, beaucoup de temps, à écrire. Et à écrire pour dire en espérant être et en étant lu. J’aurai toujours plus de plaisir à lire le blog de celui ou celle qui n’attend pas d’être publié et écrit quand même que de lire les lamentations de celui ou celle qui dit « j’ai pas trouvé d’éditeur le système est pourri ». Je trouve la possibilité d’écrire et de publier en ligne, sans intermédiaire, extraordinaire et inestimable. Ceux qui vivaient il y a seulement vingt ans et ceux qui vivent dans des pays où l’internet n’existe pas ou n’est pas accessible n’ont pas cette chance-là. Alors, ne crachons pas sur cette chance. Il y a des bloggers extraordinaires, comme il y a dans les rues ou dans les cafés des musiciens extraordinaires. Lisons-les, écoutons-les. S’arrêter devant eux pour les lire ou les écouter, c’est déjà énorme. Sinon, pourquoi prendraient-ils la peine de se tenir debout dans le froid pour nous raconter leurs salades ?

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  7. jean-louis latsague

    Quand mes petits-enfants, rassemblés en rond autour de PapyLoup, écoutent bouche ouverte les aventures des hérissons échappés des griffes de Dame Martre, je ne me pose pas la question. Je sais que je leur offre du rêve, le bonheur est partagé. Quand j’envoie un « coup de gueule » sous forme d’épitre aux politiques, je me moque bien de savoir si je suis « considéré » comme écrivain, gratteur de ce que voudrez ou autre chose. C’est un cri du coeur, tout simplement. Il y a longtemps, des amis m’ont poussé – à mon corps défendant – dans des concours littéraires. A la troisième distinction, j’ai cessé de participer … mon avis m’importe bien plus, en terme d’authenticité – que toutes les coupes, 1er prix et autres récompenses. Attention, je ne crache pas dans la soupe, je dis simplement qu’il y a un monde, que dis-je, des galaxies lointaines entre la perception que les lecteurs potentiels pourraient avoir de moi et l

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  8. jean-louis latsague

    Le jugement de « ceux qui savent » ne vaut pas le murmure d’approbation de mes petits-enfants. Si je peux offrir de moi-même, sous la forme d’une nouvelle pour un anniversaire ou d’une petite toile à accrocher dans le couloir, je suis le plus heureux. Qu’est-ce qui est important ? D’être heureux et de le partager ou de monter sur la scène ? Certes, on peut aussi monter sur le tabouret pour un enregistrement et être en parfait accord avec soi-même. Ecrire est un cri du coeur, une traduction d’un rêve, un épisode amusant, une tranche de vie, c’est tout cela à la fois et s’il faut hésiter devant la dénimonation, je dis simplement que j’écris. A chacun de se faire un avis.
    Merci Martin, les modes passent mais le coeur est toujours vivant.

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  9. Paul

    Il y a en chacun de nous une part d’écrivain. Certains la développent, d’autres l’enfouissent. Mais c’est dans la nature de l’être humain de communiquer, raconter, témoigner. Chacun le fait à sa manière, avec plus ou moins de réussite.
    Cette phrase sonne particulièrement juste : « Il n’y a pas de statut sacré de l’écrivain, pas plus que pour les musiciens ou les acteurs ou les peintres. »
    Un grand merci pour cet article!

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  10. Frédérique MARTIN

    Chapeau Monsieur Winckler. Voilà une chronique qui suscite légitimement bien des réactions. Je remets ici la référence à un livre de Nathalie Heinich :  » Être écrivain » dont la lecture a été déterminante à une époqie où je me posais moi aussi la question de ma légitimité et de mon identité.

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  11. Christian Massé

    C’est d’abord un acte solitaire. Et s’il ne devient pas…solidaire, il n’a pas de sens….Albert Camus avait bien médité sur cette dualité solitaire-solidaire…

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  12. Collart Michel

    Merci Monsieur Martin Winckler, vous écrivez tellement mieux que moi ce que je pense, en tant qu’écriblogueur. Je ne sais pas qui a le droit d’écrire… mais en ce qui vous concerne, en tout cas, la question ne se pose pas !

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  13. Chris

    Bonjour, Merci pour ce billet. Il est tellement juste sur le fond. Je suis écrivain, j’écris minimum 1 heure par jour, minimum, car parfois je trouve le temps d’écrire 4 h et plus. Être un écrivain, c’est écrire, je suis d;accord. C’est regarder la vie, les gens, la société et les événements comme une matière à écrire. C’est se dire : comment j’écrirais ce que je viens de voir, ce que je viens de vivre ou ce que quelqu’un d’autre vient de vivre… Comment je le mettrais en mots, le construirait en phrases, comme d’autres le font en peinture, en musique ou en film… Écrire c’est porté ce regard, c’est vivre avec cet oeil là sur le monde autour de nous. C’est une activté quotidienne bien loin du livre publier, même si parfois ce que l’on a écrit finit en papier ou en numérique. Excellente journée à tous et bonne écriture,

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  14. sophie

    Monsieur Winkler, toute cette magnifique démonstration de tolérance contredite en une seule expression issue de votre réponse à Emile: « Un certain nombre…qui écrivent de la merde » Voilà un acte manqué fort intéressant… 😉

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  15. VICTOR Martial

    Bon… j’ai plus d’un métro de retard en écrivant ces quelques mots… M’en fout, j’irai faire un tour sur le blog de Martin Winkler tout de suite après. Evidemment je suis touché par ce que dit Martin sur l’écriture. Son approche me « séduit » comme m’avait séduit le film tiré de son roman « la maladie de Sachs » que je me suis pris en pleine gueule comme on prend un un crochet gauche sans le voir venir quand l’oeil directeur n’est pas dans le bon axe! J’utilise cette métaphore de la boxe car en ce qui me concerne je considère l’écriture comme un combat, contre un adversaire redoutable qui nous fait douter sans cesse,qui n’a de cesse de nous mettre à distance pour mieux nous atteindre quant le geste et la pensée fusionnent parfaitement. Le geste d’écrire prend alors tout son sens. Et quand on se sent touché, profondément, durablement, quand l’émotion que procure le geste est plus fort que l’objectif que l’on s’est assigné en posant son cul sur une chaise, alors on peut sentir un frisson nous dévaler l’échine. Mais bon… l’écriture je ne pense pas non plus que ça doive rester de l’onanisme (ou branlette pour les puristes)… Quand je lis un roman, une nouvelle, un poème, quand après avoir » épluché » la totalité de l’oeuvre d’un romancier (j’avoue humblement m’identifier plus facilement à un homme qu’à une femme) j’ai la sensation de percevoir un peu de son intimité, de partager son humaine altérité. Je suis heureux et je me sens dans le même temps profondément troublé. La fin d’un livre sonne pour moi comme un abandon… je me sens orphelin, comme brutalement sevré et privé de ce qui me donnait de l’énergie durant ma lecture. Alors oui quand même j’aime l’idée qu’un écrivain, puisse avoir une tribune devant laquelle il puisse défendre son écriture devant le plus grand nombre. Comme le boxeur qui met son corps, son désir et son art en jeux à chaque combat. Qu’il reste confidentiel n’est pas en soi un problème… mais lorsque sa vision du monde en fait rêver le plus grand nombre… quel kiff ça doit être!

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  16. Saya

    Je me disais que je serai vraiment écrivain si je publiais un livre. C’est arrivé et je ne sentais pas plus légitime. J’ai repoussé le titre. Après deux ou trois livres, peut-être me sentirai-je écrivain, me disais-je. Toujours pas. Je repousse à chaque parution, comme un idéal impossible à atteindre. Avec votre texte, je me comprends mieux. Je le suis sans doute depuis toujours, sans m’en accorder le droit de l être, à cause de cette illusion de l écrivain sacré. Merci, Monsieur l ecrivain.

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