Les secrets d’écrivain de Véronique Ovaldé

Véronique Ovaldé est née en 1972. Elle a publié en 2000 son premier roman qui prend la forme d’un conte pour adultes : Le sommeil des poissons (Seuil). Son septième roman Ce que je sais de Vera Candida (éd. de l’Olivier), paru en 2009, a reçu le prix Renaudot des lycéens, le prix France Télévisions et le grand prix des lectrices de Elle. A la rentrée littéraire de septembre 2013 Véronique Ovaldé a publié un nouveau roman : La grâce des brigands (éd. de l’Olivier). Elle s’est confié sur sa vie d’écrivain au magazine français Lire :

(…) Comment naît un roman de Véronique Ovaldé ?
Ce qui vient en premier ce sont des images. Pour la Grâce des brigands par exemple, j’ai tout de suite vu cette femme à Santa Monica, qui boit sa sangria en regardant le Pacifique. J’ai cette image, et tout de suite son nom me vient. Je me rends compte d’ailleurs que la majorité de mes romans commencent par le nom d’un personnage. Puis je la décris – un peu, parce que parfois je ne décris pas du tout mes personnages – , j’en livre une vague silhouette. C’est ce nom qui s’incarne tout à coup. Et à partir de là, je bâtis une trajectoire. (…) ce que je trouve intéressant dans une vie, ce sont les accidents, toutes ces choses fortuites, ces fourvoiements, qui vont orienter notre chemin sans qu’on sache trop comment.

La rédaction d’un roman est-elle aussi ponctuée d’accidents ou suit-elle un plan ?
Je n’ai pas vraiment de plan. Ce texte, par exemple, commence en 1989, avant de revenir sur la vie de Maria Christina Väätonen et de ses parents – ce qu’on appelle la « préhistoire väätonienne ». Comment elle est devenue la vilaine sœur, cette femme qui vit à Santa Monica dans une solitude choisie et assez agréable ? Alors je reconstruis son destin, mais je ne sais pas exactement ce qui va se passer pour elle. Oui, le roman est une succession d’accidents. Il arrive tout un tas de choses qui font que je vais moi-même être surprise de ce qui va se passer à la page d’après. Je connais seulement la fin, mais c’est plus une destination, un point de fuite. Et c’est amusant de ne pas savoir comment je vais faire pour y arriver.

Jamais de blocage devant la page blanche ?
Au début vous tâtonnez beaucoup. Il y a des choses qui viennent, mais vous ne savez pas du tout si vous allez garder ce début-là. C’est une moment d’une extrême intranquillité. Et à un moment, vous savez que le livre tient la route. C’est un peu comme lorsque vous avez « passé la barre » au surf, et que vous êtes du bon côté. Là, c’est bon, c’est parfait, la mer est plane et vous pouvez avancer plus vite. il y a une espèce d’exaltation, et vous n’avez plus qu’une envie, c’est d’y retourner.

Vous écrivez la nuit également ?
J’écris la plupart du temps très tôt, après avoir dormi un peu, vers 5 heures du matin. C’est le moment que je préfère, car il y a une sorte d’isolement absolu, de silence et de solitude merveilleux. En journée, je ne peux pas m’empêcher de faire des pauses, de regarder mes mails de temps en temps. alors que la nuit, j’ai ma petite lumière, mon thé brûlant, et je suis dans une concentration extrême, puisque je viens de me réveiller. L’un des plus beaux moments d’écriture, pour moi, c’est ça. En plus, c’est une heure où tout le monde dort, là, pas loin. J’adore ce sentiment d’être le seul œil ouvert de la maison.

Suivez-vous des routines quand vous écrivez ?
Pas tant que ça. Je sais qu’il y a des gens qui ont plein de petits rites. Moi-même, j’ai dans ma vie plein de rites, mais pas vraiment en lien avec l’écriture. Je peux écrire un peu n’importe où, du moment qu’il y a du silence. Parce qu’il faut du silence, c’est même un vrai problème, parce qu’il peut être compliqué de trouver du silence ! La seule solution, dans ce cas-là, ce sont les boules Quiès…

Retrouvez l’intégralité de l’entretien de Véronique Ovaldé avec Julien Bisson dans l’édition de septembre du magazine français Lire.
Découvrez un extrait du dernier roman de Véronique Ovaldé : La grâce des brigands

 

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