Les secrets d’écrivain de Jean Vautrin

Jean VautrinJean Herman, dit Jean Vautrin, est un écrivain, réalisateur de cinéma, scénariste et dialoguiste français, né en 1933 et décédé le 16 juin 2015. Il a exercé durant plusieurs années dans le cinéma sous son vrai nom avant d’adopter son nom de plume en littérature. Il a gagné en notoriété comme auteur de roman policier au cours des années 1970, avec Billy-Ze-Kick ou Bloody Mary. En 1987, avec l’écrivain Dan Franck, il crée un personnage de reporter photographe au grand cœur surnommé Boro (dont le modèle est Robert Capa), dont les aventures, situées dans les années 1930, sont racontées dans la série de romans intitulée Les Aventures de Boro, reporter photographe. Un grand pas vers le bon Dieu lui vaut en 1989, la consécration du prix Goncourt.
Dans une interview réalisée par le blog littexpress en 2008, Jean Vautrin parlait de sa relation à l’écriture :

Vous vous êtes essayé à tous les genres : roman, nouvelle, album… ; quel est celui qui vous a le plus intéressé ? Pourquoi ?
Je crois qu’il ne faut pas considérer les choses comme ça. Plus que des essais et des erreurs, c’est un itinéraire, c’est une manière de vivre où tout se conjugue et tout se confond. La finalité, c’est l’écriture bien sûr. J’ai toujours eu une grande liberté. Finalement cela avance en vertu d’une espèce de cohérence et je ne suis pas dans la démarche de quelqu’un qui se dit : « je vais essayer ceci, je vais essayer cela ». C’était à ma portée et cela correspond à mon regard composite, à la fois fait d’images, de rencontres… Je le prends comme ça vient, j’ai parfois envie d’écrire un roman, ou une nouvelle…C’est une question de liberté.

Est-ce que le prix Goncourt a changé quelque chose pour vous ? Vous a-t-il motivé pour continuer ? a-t-il changé votre façon d’écrire ou votre façon de voir les choses ?
Oui bien sûr, ça change les tirages, d’abord ! Il faut bien le dire ! Sans compter que j’ai obtenu le même jour le Prix Goncourt et le Prix Goncourt des Lycéens ; on est un peu reine d’un jour, en fait. C’est vrai qu’on passe une année entière à voyager. On a brusquement l’impression qu’on pourrait devenir quelqu’un d’important, ce qui bien sûr est faux ! Mais il n’empêche que ça a été un grand tremblement dans ma vie, je ne pensais pas que ce serait si important, pour moi et pour les miens. Cela m’a permis de débloquer des fonds pour créer un centre pour les handicapés. Mais cela n’a rien changé à mon écriture. Ecrire reste pour moi un besoin.

Avez-vous été influencé dans votre écriture par des auteurs en particulier ? Quelles ont été vos influences ?
J’ai eu des lectures, étant enfant, qui m’ont marqué. De mon temps, on lisait systématiquement les classiques pour enfants comme Dumas, les romans-feuilletons, Arsène Lupin, M. Leblanc, tout cela m’a émerveillé quand j’étais jeune. Plus tard, il a plutôt été question de gens comme Maupassant, des raconteurs d’histoires. J’ai aussi était séduit assez vite par des préoccupations sociales, par Victor Hugo. Et puis pas forcément des artistes officiels, non plus. Et plus tard, il y a les gens comme Céline, Queneau qui sont devenus brusquement des maîtres à penser. Ce sont des gens qui m’ont appris à penser un peu mieux peut-être, à m’installer dans mes meubles, passé le moment de l’influence pure et de l’admiration béate. Il y a eu beaucoup d’écrivains américains également, Dos Passos, Faulkner, pour le lyrisme, pour l’ampleur. Et puis des gens comme Salinger. Ce sont des rencontres importantes.

Votre littérature est dite sociale, vos personnages viennent de la rue, des banlieues, sont des écorchés, pourquoi ces thèmes et ces personnages récurrents ?
Oui, je suis du côté des bancroches, c’est évident. C’est un parti pris. Quand j’étais gamin, j’étais comme ça, j’étais toujours avec les plus faibles, ça m’est resté. Je crois que c’est une bonne attitude, je n’aime pas les gens qui se mettent du côté des costauds. Je crois qu’il faut être rebelle dans la vie, c’est un atout supplémentaire. Je crois qu’un écrivain doit être un écrivain engagé. Si j’ai écrit du polar c’est parce que c’est un espace engagé. Dans les années 70, avec d’autres, on a créé le néo-polar qui était revendicatif dans le sens où la littérature française s’égarait dans les cols blancs, vers les sentiers bourgeois, et nous, on n’en avait pas envie. On avait envie de revendiquer des libertés enfouies, on avait envie de dire que les HLM c’étaient des ghettos et on avait raison. On ne nous a pas assez donné raison, à mon avis.
(biographie : wikipedia, photo : sipa)

Vous pouvez retrouver l’interview entière sur le blog littexpress

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