Les secrets d’écrivain de James Salter

Né en 19james salter photo25, l’ancien pilote de guerre et journaliste James Salter publie le roman Et rien d’autre (ed : L’Olivier, 2014). Ce livre raconte la vie d’un éditeur new-yorkais appelé Philip Bowman, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 80. L’occasion pour l’auteur, considéré comme l’un des plus grand écrivains de la fiction américaine moderne, de retrouver ses thèmes favoris, tels la vie conjugale et la nostalgie.

Comment écrivez-vous ?
Je frotte les mots, les observe et les décortique. Ce que j’aime, c’est trouver le meilleur mot possible. La réécriture est l’une des parties du travail que je préfère.

Quelle importance accordez-vous aux dialogues ?
Dans beaucoup de livres, ils ne sont pas intéressants car pauvres. J’apprécie les dialogues qui ont une raison d’être, qui disent vraiment quelque chose. Le dialogue est un élément de révélation : quelques mots peuvent en dire long sur un personnage. Dans son livre Bangkok, l’écrivain américain Dave Eggers a très bien illustré cette idée. A un moment charnière du livre, la femme dit à l’homme : « Dis-moi quelque chose, Chris ». Ce nom est doux, plus courant que le surnom Hollis attribué à cet homme auparavant. Ce changement donne alors aux lecteurs une nouvelle idée du personnage, de la femme et de leur relation.

Que pensez-vous de l’adage « écrivez sur ce que vous savez » ?
Tout ce que vous savez, personne d’autre ne le sait, et tout ce que vous imaginez n’appartient qu’à vous. Ce que vous écrivez jaillit de cela, au sens le plus strict comme le plus profond. Vous pouvez écrire sur d’autres personnes et sur leurs idées sans les avoir vécues, mais votre perception de ces éléments est approfondie par vos propres expériences.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune écrivain ?
N’écrivez pas quelque chose que les lecteurs vont reconnaître et accepter. Ecrivez quelque chose qui va surprendre, qui soit complètement différent de leurs idées et qui va les changer. Soyez brefs, lucides, clairs. L’écriture est un effort continu. Vous devez trouver les bons mots, jusqu’à être sûr que vous ne pouvez pas faire mieux. Vous savez alors si vous tenez quelque chose ou non. Et n’ayez pas peur de la lenteur : elle crée l’intimité, l’implication.

(Sources : Esquire, Guernicamag, The Millions, Huffington Post, Utexas ; Crédit photo : die Zeit )

 

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