Les secrets d’écrivain de Douglas Kennedy

Douglas Kennedy, né en 1955 à New York, est un écrivain américain. L’attrait de ses romans, outre leur suspense et la vérité de leurs personnages, réside surtout dans leur éternel questionnement, que ce soit sur l’Amérique bien-pensante, sur l’Humanité, sur les relations entre hommes et femmes, ou encore sur l’Art. Pour la première fois, il vient de publier un recueil de nouvelles : Murmurer à l’oreille des femmes (Belfond, 2014).

Somerset Maugham disait qu’il y avait trois règles fondamentales pour écrire un bon roman… mais que personne ne les connaît ! Moi, je n’en ai qu’une : j’écris 500 mots tous les jours, six jours sur sept. Au bout d’un an, vous avez un roman. Et pour cela, je me lève à 5 h 45 le matin. A 6 h 15, je m’installe à mon bureau après avoir bu plusieurs cafés. J’ai l’angoisse au ventre. Mais si on est un écrivain, on vit en permanence dans l’angoisse. La peur est fondamentale : si on ne l’éprouve pas, on ne peut rien écrire de bon. C’est un sentiment qui fait partie du processus de création. La discipline permet de la surmonter. Et je m’astreins à écrire mes 500 mots chaque jour avant de m’accorder d’autres activités, comme aller au cinéma ou flâner, ou boire un verre avec des amis.
Cela va à l’encontre de l’idée très romantique que l’artiste ne doit créer que sous le coup de l’inspiration, après quelques verres d’absinthe mais, pour moi, un vrai écrivain doit avoir une discipline. Sans elle, pas d’art, pas de roman. Bien sûr, il y a des jours où l’inspiration est plus forte…

Ce n’est pas un peu fastidieux ?
Si. Et alors ? Tous les matins, je me dis: « Oh, merde, pourquoi m’infliger ça ? » Et puis je me dis: « Bon, ça va, arrête de geindre. Maintenant, tu commences. » Je pense que la discipline est fondamentale si l’on veut vraiment écrire: il ne suffit pas d’avoir l’idée d’un roman, il faut l’écrire. Et le terminer. Et c’est à l’école, à New York, que j’ai appris cette discipline.

C’est la première fois que vous publiez un recueil de nouvelles. Quel rapport avez-vous avec cette forme d’écriture ?
Un roman correspond à deux ans de ma vie, c’est comme un mariage. Une nouvelle c’est plus comme une liaison. Mais c’est une forme d’écriture très intéressante et exigeante.

Vos livres sont-ils autobiographiques ?
Il y a toujours des éléments personnels dans tous mes romans et oui, j’ai emprunté certains détails privés. Mais j’ai de l’imagination et j’adore inventer des histoires. Tous les auteurs ont toujours des thèmes et des préoccupations dans leurs livres qui reflètent ce qu’ils ont vécu, ce qui les a fait souffrir et ce qui les préoccupe sur la condition humaine.

Connaissez-vous déjà la fin de votre roman quand vous commencez à l’écrire ?
La plupart du temps j’ai une idée du début et de la fin. Tout le reste arrive durant le processus d’écriture.

Quelle est la fonction d’un écrivain, selon vous ?
Pour moi, elle est double : un écrivain doit d’abord écrire des histoires pour les lecteurs; mais il doit mettre dans ces histoires les tensions et les inquiétudes de la vie moderne. Un écrivain doit critiquer la société dans laquelle il vit. C’est ce que j’ai essayé de faire avec le New York des années fric dans L’homme qui voulait vivre sa vie, ou le New York des années McCarthy dans La poursuite du bonheur, et avec l’Amérique post-11 Septembre dans Les charmes discrets de la vie conjugale… C’est pourquoi la peur est omniprésente dans La femme du Ve.

Un conseil à celles qui souhaiteraient se lancer dans l’écriture ?
Continuez et sachez que tous les écrivains (même les plus célèbres) ont des doutes sur leurs travaux. Le doute est un compagnon constant quand on écrit, mais il faut savoir jongler entre les doutes, les surmonter, les accepter comme s’ils étaient de bruyants voisins qui essaieront toujours de vous embêter.

(Sources : metronews.fr, lire.fr, elle.fr, arte.tv)

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