Les secrets d’écrivain de David Foenkinos

 Né en 1974, David Foenkinos est l’auteur d’une dizaine de romans et d’une pièce de théâtre. il a obtenu le Prix Roger-Nimier avec son roman Le Potentiel érotique de ma femme (Gallimard, 2004). La Délicatesse (Gallimard, 2009) s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires et a obtenu le Prix des Dunes. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de pays. 

Vous souvenez-vous comment vous est venue l’envie d’écrire ?
J’ai eu un moment charnière dans ma vie. A 16 ans, j’ai été gravement malade, j’ai dû être opéré du cœur et j’ai passé de longs mois à l’hôpital. Je ne suis pas issu d’une famille littéraire, je n’aimais pas spécialement lire, écrire encore moins. Mais après cette opération, j’ai été transfiguré. Parce que j’ai été proche de la mort. Je me suis mis à lire, à faire des études de musique, à m’intéresser à la peinture. Ça a développé en moi un rapport sensible aux choses. J’ai commencé à écrire des lettres, puis des nouvelles et, sans me rendre compte, c’est devenu plus qu’une passion, une obsession.

Comment êtes-vous devenu écrivain ?
J’étais un adolescent romantique, le genre effrayant, qui suit les filles dans la rue, qui écrit des lettres d’amour : c’est comme ça que j’ai commencé à écrire. J’ai travaillé l’écriture de la même manière que lorsque j’apprenais la guitare : en travaillant mes accords. Je ne crois pas que l’on puisse dire que l’on devient écrivain. Mais en même temps, je ne peux pas dire non plus : « Tiens, je suis né écrivain ! » Ça n’est pas vraiment un choix, plutôt une nécessité. Mais très pragmatiquement, le seul conseil que je donne habituellement aux gens qui veulent être publiés, c’est de mettre le nom d’un éditeur précis sur l’enveloppe. J’avais envoyé mon manuscrit chez Gallimard à l’attention de Jean-Marie Laclavetine, qui a édité Pennac, car je pensais qu’il pourrait apprécier ce que j’écrivais. Il a mis du temps à le lire… mais ça a finalement marché !

Dans quel état écrivez-vous ?
Quand je travaille sur un roman, j’y suis 24 heures sur 24. J’ai un rapport un peu obsessionnel et fou avec mon histoire. Il y a toujours une partie de ma tête qui avance, même la nuit. La délicatesse, c’est une histoire qui vivait en moi de manière inconsciente, comme si elle était déjà écrite quelque part. Comme mes livres sont centrés sur les détails, je dois être très observateur. J’aime bien décortiquer les moments, me demander ce qu’il y a d’intéressant dans chaque instant. Alors, je prends des notes tout le temps dans un petit carnet. J’adore écrire dans les trains, les hôtels, n’importe où, pour être libre dans ma tête.

Un travail en musique ou en silence ?
Je n’ai pas de rite précis, mais j’écris plutôt en musique. Schubert, Brahms ou Air, qui ont en commun de ne pas être trop encombrants au niveau rythmique. Etrangement, j’ai tendance à écrire avec de moins en moins de musique.

Est-ce qu’il vous arrive de rire de vos trouvailles ?
Non, pas tellement… Mais je suis heureux quand je trouve quelque chose de drôle. Ecrire, c’est une montagne russe. Il y a des jours où je suis content de ce que j’ai fait. Et d’autres moments où je suis désespéré. Rien n’est jamais acquis. Ce n’est pas parce que j’ai écrit dix romans que je me sens capable de faire le suivant.

Pensez-vous au lecteur quand vous écrivez ?
C’est très difficile quand on est seul, quand on est perdu dans un roman, quand on est dedans pendant des mois et des mois de se demander comment va réagir le lecteur. Je pense au lecteur, mais pas tout le temps, pas forcément pour lui plaire, pas pour aller le chercher… Mais je fais partie des écrivains qui aiment avoir des lecteurs. J’ai donc le souci qu’ils aient envie de lire le livre.

J’ai mis toute ma vie au service de l’écriture. (…), je fais souvent des signatures, des gens viennent me voir et me disent « moi aussi j’écris, mais je n’ai pas le temps… ». Je pense que quand on est obsédé par l’écriture, on trouve le temps et ce n’est pas parce qu’une personne a subitement du temps dans sa vie qu’elle va se dire qu’elle va se mettre à écrire. Quand on la nécessité d’écrire, on dégage du temps, quitte à faire des sacrifices.

(Sources : migrosmagazine.ch, evene.lefigaro.fr, parutions.com, mandor.fr)

Partagez cet article

One thought on “Les secrets d’écrivain de David Foenkinos

  1. marcel

    Bonjour
    « moi aussi j’écris, mais je n’ai pas le temps… » c’est malheureusement une des excuses les plus courantes à ne rien faire et pas que pour l’écriture…

    Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.