Les grands éditeurs doivent-ils se lancer dans l’autoédition ?

La maison d’édition Penguin Group franchit ce pas pour suivre la tendance et préserver sa position dominante sur le marché de l’édition numérique. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

Surfer sur la vogue de l’autoédition numérique et miser sur le prestige de la marque pour séduire. Tels semblent être les derniers enseignements tirés par Penguin Group. La branche américaine de la maison d’édition Penguin vient en effet de lancer son propre service d’autoédition numérique, en partenariat avec le site communautaire Book Country, sa filiale spécialiste du créneau. Pour une somme allant de 99 $ (75 euros) à 549 $ (410 euros), selon les options que l’écrivain choisit, les deux entreprises aident ainsi ce dernier à publier son livre en version numérique (avec service d’impression à la demande). Cible prioritaire de Penguin Group ? Les auteurs débutants qui, pour la plupart, n’ont pas (encore) trouvé de maison d’édition.

Sur le principe, l’initiative peut sembler moins pire que le système d’édition à compte d’auteur : l’écrivain qui opte pour cette solution bénéficie peu ou prou du prestige lié à Penguin et, assure ce dernier, d’un « service plus professionnel et plus complet que celui de ses concurrents ». En retour, l’éditeur peut espérer, comme il le revendique lui-même, « conforter sa position dominante sur le marché de l’édition numérique ».

Des contours encore flous

Néanmoins, à y regarder de plus près, la situation n’est peut-être pas aussi rose qu’il y paraît… D’abord pour les écrivains. Comme le révèle le site Internet digitalbookworld.com, les contours du service restent encore très flous sur plusieurs points. Entre autres, le soutien marketing dont il va bénéficier et, surtout, la question du montant des droits d’auteur pour ses utilisateurs.

Mais l’avenir de la maison d’édition, ou plutôt de son image de marque, suscite aussi quelques inquiétudes. « Je pense que la décision de Penguin Group est douteuse », estime par exemple Harry Bingham dans les colonnes du Guardian. « Je n’ai aucun préjugé contre l’autoédition, confie encore cet écrivain britannique à succès, qui dirige aussi un cabinet de conseil pour éditeurs. Mais je pense que les grandes maisons d’édition doivent leur réputation à leur tradition d’excellence éditoriale. Or, dès que l’on commence à brouiller les lignes et à suggérer que tout est affaire de marketing, on risque de remettre en cause ces valeurs et de nuire gravement à cette réputation. »

(d’après ActuaLitté, digitalbookworld.com et The Guardian)

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