Les écrivains québécois vivent (très) mal de leur plume

Au Québec comme en France, les temps sont toujours aussi durs pour les écrivains. La solution ? Avoir un autre emploi et ne pas consacrer trop de temps à l’écriture.

Huit ans après la première étude sur le sujet, le constat est toujours le même pour les écrivains québécois : comme partout ailleurs, il reste très difficile de vivre uniquement de l’écriture. C’est ce que montre l’enquête publiée dernièrement par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ).

Selon elle, deux tiers des 1510 auteurs que compte la province ont perçu moins de 5 000 dollars canadiens (CAD), soit environ 3 550 euros, en 2008 pour leur travail de création littéraire. A l’opposé, une trentaine d’écrivains seulement ont reçu plus de 60 000 CAD (42 750 €). Le revenu médian (ndlr : c’est-à-dire touché par la moitié des personnes interrogées) s’établit lui à 2 450 CAD (1 750 €).

« La grande majorité des écrivains paient pour écrire »

« Il ressort de ce deuxième portrait approfondi des conditions de pratique de la profession littéraire au Québec qu’écrire est autant, sinon plus, une vocation qu’une profession, commente Pierre-Etienne Paradis, webmestre du blog d’infos culturelles québécois patwhite.com. À la limite, on pourrait presque dire que la grande majorité des écrivains professionnels paient pour écrire… »

Et, de fait, la plupart des écrivains professionnels québécois (c’est-à-dire ceux qui ont déjà publié deux livres) cumule son travail d’écriture avec un autre emploi. Comme le souligne l’étude de l’OCCQ, cela leur permet d’obtenir un revenu médian bien supérieur à celui du reste de la population québécoise : autour de 39 000 CAD, soit 28 100 €, contre 30 000 CAD (21 8000 €).

Plus on passe de temps à écrire, moins on gagne d’argent

Autre fait saillant de cette enquête : plus on passe de temps à écrire, moins on gagne d’argent. En effet, la moitié de ceux qui consacrent l’essentiel de leur temps de travail à l’écriture (410 personnes, soit 27 % de l’ensemble) perçoivent un revenu médian inférieur à 28 000 CAD par an (20 000 €) ; en revanche, celui-ci peut atteindre près de 50 000 CAD (35 700 €) chez les écrivains qui accordent moins de 33 % de leur temps de travail à cette activité.

Enfin, il existe aussi des différences selon l’âge et le genre littéraire pour lequel on écrit. En somme,  pour gagner sa vie grâce à l’écriture, peu importe que vous soyez un homme ou une femme, mais il vaut mieux que vous ayez entre 45 et 54 ans et que vous écriviez de la littérature jeunesse. Les 65 ans et plus qui écrivent de la poésie, eux, ont bien moins de chances de s’en sortir…

(d’après patwhite.com et l’OCCQ)

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