L’édition, l’industrie qui vaudrait 80 milliards

Le cabinet d’analyse de Rudiger Wischenbart s’est lancé dans un projet sans précédent : calculer la valeur de l’industrie de l’édition dans le monde.

Moins que l’industrie de la télévision, mais plus que toutes les autres. Avec 80 milliards d’euros, l’édition serait la deuxième industrie créative la plus puissante du monde, devant la musique ou les jeux vidéos. C’est ce qu’a annoncé Rudiger Wischenbart cette semaine lors d’une conférence sur le sujet à la London Book Fair.

Une statistique tronquée, a-t-il aussitôt nuancé, étant donné l’absence, ou presque, de statistiques pour l’Afrique subsaharienne et le monde arabe – un cinquième de la population mondiale. « Il est très difficile d’obtenir des données, même très simples, pour ces régions, a expliqué le consultant. Seule l’Afrique du Sud dispose de chiffres fiables. »

Trois critères de mesure

« Le rôle que joue la censure dans certains de ces pays rend difficile la possibilité d’obtenir des statistiques précises, confirme Nasser Jarrous, directeur de la maison d’édition Jarrous et ancien président de la foire internationale du livre de Beyrouth (Liban). Il y a souvent conflit entre les chiffres officiels et non-officiels. » « Ironiquement, les données les plus fiables sont souvent celles qui résultent des mécanismes de censure », précise Jens Bammel, secrétaire général de l’Association internationale des éditeurs.

Déterminer des critères de mesure appropriés constitue une autre difficulté. Wischenbart en a fixé trois : le chiffre d’affaires annuel des éditeurs ; la valeur du marché (basée sur les prix aux consommateurs) ; et le nombre de titres publiés tous les ans (rééditions incluses), exprimé en « nombre de livres publiés pour un million d’habitants ».

Un milliard d’euros dans 17 pays

Selon Wischenbart, l’industrie de l’édition pèserait au moins un milliard d’euros dans 17 pays du monde. En tête et de loin, les Etats-Unis, devant l’Allemagne, la Chine, le Japon et le Royaume-Uni. Aucun pays situé en Afrique ou dans le monde arabe ne figure dans cette liste.

Le but de l’analyste avec ce projet ? Améliorer la compréhension des marchés de l’édition et définir le rôle des livres et de la lecture dans la société mondiale de la connaissance. « Ce sont des enjeux cruciaux, a-t-il souligné, car les livres et l’édition jouent un rôle de plus en plus important dans l’économie mondiale. »

(d’après Publishing Perspectives)

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