L’écriture selon : Elfriede Jelinek

Prix Nobel de littérature en 2004, l’écrivaine autrichienne s’est essayée à diverses formes littéraires, du roman au scénario, en passant par le théâtre et la poésie. A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Le magazine Lire a rencontré l’écrivaine qui parle de son rapport à l’écriture.

Comment avez-vous commencé à écrire ? 

J’ai lu énormément de classiques durant ma jeunesse, de Goethe à Schriller en passant par la prose russe et le théâtre. En grandissant, j’ai délaissé les classiques pour me consacrer à la musique et au langage. J’ai donc débuté avec des poèmes. J’en ai écrit pendant deux ou trois ans, puis j’ai arrêté, pour ne plus jamais y revenir.

Comment écrivez-vous ?

Je ne connais pas la fin de l’histoire dès que je commence. Bien sûr, j’ai une vague idée de plan, j’en connais les grandes lignes, mais l’écriture serait pour moi une activité vraiment ennuyeuse si j’avais déjà tout le matériau et le déroulement dans la tête. Je me laisse guider par mon propre texte, qui me prend par la main. Ça m’intéresse de voir où il veut m’emmener.

Je m’inspire des grandes tragédies grecques desquelles je tire certaines citations. Cela crée un effet de distanciation dans la langue. Ce sont des sortes de « piquets » que je plante dans le texte en attendant de voir où ils me mènent. Ensuite je retravaille beaucoup mon texte. Je suis de nature nerveuse et inquiète, alors je peaufine sans cesse dès le début, jusque dans les moindres détails.

Comment définissez-vous votre style  ?

J’utilise le son de chaque mot comme s’il s’agissait d’une composition musicale. J’essaie aussi de révéler le caractère idéologique du langage, de le contraindre à lui faire sortir ses contre-vérités, et ce, avec beaucoup d’humour. C’est pour cette raison que je me laisse volontiers aller aux calembours, jeux de mots et blagues un peu plus osées. J’aime l’art du calembour car je veux que le langage nous révèle sa vérité contre notre volonté. J’assume une part de trivialité et de pathos. Je le revendique : oui, je suis une auteure comique. Je pense très sincèrement que mon oeuvre est dans l’ensemble, plutôt drôle.

Retrouvez l’intégralité de l’interview, réalisée par Baptiste Liger : Elfriede Jelinek: « Je le revendique : oui, je suis un auteur comique » sur le site de Lire

 

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