Le Prix Nobel de littérature décerné à un poète suédois

Le poète Tomas Tranströmer est distingué pour « ses images condensées et translucides », grâce auxquelles « il donne accès à la réalité de manière rafraîchissante ».

Les rumeurs les plus insolites avaient circulé ces derniers jours sur le nom du récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2011. Et finalement, n’en déplaise aux bookmakers britanniques, ce ne sera pas le mythique Bob Dylan. Ce ne sera pas non plus, comme cela avait été évoqué, l’écrivain japonais Haruki Murakami, ni le poète syrien Ali Ahmad Said Asbar, plus connu sous le pseudonyme d’Adonis.

« Un style mystique, versatile et triste »

Pour la sixième fois en 110 ans (et huit vainqueurs en tout), le comité (suédois) du Prix Nobel de littérature a décidé d’attribuer la récompense littéraire suprême à un auteur suédois. Le poète Tomas Tranströmer, 80 ans, qui avait lui aussi été mentionné parmi les favoris, va donc rejoindre sur la prestigieuse liste des lauréats l’Américain John Steinbeck (1962), l’Allemand Heinrich Böll (1972), le Français Jean-Marie Le Clézio (2008) et l’Hispano-péruvien Mario Vargas Llosa (2010), pour n’en citer que quelques uns. Comme tous les vainqueurs, il se verra aussi remettre, le 10 décembre prochain, un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (un peu plus d’un millions d’euros).

Pour la revue américaine Publishers’ Weekly, qui décrivait Tomas Tranströmer comme « le plus grand écrivain suédois vivant » en 2001, « les poèmes [de ce dernier], en prose et en vers, font apparaître un style mystique, versatile et triste ». Ils « détonne[nt] avec la vie même du poète, engagé dans un combat pour un monde meilleur, et pas seulement au travers de poèmes », remarque de son côté Le Monde.

Un choix unanime

Auteur d’une bonne dizaine de recueils en presque 60 ans de carrière  – ce qui en fait « un écrivain peu prolifique » selon le secrétaire perpétuel de l’académie Nobel, Peter Englund -, Tomas Tranströmer a été traduit dans une cinquantaine de langues. Sa renommée dans le monde anglophone est due en partie à sa longue amitié avec le poète américain Robert Bly, qui a traduit en anglais la plupart de ses oeuvres. En France, ses recueils sont édités par le Castor astral et Gallimard.

En Suède, la nouvelle a bien évidemment été accueillie avec joie, d’autant que la récompense de Tomas Tranströmer arrive 37 ans après les derniers lauréats suédois. Mais pas de controverse cette année. En effet, la victoire d’Eyvind Johnson et d’Harry Martinson avait été fortement critiquée à l’époque, car les deux écrivains récompensés faisaient partie du comité Nobel ! Cette fois, le choix de Tomas Tranströmer fait l’unanimité et, en tout cas, le bonheur de son éditeur. « Cela fait plusieurs années que nous espérions cette récompense pour lui, mais nous avions toujours été déçus, a déclaré Albert Bonniers au quotidien suédois Göteborgs-Posten. Avec ce succès d’aujourd’hui, je pense que c’est la première fois que j’éprouve autant d’émotion en regardant un écran de télévision ! »

(Photo: Tomas Tranströmer. Crédit : Miriam Berkley)

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