Le PDG d’Amazon prédit la mort du livre papier d’ici 5 ans

Surprise (hum…) : Jeff Bezos, patron d’Amazon et créateur du Kindle, estime que le livre papier sera bientôt has been. Et sinon ? Il dort très bien, merci.

Innover. Interrogé par le Nouvel Observateur, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, 47 ans, ne semblait jurer que par ce mot. Et pour lui, la nouveauté passera nécessairement par le numérique, car le support papier ne devrait pas survivre encore très longtemps. « Mêmes si certaines catégories de livres – beaux livres, livres d’art, de décoration ou de cuisine – seront moins touchées, dans 5 ans, la grosse majorité des livres vendus sur la planète seront numériques », prédit le chef d’entreprise.

« Une vieille technologie »

Et la raison de cette future « marginalisation » du livre papier est évidente selon lui : il s’agit d’une « vieille technologie », bien plus contraignante que le livre électronique – surtout le Kindle, qu’Amazon a inventé. « Si je suis forcé de lire un livre papier maintenant, je m’aperçois que je ne peux pas changer la taille des caractères, que je ne l’ai pas tout le temps avec moi, qu’il est lourd, qu’il ne garde pas automatiquement en mémoire ma dernière page… » énumère Jeff Bezos.

Pour autant, l’homme ne voit pas de grandes évolutions dans la conception des livres. Au moins dans un futur proche. « Il se pourrait qu’on crée de nouvelles formes de livres multimédia, mais probablement pas pour la fiction. La façon dont la littérature est conçue dépend du cerveau humain, pas de la forme sous laquelle elle est distribuée, explique-t-il. Je serais très surpris si la manière dont nous lisons des textes longs – romans, histoire, biographies – était transformée. » Ceux qui rêvent de livres interactifs devront donc encore attendre un peu…

« Servir au mieux possible » les clients

Mais alors, si les futures innovations ne concernent pas le support du livre, dans quels domaines auront-elles lieu ? En fait, avoue sans détour le président d’Amazon, elles auront tout à voir avec la manière de « servir au mieux possible » les clients – et surtout d’en attirer de nouveaux. Il en va ainsi pour le monde de l’édition. Le libraire en ligne, qui se lance dans cette industrie, vient de créer deux collections, dont une pour les romans à l’eau de rose (Montlake Romance). Et Jeff Bezos affirme que ses nouveaux clients – les auteurs – bénéficieront d’idées nouvelles. « Nous voulons innover. Certaines de nos idées marcheront, d’autres pas… commente-t-il. En tout cas, ils (NDLR : les écrivains) seront au centre de nos préoccupations. »

Comme les lecteurs, les consommateurs, les marchands partenaires et les développeurs, « catégories » déjà ciblées par l’entreprise, qui compte une dizaine de milliers de salariés à travers le monde. Mais, conclut Jeff Bezos, la direction d’une entreprise aussi puissante et diversifiée qu’Amazon ne le perturbe pas. « Il se trouve que je dors très bien », confie-t-il. Ouf, nous voilà rassurés…

(d’après le Nouvel Observateur)

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