Le livre et les Français : une relation spécifique

lang-livre en franceLes anglo-saxons envient le marché du livre en France. En effet, la réglementation imposée dans notre pays et le rapport que nous avons au livre sont très différents des approches par-delà les frontières. Pourquoi les Français ont-ils une relation si spécifique à ce bien culturel ?

« L’Etat a toujours considéré la culture comme un domaine public. La culture et la littérature font partie de notre identité : ce n’est pas pour rien que de Gaulle a nommé l’écrivain André Malraux Ministre de la Culture », explique Jean Mattern, éditeur chez Gallimard. Cette proximité entre l’Etat et la littérature était encore symbolisée il y a peu par Aurélie Filipetti, ancienne Ministre de la Culture et romancière. Alors qu’elle a lutté contre Amazon, Malraux a instauré le droit à la culture afin de démocratiser l’accès aux arts.

« La grande différence entre le système anglo-saxon et le système français est que pour nous, le livre n’est pas un produit ou un bien de consommation. C’est un bien culturel, pour lequel nous avons un marché réglementé. L’objectif est de protéger le caractère spécifique de la littérature et des sciences humaines« , ajoute Jean Mattern.

Selon Jean-Luc Treutenaere, Président du Syndicat des distributeurs de produits culturels, l’élection de François Mitterrand en 1981 et le choix de l’écrivain Jack Lang en Ministre de la Culture ont été des évènements majeurs. « A cette époque, les hypermarchés détruisaient tous les commerces locaux. Il était urgent d’aider les libraires, car les livres étaient vendus à n’importe quel prix pour attirer les clients vers d’autres produits, comme la nourriture et les vêtements. La loi Lang a été soutenue par les éditeurs. On dit même que l’un d’eux, Jérôme Lindon des Editions de Minuit, l’a écrite. Pourquoi cette loi s’appliquait uniquement au livre et non à la musique ? Parce que la majorité des éditeurs étaient français, alors que les représentants de la musique étaient américains, anglais et japonais ! », explique Jean-Luc Treutenaere.

(Source : Publishing Perspectives ; Crédit photo : Jean-Christophe Verhaegen)

Retrouvez nos articles : 
Jeff Bezos : « Il faut rendre les livres plus abordables »
Nouveau contrat d’auteur : nos questions à Valérie Barthez, responsable juridique à la SGDL

Vous avez besoin de conseils juridiques ?

conseil juridique rectangle

Notre avocate spécialisée en droit de l’édition et de l’Internet répond à toutes les questions d’ordre juridique que vous vous posez en tant qu’auteur. En savoir +

Vous souhaitez vous autoéditer ?

aide autoedition

Pour vous, l’autoédition a un goût de liberté ! Contactez-nous et nous vous accompagnerons tout au long de la création de votre livre au format papier ou numérique. En savoir +

Partagez cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de recharger le CAPTCHA.