« J’offre un accompagnement rassurant aux auteurs »

Laurence SantantoniosLaurence Santantonios a fondé les éditions du Mauconduit. Ma mère et moi, le premier livre de Brahim Metiba publié en 2015 faisait partie de la dernière sélection du prix littéraire Hors Concours qui vise à promouvoir la diversité de l’édition indépendante. Dans cet entretien, Laurence Santantonios,  présente sa vision du rôle de l’éditeur et explique comment elle choisit les textes qu’elle publie. En parallèle, un autre entretien donne la parole à Brahim Metiba qui témoigne de son travail d’écrivain et de sa relation avec son éditrice.

Comment avez-vous reçu le manuscrit de Brahim Metiba ?
Laurence Santantonios : J’ai reçu le manuscrit de Ma mère et moi tout simplement par email et le soir même j’ai appelé l’auteur. Ce n’est pas souvent que l’on reçoit un texte pareil sans aucune recommandation. La maison d’édition du Mauconduit a un petit comité de lecture de cinq personnes* et nous avons tous été vraiment emballés. J’ai rencontré Brahim Metiba très vite, deux ou trois jours après avoir reçu son texte. Il se trouve que je pouvais le publier très rapidement, environ six mois plus tard. Il est vrai que ce texte est court, mais je profite de l’avantage des petits éditeurs. Nous avons plus d’indépendance et nous pouvons donc prendre plus de risques.

Comment avez-vous travaillé avec Brahim Metiba sur son premier texte ?
L. S. : Il n’y a presque pas eu de travail car c’est vraiment un écrivain plutôt qu’un auteur.  Brahim Metiba a un style, une voix, une écriture et pèse chaque mot. Nous avons procédé à une relecture très attentive page à page et je lui ai fait quelques suggestions. Il en a adopté certaines et refusé d’autres. Ma mère et moi a pour l’instant été vendu à 3 000 exemplaires.

Quel rôle jouez-vous en tant qu’éditrice face aux auteurs ?
L. S. : J’offre un accompagnement rassurant aux auteurs. Je mets sans doute plus d’affect qu’il en faudrait, mais finalement c’est aussi ça qui me plaît. Pour moi la sympathie avec les auteurs que l’on publie compte aussi. Je trouve important d’avoir une affinité, une entente, une confiance. Il y a quelque chose peut-être de maternel pour certains. J’ai parfois aussi le sentiment d’aider à accoucher.  Par exemple, je travaille actuellement avec une jeune femme qui m’envoie régulièrement chaque mois des chapitres de son livre. On se donne des délais, elle est contente de m’envoyer ses textes et que je lui renvoie avec des suggestions, des corrections et on avance comme cela. Mais je crois que chaque auteur est un cas de figure particulier. Un auteur est quand même un artiste qui est dans son monde, pour qui le texte est très précieux. Son investissement est tellement important qu’il est nécessaire que quelqu’un s’occupe de toute l’intendance, la manière dont le livre va être fabriqué, diffusé, promu auprès des journalistes. J’avoue que c’est un boulot dingue. Heureusement, j’ai une petite équipe de free lance qui s’occupe de la maquette, de la mise en page, de la relecture.

Comment accompagnez-vous les auteurs que vous publiez ?
L. S. : Pour les documents, je ne prends pas toujours les livres que me présentent les auteurs après un premier texte publié. L’accompagnement d’un jeune écrivain tel que Brahim Metiba est différent. J’ai déjà publié son deuxième livre Je n’ai pas eu le temps de bavarder avec toi et j’ai également accepté de publier son troisième livre, La voix de Papageno, même s’il est plus difficile à défendre.

Quels sont vos critères de sélection ?
L. S. : Je reçois quasiment un manuscrit par jour. Notre ligne éditoriale, c’est l’écriture de soi, le témoignage, le récit intime et il y a énormément de gens qui écrivent dans ce genre littéraire. Les textes que je reçois sont toujours très émouvants, mais la plupart du temps je vois très vite qu’ils ne peuvent pas devenir un livre défendable sur une table de librairie. Ces textes, parfois très bien écrits, représentent souvent une sorte de thérapie pour les auteurs. Souvent, ils tournent autour d’eux-mêmes ou ils s’adressent à leurs proches. Je pense que ça a été très important pour ces auteurs d’avoir écrit un texte. Mais de là à ce qu’il devienne un livre qui intéresse au moins 1 000 lecteurs… Ce qui fait la différence avec un texte publiable, c’est surtout la distance par rapport au sujet traité, le fait qu’on ne parle pas pour soi.
* Le comité de lecture du Mauconduit est composé de : Sophie Braun (psychanalyste), Monique Gehler (journaliste, auteure), Soraya Hasbellaoui (chirurgien), Paul Loubière (journaliste, auteur).

Découvrez l’interview de l’écrivain Brahim Metiba dont les livres sont publiés par les éditions du Mauconduit

FOCUS SUR le prix littéraire Hors Concours
Hors Concours est un prix littéraire dédié exclusivement aux auteurs et éditeurs indépendants. En 2016, sa première édition a mobilisé près de 300 professionnels du livre pour proposer une sélection inédite, innovante et inspirante des dernières parutions de littérature adulte et francophone contemporaine. en savoir +

 

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