La littérature féminine n’a plus la cote

La chick lit se meurt. Très populaire depuis une dizaine d’années, la littérature féminine est devenue un grand fourre-tout. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la baisse des ventes aurait plutôt tendance à ravir les écrivaines pionnières du genre.

Voilà qui va donner du grain à moudre Polly Courtney. La semaine dernière, cette écrivaine britannique se séparait de sa maison d’édition pour cause de sexisme. Selon elle, HarperCollins avait mal vendu ses livres, en les présentant comme de la chick-lit (littérature féminine), des romans écrits par des femmes et pour des femmes. Polly Courtney avait aussi remis en question la conception des couvertures, trop « condescendantes et doucereuses » à son goût (voir ici).

Dans une interview accordée au quotidien britannique The Independent, Kathy Lette, auto-proclamée inventeuse de ce genre littéraire, estime elle aussi que les éditeurs vendent tout, n’importe quoi et n’importe comment sous l’étiquette chick-lit. « Ces dernières années, le marché a été inondé par des romans de seconde catégorie, où des héroïnes en Wonderbras se contentent d’attendre désepérément leur chevalier en costume trois-pièces Armani », estime-t-elle. « Sans compter tous les livres qui sont impropement rangés dans cette catégorie, alors qu’ils n’ont rien de frivole et de léger », renchérit Eithne Farry, chef du service livres dans le magazine Marie-Claire UK.

Baisse des ventes de 10 %

Dès lors, pas étonnant, d’après elles, que les lectrices suivent de moins en moins. Selon The Bookseller, les écrivaines britanniques spécialistes de la chick lit ont en effet connu une baisse sensible des ventes de leur dernier roman, par rapport au précédent. Le magazine littéraire du Royaume-Uni estime qu’elle se situe en moyenne autour de 10 %, avec des chutes vertigineuses pour certaines (entre – 40 et – 70 %).

Pas de quoi, néanmoins, attrister Kathy Lette. Elle voit dans cette mini-crise un bon moyen de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises écrivaines de chick lit. « Peut-être cela va-t-il faire émerger un nouvel élan de créativité, espère-t-elle. Et peut-être aussi arrêtera-t-on alors de traiter les femmes qui écrivent des satires sociales à la première personne – ce qu’est la chick lit – avec  mépris. »

(d’après The Independent)

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One thought on “La littérature féminine n’a plus la cote

  1. Eudes-Marie Hartemann

    La Chick-Lit disparaît ? Champagne !
    (en attendant le tour de la Bit-Lit et autres Eejit-Lits.)

    Eudes-Marie Hartemann

    Reply

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