La littérature enfantine est-elle trop sage ?

Pour l’auteur américain Maurice Sendak, les livres pour enfants manquent aujourd’hui cruellement de folie. Il milite pour un retour des héros « petits monstres ».

Enfant, Maurice Sendak était plutôt du genre turbulent. Quand il est s’est mis à écrire de la littérature enfantine, cet homme de 83 ans a donc essayé de retrouver toute l’espièglerie qui le caractérisait alors. « Dans ma jeunesse, j’ai fait beaucoup de choses inavouables, et tous les personnages que j’ai inventés s’inspirent de ce passé un peu turbulent », confirme-t-il dans une interview au New York Times.

Ce qui n’est allé sans problème, comme il le rapporte ensuite : « Si je pense à Max (ndlr : le héros de Max et les Maximonstres) par exemple, il était, à mes yeux, un garçon comme les autres. Mais je me suis vite rendu compte que tout le monde ne pensait pas comme moi. Apparemment, crier contre sa mère, lui répondre, bouger dans tous les sens, se comporter comme un petit monstre en somme, cela avait du mal à passer à l’époque », ironise-t-il.

« Faire peur aux parents »

Reconnu pour écrire des histoires d’enfants qui « [font] peur aux parents », Maurice Sendak regrette la tournure que prend la littérature enfantine. « S’il y a bien quelque chose que je déplore depuis des décennies, c’est la disparition progressive des enfants turbulents et le retour à des gamins sages et innocents. Je n’ai jamais cru au fait que des petits puissent se tenir tranquilles, explique-t-il. Pour moi, l’enfance est synonyme de passion, de frustration, d’amusement et de bêtise. »

Pour autant, Sendak, qui reconnait d’ailleurs ne pas s’être trop tenu au courant des tendances en littérature enfantine ces dernière années, ne souhaite pas que toutes les histoires pour enfants fassent l’apologie des « petits monstres ». « Notre monde est vaste ; le métier d’écrivain l’est aussi. Il faut des récits merveilleux, concède-t-il. Mais j’aimerais aussi que quelques auteurs continuent aussi de faire vivre un petit grain de fantasie… »

(d’après The New York Times)

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