La confiance s’érode entre libraires et éditeurs

Contrairement aux auteurs, les libraires semblent rencontrer un peu plus de problèmes avec les éditeurs que par le passé.

Les éditeurs sont décidément dans tous les esprits… La semaine dernière, nous vous parlions de l’étude annuelle de la Société civile des auteurs multimédia (Scam), consacrée à la relation entre les auteurs et les maisons d’édition. Les chiffres de cette année montraient une légère amélioration par rapport à 2010.

Cette semaine, c’est au tour de l’hebdomadaire Livres Hebdo d’y aller de son petit sondage, cette fois sur les rapports entre les éditeurs et les libraires. A la question « Pensez-vous que les éditeurs soient sérieux et dignes de confiance ? », 71 % des 430 libraires interrogés (indépendants, grandes surfaces culturelles, supermarchés, librairies en ligne, etc.) ont répondu oui. Ce qui représente tout de même une chute de 25 % par rapport à la précédente enquête, il y a dix ans.

Des critiques sur les prix

Même si leur opinion reste encore très largement positive, les libraires se montrent critiques en ce qui concerne les prix. Ceux-ci sont considérés comme « médiocres » pour tous les secteurs, en particulier pour la littérature (66 %), les beaux livres (61 %) et les livres pratiques (52 %). Seule exception : les livres de poche (73 % de réponses positives).

En ce qui concerne la rapidité d’approvisionnement, les retours sont plutôt bons. Selon les libraires, cela s’applique surtout aux secteurs les plus dynamiques du marché, où le taux de satisfaction dépasse les 80 % : les livres de poche (93 %), la littérature et les livres pour enfants (92 %), les mangas et la BD (89 %) ou bien encore les essais et les documentaires (80 %).

Les libraires dans une impasse économique ?

Ces chiffres font suite à ceux dévoilés la semaine dernière sur la situation économique et financière des librairies entre 2003 et 2010. Une enquête, menée par l’institut d’études Xerfi pour le compte du Syndicat de la librairie française (SLF) et du ministère de la Culture, montre en effet « l’impasse dans laquelle se trouvent les librairies (NDLR : en particulier les indépendants), confrontées d’un côté à la baisse de leur activité et de l’autre à l’augmentation de leurs charges, sans avoir la possibilité d’agir sur ces dernières ».

Selon Clarisse Normand, cette étude doit donc « permettre de tirer la sonnette d’alarme et d’interpeller l’ensemble de la profession, en particulier les éditeurs et diffuseurs, pour les convaincre de la nécessité d’octroyer de meilleures conditions tarifaires aux libraires ». « Si l’on devait prolonger les courbes actuelles, c’est l’avenir de toutes les librairies qui serait en danger », met-elle en garde.

(d’après The Bookseller et Livres Hebdo n°865, 13 mai 2011, pp. 14 et 15)

Sur le même sujet, lire aussi : Les relations auteurs-éditeurs s’améliorent… un peu

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