L’ « écrivain » le plus riche du monde s’appelle James Patterson

Rien qu’en 2010, les romans de James Patterson lui ont rapporté 61 millions d’euros. La clé de cette réussite est très particulière : il invente beaucoup d’intrigues, et les fait ensuite écrire par des collaborateurs.

Son nom ne vous dit certainement rien. En France, les romans de James Patterson peinent à se vendre. Ses deux derniers thrillers, Qui a tué Toutankhamon ? (sorti en avril aux éditions L’Archipel) et En votre honneur (publié par Lattès en juin), n’ont pas dépassé les 5 000 exemplaires. En moyenne, ses ouvrages ne se vendent d’ailleurs pas beaucoup mieux : aux alentours de 10 000 pour les précédents.

Un million d’exemplaires pour chaque roman

Pourtant, aux Etats-Unis, l’écrivain est un phénomène littéraire. La sortie de chaque nouveau roman est attendue avec impatience par les fans, et les ventes atteignent à chaque fois des sommets : près d’un million d’exemplaires en moyenne ! En 2010, James Patterson a ainsi gagné près de 61 millions d’euros (environ 84 millions de dollars), selon le magazine américain Forbes.  Deux fois et demi plus que sa poursuivante immédiate, Danielle Steel (25 M€), et trois fois plus que Stephen King, troisième du classement (20 M€). A titre de comparaison, Marc Levy et Katherine Pancol, les plus gros vendeurs de livres en France l’année dernière, auraient eux touché, d’après des estimations de l’Express, autour de1,8 million d’euros.

Comment expliquer le succès de James Patterson ? Par son approche de la littérature et du métier d’écrivain. Chez lui, aucune sacralisation du livre. La meilleure preuve ? Il en sort neuf ou dix… par an ! Un chiffre impressionnant, qui n’est pas le signe d’un auteur génial ou, au contraire, peu regardant sur la qualité de ses romans, mais d’une organisation bien huilée.

« Quelqu’un de très inventif »

Car James Patterson est très différent d’un écrivain classique.  Il ne travaille pas seul, et écrit en fait très peu… voire pas du tout. « C’est quelqu’un de très inventif, explique Laurent Laffont, directeur éditorial de Lattès. [Quand il se met à travailler], il jette toujours les bases de plusieurs histoires simultanément, qu’il range dans des chemises posées sur la table. Ensuite, il distribue le travail à des collaborateurs. » Charge à eux, alors, d’écrire les intrigues inventées par le maître…

Cette collaboration très particulière, James Patterson l’assume pleinement, puisque les « assistants écrivains » ont droit à leur petite notice biographique en quatrième de couverture. Il n’a aucun problème non plus avec l’aspect commercial de sa démarche. Comme un publicitaire – c’était d’ailleurs son métier autrefois -, il fait très attention aux évolutions de son marché (celui du thriller en l’occurrence). Il n’hésite pas, également, à donner des conseils aux maisons d’édition pour valoriser son oeuvre. Il vient même d’ouvrir un site Internet qui leur est réservé, où ils peuvent s’échanger leurs meilleures idées sur le sujet.  Peut-être finira-t-il par y trouver la clef pour que ses romans se vendent mieux en France…

(d’après l’Express)

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