Ils sauvent 350 000 livres… avant de les brûler

Pour sauver 350 000  volumes d’une fin tragique, deux Canadiens les ont rachetés. Maintenant ce sont eux qui sont embarrassés par cette envahissante collection.

L’amour des livres peut mener à tout, même au pire. En bibliophile passionnée, Shaunna Raycraft, une Canadienne installée à Pike Lake, refusait de voir sa voisine brûler les ouvrages que collectionnait son défunt mari. Pour éviter un Fahrenheit 451 bis, son époux et elle ont donc décidé de « recueillir » chez eux les… 350 000 volumes de l’homme disparu !

De tous les genres et dans tous les états

« La maison de ma voisine était remplie de livres du sol au plafond. Quand son mari est décédé, elle a demandé à des experts de venir évaluer la valeur de la collection, mais tous ont refusé de se déplacer, raconte Shaunna Raycraft. Ma voisine, en désespoir de cause, a donc commencé à les brûler. Nous ne pouvions pas la laisser faire… »

Carton par carton, les Raycraft ont donc transporté les livres dans leur maison. Les volumes, plus ou moins bien conservés, sont de tous genres : il y a des guides pratiques, des éditions originales, des manuels scolaires, des classiques de Shakespeare… Et l’inventaire n’est pas terminé : « Il nous a fallu trois jours pour trier les publications sur le baseball et cinq pour les ouvrages religieux, détaille Shaunna Raycraft. Mais il reste encore énormément de boîtes dont il faut s’occuper… »

Trente tonnes de livres !

En attendant d’y parvenir, son mari et elle ont décidé d’acheter une petite maison en bois, qu’ils ont fait installer sur leur propriété. C’est là qu’ils stockent les 30 tonnes (!) de livres rachetés à leur voisine.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais les Raycraft se retrouvent aujourd’hui face à un dilemme. Sous le poids des volumes entassés dans la maison, celle-ci est littéralement en train de craquer. Après avoir tenté – en vain – de revendre les ouvrages sur eBay, à des collectionneurs et à des librairies d’occasion, eux-mêmes commencent à envisager la possibilité de faire un feu de joie avec… « Nous sommes dans une impasse, se désespère Shaunna Raycraft. J’ai deux emplois, mon mari est accaparé par ses études, nous avons trois enfants : bref, il ne nous reste plus de temps, ni d’argent, pour nous occuper de cette collection. »

Faire installer un conteneur, faute de mieux…

Son idée, confie-t-elle, serait maintenant de faire installer un conteneur sur leur terrain, où ils pourraient stocker les livres en attendant que des experts – ou de simples bibliophiles – viennent y jeter un œil. « Mais quand on dit aux gens « J’ai 350 000 volumes », ça les dépasse complètement », regrette-t-elle.

(d’après cbc.ca)

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