VIDÉO : Frédérique Martin : Ecrire, du rêve à la réalité

Découvrez la chronique d’écriture de l’écrivain Frédérique Martin, auteur de romans et de nouvelles. En quête de JOB, est son dernier livre (un livre-film) édité aux Editions Zorba en décembre 2009. Chaque mois, retrouvez sur enviedecrire.com, une chronique de Frédérique Martin qui nous parle de cet acte créateur qu’est l’écriture. Et pour mieux connaître Frédérique Martin, regardez d’abord le reportage vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/xeuo8l

Entre la naissance du rêve être écrivain et sa réalisation, plus de trente ans se seront passés. Belle obstination, pourrait-on en déduire. En réalité, du doute, un manque de confiance abyssal, une impossibilité à se mettre en route ou – comme l’écrit Charles Juliet – à se mettre au monde une seconde fois. Je garde de cette longue épreuve, le souvenir d’un ennui sans fin qui confinait au désespoir, la conviction d’être passée à côté de moi, le sentiment d’indignité – voire d’imposture – pour un état – écrivain – qui me paraissait plus grand et enviable que tout autre.

Sans entrer dans les détails de cette gésine hors normes, ni postuler pour une mise en scène de qui je suis, il n’y a pas eu d’écriture possible tant que la question du pourquoi j’écris (je veux écrire), ne s’est pas imposée. Mes premières tentatives datent de l’âge de huit ans et je peux dire que j’ai voulu être écrivain – et même le plus jeune écrivain de France, les rêves des enfants ignorent les limites – dès lors que j’ai su lire. Quand je me suis assise avec la volonté d’aller au bout, j’en avais trente-trois. Une partie du projet ne pouvait donc plus aboutir. Restait l’essentiel.

Concours et revues

Comme tous les débutants, je me voyais déjà en haut de l’affiche, et après avoir achevé mon premier recueil de nouvelles, je me figurais que les éditeurs se précipiteraient sur les textes inouïs que je leur proposais. La suite nous prouvera qu’il n’en était rien. Huit ans me séparaient encore de ma première publication en solo L’écharde du Silence aux éditions du Rocher. Huit ans de travail quotidien, de solitude, de lectures avides, d’échecs répétés traversés de joies rares. Les concours remportés avec le tout premier, celui du Crous de Toulouse en 1997, suivi d’autres qui s’égrènent comme les étapes d’un voyage : Chalon-sur-Saône, Paray le monial, Maison Lafitte, Castres, Lyon et ainsi de suite jusqu’à Lourdes pour le Prométhée. Des publications en revues et en collectifs, des réponses circonstanciées d’éditeurs et même quelques appels pour refuser mais m’encourager à continuer. Huit ans d’investissement, à mettre toute ma vie sur un seul axe, sans aucune certitude de parvenir à mes fins, en étant quasiment la seule à croire en moi, tourmentée par cette peur tenace que l’écriture s’arrête.

La part vive de l’écriture

Durant toute cette période, j’ai cherché fébrilement des repères, des témoignages, comme des aspérités auxquelles m’accrocher pour vérifier sans cesse si j’étais sur la bonne voie, me rassurer et trouver l’élan de poursuivre. Un site comme enviedecrire.com m’aurait été utile. Le fait qu’il convie des auteurs pour donner à entendre leur propre expérience apporte le complément indispensable à ce qui, autrement, aurait pu n’être qu’une simple boîte à outils. Ce désir de partage, est sans doute la raison fondamentale qui m’a poussée à accepter d’écrire ces chroniques. Sans occulter le souvenir d’une petite fille qui aura mis longtemps à sortir de son errance.

Il y a dans l’écriture, comme dans tout acte créateur, une part qui échappera toujours. C’est la part vive, riche, éblouissante. Si elle n’est pas suffisante, sans elle, rien n’est cependant possible. Il appartient à chacun de la chercher, aucun site, aucune technique, aucun truc ne peut remplacer ce qui – au bout du compte – se révèle comme la seule encre véritable.

(A suivre…)

Découvrez : En quête de JOB, le dernier livre de Frédérique Martin paru aux Editions Zorba en décembre 2009.

Retrouvez : Frédérique Martin sur son blog

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11 thoughts on “VIDÉO : Frédérique Martin : Ecrire, du rêve à la réalité

  1. Gilles

    Que je suis heureux de te voir sur mon écran. Et de découvrir tes atelieristes. Je ne suis pas vraiment surpris de leurs retours puisque toi aussi tu m’aides de tes conseils et de ton oeil acéré, exigeant, depuis des années. Tu dis bien ce long chemin ardu pour qui a décidé d’écrire et que chaque appui est le bienvenu, les concours, les publications,….. et aujourd’hui ce site très pro.

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  2. Annie Perreault

    J’ai vraiment hâte de connaître la suite. L’acte de créer me fascine, étant moi-même écrivain (j’ai publié en 2008 un roman jeunesse aux éditions Pierre Tisseyre au Québec). J’ai écrit beaucoup d’histoires, deux d’entre elles sont, à l’heure actuelle, entre les mains d’un comité de lecture. Je suis depuis quelques semaines plongées dans l’écriture de nouvelles. Et ce genre littéraire me plaît…
    J’aime beaucoup le dernier paragraphe de votre chronique, il me touche beaucoup. Une part de moi sait de quoi vous parler.
    Alors, vivement la suite!
    Annie du Québec! 🙂

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  3. Frédérique M

    @ Bonjour Annie du Québec :0) Merci de votre témoignage, cet espace de réaction est fait pour les lecteurs de ce blog, pour qu’ils s’y expriment (s’ils le souhaitent) et pour qu’ils réagissent éventuellement aux chroniques qui leur sont soumises. Moi aussi j’ai hâte de connaître la suite de cette chronique, puisqu’elle n’est pas encore écrite ! Ce dernier paragraphe, ainsi que vous le soulignez, évoque la part inexplicable de l’écriture en particulier et de l’acte créateur en général. Alors, à trés bientôt et en attendant, bonne écriture.

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  4. Sophie K.

    Passionnante à lire et à écouter, Frédérique, comme toujours. Tu nous montres qu’il faut persévérer, et surtout s’ouvrir, lire et regarder avant de travailler, beaucoup travailler (ce qui n’est pas, au contraire de ce qu’on voudrait parfois nous faire croire, un gros mot, hahaha !) Donc bravo.

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  5. Sophie K.

    PS : j’adore aussi ce que tu dis sur le fait de « muscler son art » – question de concentration, et c’est la même chose en peinture, du moins en ce qui me concerne : j’ai mis du temps à savoir enfin me concentrer vite et profondément, à maîtriser cette peur de la feuille/toile blanche. Enfin, vive la marche, qui vous rythme ! :0)

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  6. Frédérique MARTIN

    @ Sophie : la page blanche, la toile blanche … même combat :0) Avec le travail, une certaine confiance en soi peut s’installer. Sinon, c’est le serpent qui se mord la queue. Et non, en effet, le « travail » n’est pas une grossièreté inavouable. C’est au contraire – quand il est fait avec enthousiasme, quand on s’y retrouve – une nourriture indispensable.

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  7. JCP

    Tu te racontes bien Frédérique et je partage, outre mes modestes frémissements littéraires, le goût de la marche et de la nature avec toi ; j’anime un petit groupe de randonneurs retraités (qui en ce moment sont aux prises avec quelques problèmes de santé passagers…), sur « Le Soulier Voyageur », lien ci-dessous:
    http://souliervoyageur.canalblog.com/

    Je m’inscris de ce pas, merci de me l’avoir rappelé hier soir,

    Bises, Jean-Claude

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