Former les libraires au numérique : une ineptie ?

Les futurs libraires doivent-ils être formés au livre numérique ? Certainement pas ! estime le libraire Dominique Mazuet qui affirme que l’explosion du numérique relève du fantasme.

Dispenser aux futurs libraires une formation au livre numérique est un « abus de confiance » et un « détournement de fonds publics caractérisé », estime Dominique Mazuet, directeur de la librairie Tropiques située dans le XVe arrondissement de Paris. Concrètement, sur 880 heures de formation dispensées à l’Institut National de Formation de la Librairie (INFL), le livre numérique est abordé durant trois heures. C’est en tout cas ce qu’affirme Claude Naves, le directeur de l’INFL. De son côté, David Alliot, un des formateurs ajoute : « Si nous mentionnons le livre numérique, c’est pour permettre à nos élèves de connaître l’ennemi pour mieux le contrer. Nous sommes dans une période de questionnements, la dématérialisation représente un risque pour les librairies et il faut bien en parler. »

Non à « l’i-bouc »

Sur le site du Comité de défense des métiers du livre, Dominique Mazuet dénonce par ailleurs « le prétendu “tsunami” du numérique (qui) relève plus du fantasme de trader cocaïnomane que de quelque réalité tangible. En dépit de dix années d’efforts opiniâtres de ses zélotes pour nous le faire gober le prétendu livre numérique ne représente « toujours » que 1,5 % du marché du livre en France, et sur cette portion congrue la bureaucratie culturelle feint d’ignorer que 80 % sont imputables aux marchés publics. » Pour appuyer ses dires, il se réfère à un article du New York Times paru en juin dernier qui précisait que le livre numérique n’aurait en réalité conquis que 6,4% du marché américain contre 16% annoncés, tandis qu’il stagne à 1,6% en France. Après le récent appel des 451 dans lequel les signataires estimaient que « les e-book ne remplaceront jamais un vrai livre », Dominique Mazuet a visiblement lui aussi déclaré la guerre à ce qu’il désigne comme « l’i-bouc ».

(Sources : Le Canard Enchaîné, L’Express)

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2 thoughts on “Former les libraires au numérique : une ineptie ?

  1. Fred du blog "Ecrire... et s'enrichir !"

    Quel dommage de lire ces propos tenus par les professionnels de l’édition traditionnelle.
    « Si nous mentionnons le livre numérique, c’est pour permettre à nos élèves de connaître l’ennemi pour mieux le contrer […] ». L’édition numérique ne prétend pas se substituer à l’édition classique, mais en complément. Que l’édition traditionnelle cesse de se sentir agressée, elle se fait mal pour rien. Et pourquoi autant parler de l’édition numérique si elle ne représente que « […] 1,5% du marché du livre en France […] » ? Bizarre que Amazon vende des millions de Kindle, alors que les ebooks eux ne se vendent pas…
    Dommage que les éditeurs classiques ne soient pas en phase avec leur époque. Chacun aurait à y gagner. Mais je ne doute pas que les mentalités vont évoluer…
    L’édition numérique est à l’état d’embryon comparé à l’édition classique. Laissons-lui un minimum de temps pour se développer en rentrer dans les moeurs. Même si les choses vont plus vite de nos jours, soyons patients quelques années encore.

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  2. Lina Carmen

    Je suis tout à fait d’accord avec le commentaire de Fred ! C’est vraiment un manque d’ouverture d’esprit que de continuer à croire que le livre numérique est l’ennemie des amoureux des livres. Au contraire, il est un complément au livre papier ! J’ai une belle collection de livres papier, mais ça ne m’a pas empêché d’acheter une kindle et de lire AUSSI des livres numériques. Et je n’achéte pas moins de livres depuis, au contraire, je lis davantage ! Le livre papier ne disparaîtra jamais, j’en suis convaincue.

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