Faut-il dépoussiérer les grands classiques ?

Des éditeurs rééditent les classiques avec des couvertures plus modernes. Une manière d’attirer les jeunes à la lecture des grandes oeuvres ?

Qui a dit que les jeunes ne lisaient plus d’oeuvres classiques ? Qu’ils y soient amenés par le cadre scolaire ou non, les jeunes lisent toujours les grands classiques de la littérature. Seulement voilà, les couvertures souvent désuètes des romans n’attirent pas de prime abord un public plus jeune. 

Dépoussiérer les couvertures des classiques

Des romans comme Orgueil et Préjugés, sont tombés dans le domaine public. Certains éditeurs n’hésitent donc pas à les ressortir sous une couverture différente, en laissant le texte intact. Les éditeurs font ainsi appel à des designers, comme Sara Singh, illustratrice de mode à Manhattan qui a travaillé sur une nouvelle série de classiques pour les éditions Sterling Publishers : « Je voulais rendre ces classiques beaux et les remettre à la mode. J’ai utilisé des couleurs pastels et une typographie manuscrite, pour mieux attirer un public plus jeune. » (Voir illustration). Alli Brydon, éditeur de cette série déplore le manque de fraîcheur des couvertures des oeuvres classiques : « Une couverture de Jane Eyre montre par exemple une femme qui regarde dans le vide, l’air morne. Sa peau est aussi jaune que le mur derrière elle. Ça ne reflète pas le courage de ce personnage ! Beaucoup d’anciennes couvertures ne révèlent pas le caractère féministe que détiennent certains romans.« 

Toucher les lecteurs de Twilight

Beaucoup de ces nouvelles couvertures s’adressent directement aux lecteurs des romans à succès d’aujourd’hui comme la saga Twilight. HarperCollins a par exemple récemment réédité Les Hauts de Hurlevent avec une couverture sur laquelle on voit une rose rouge sur fond noir avec l’inscription « Le livre préféré de Bella et Edward« , les héros de Twilight. Une approche qui semble efficace puisque cette édition, parue en 2009  a été vendue à 125 000 exemplaires. Mais est-ce du goût de tout le monde ?

Les classiques doivent rester classiques ? 

Selon une libraire de San Francisco, chez qui ces nouvelles éditions ne se sont pas vendues : « Si les jeunes veulent lire Emma, ils ne veulent pas l’acheter dans le rayon pour ados. Ils ne veulent pas avoir l’impression qu’on les manipule« . Une lycéenne de 15 ans, interrogée par le New York Times approuve la libraire : « Jane Eyre fait partie de mes livres favoris, j’aime son côté vieillot. La couverture fleurie un peu désuète fait le charme du classique. Les couvertures modernes font passer ces grandes oeuvres pour des romances bon marché« .

Source :
The New York Times 

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